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Maladies mentales en Afrique: Dr Abou-Bakari Imorou expose ces représentations sociales, les causes et itinéraires des soins


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A l’occasion du 1er colloque scientifique international sur la santé mentale en Afrique, le Professeur Abou-Bakari Imorou a animé la communication inaugurale portée sur le thème : « Représentations sociales, étiologies et itinéraires des soins autour de la maladie mentale ». Elle s’est déroulée le mardi 13 décembre 2022, dans l’amphi Etisalat de l’Université d’Abomey-Calavi.


Dr Abou-Bakari Imorou, Enseignant à l’Uac

Ce que vous devriez savoir : La maladie mentale est une réalité au Bénin et les acteurs associent son origine à plusieurs facteurs comme : la consommation abusive des stupéfiants, la sorcellerie ou un mauvais sort, ou un dérèglement psychologique ou psychique. Ces facteurs expliquent souvent le comportement des membres de l’entourage envers le malade. Dans son développement devant un parterre de personnalités, de praticiens de la santé, du représentant de l’OMS, d’enseignants chercheurs des universités du Bénin comme des pays voisins, le Dr Abou-Bakari Imorou a précisé que la santé mentale devient une préoccupation en ce sens que lorsqu’apparait un malade mental (quel que soit la cause) dans une famille, les parents cherchent des approches de toute nature pour sa guérison. Cette recherche de guérison reconfigure ou structure le lien social entre les parents et l’entourage immédiat du malade. En effet, les proches agissent selon la perception qu’ils ont de la maladie. Or ces perceptions varient d’un moment à l’autre surtout que la maladie mentale est non transmissible avec des phases de rémission et de crise où la prise en charge biomédicale ne satisfait pas totalement le malade. Par conséquent, selon le communicateur, les recours pluriels restent tributaires des perceptions et représentations de la maladie mentale.
Quel est l’intérêt de cette communication : L’intérêt, c’est d’amener à comprendre que dans la prise en charge, ce n’est pas une succession chronologique. C’est dans ce sens qu’au cours de sa communication, le Dr Abou-Bakari Imorou a mis l’accent sur l’espace de prise en charge. Il a mentionné qu’il y a une superposition d’espaces de prise en charge. « Il y a des malades qui tout en étant dans les institutions biomédicales ont recours à des connaissances de tradi-thérapeutes et inversement. C’est quand on aura pris grande conscience de cette interaction entre les espaces de prise en charge qu’on peut assurer un meilleur suivi des malades mentaux », a-t-il dit. Pour lui, la prise en charge des maladies mentales est en lien avec un certain nombre de représentations. Ces représentations sont largement influencées par les cultures d’appartenance et les normes de références. « Ces normes de références font que finalement dans certains groupes sociaux, les malades mentaux sont fortement stigmatisés », a souligné Dr Abou-Bakari Imorou. Suivant ces explications, l’univers des représentations renvoie à des causes perçues. Et ces causes sont regroupées en trois blocs. « On considère des maladies mentales comme une hygiène de vie. C’est-à-dire un mauvais comportement ou consommation des stupéfiants. On dit finalement qu’il est lui-même la cause de sa maladie », a-t-il dit. Cette première causalité est extrêmement difficile à prendre en charge parce que, selon le Professeur, l’individu tant qu’il n’abandonne pas les comportements qui l’ont rendu malade, ça devient difficile. « L’autre cause est celle de la maladie provoquée parce qu’on est dans l’univers de la persécution et la troisième, c’est ce qu’on appelle les maladies naturelles. Selon que ça soit une maladie sanction, provoquée et naturelle, le registre de prise en charge n’est pas le même », a-t-il indiqué.
Entre les lignes : Par ailleurs, le Dr Abou-Bakari Imorou identifie quatre espaces majeurs de prise en charge de ces maladies. Entre autres, l’espace biomédicale comme Jacquot (Centre National Hospitalier Universitaire de Psychiatrie de Cotonou). L’espace des guérisseurs traditionnels qui fonctionne comme des camps de traitement avec des violences, l’espace domestique où l’individu est en alternance entre la maison et l’hôpital et l’espace populaire où ils sont devenus de véritable fou. « C’est quand il y aura une concertation entre les espaces de prise en charge qu’on peut assurer une meilleure prise en charge des malades mentaux. Il n’y a pas un espace unique de prise en charge mais une diversité d’espaces », a martelé le Professeur. Il a exhorté parents et proches de ces personnes souffrant à leur donner la chance de bénéficier des expertises de ces différents espaces lors du traitement de leur maladie.

Alban Tchalla

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