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Le triomphe de la vérité

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Edito: Qatastrophique


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Le  Qatar est le premier pays éliminé du mondial qu’il a lui-même organisé. Du jamais vu dans l’histoire du football moderne. Alors question : pourquoi ce pays qui est un minus en foot a-t-il choisi de déverser des milliers de milliards dans l’organisation d’une compétition où il sait qu’il est médiocre ?

            La réponse coule de source : après avoir accumulé des pétrodollars, le pays sent nettement le besoin d’améliorer son image internationale. Il lui faut créer un gigantisme qui tutoie les grandes nations qu’il rêve d’être. Il a mis en place ce qu’on appelle désormais une  “nation branding”, une identité visuelle construite sur des valeurs forte. Il s’est surtout doté d’une stratégie dans laquelle le Mondial de foot figure en bonne place. En clair, ce pays qui, il y a à peine quarante ans n’était qu’un bout de désert, s’en va à la conquête du monde. Et organiser cette compétition constitue pour ses dirigeants le nirvana qu’ils attendaient depuis longtemps.

Je ne dis pas encore que le Qatar va forcément améliorer son image internationale  après le mondial. Il y a actuellement un Qatar bashing dans les médias internationaux. C’était probablement imprévu dans les calculs des dirigeants qataris. Mais l’essentiel est là : le pays organise la plus grande compétition internationale en étalant  un luxe effarant. Mais si j’écris tout ceci, c’est pour mettre l’accent sur la volonté farouche de certains Etats à construire leur propre réputation, au-delà des clichés du passé. 

Pour le faire, le Qatar n’a pas hésité à acheter « sa »  coupe du monde. Littéralement. On sait depuis quelques années par quels moyens le mondial 2022 s’est retrouvé à Doha. Le journal  “Sunday Times” avait mené une enquête qui a révélé comment l’émir du Qatar   a versé d’importants pots-de-vin aux dirigeants du football africain pour s’assurer leur soutien à cet effet. On a parlé de 1,5 million de dollar versé à chacun des membres du comité exécutif de la CAF. Quant à Nicolas Sarkozy et Michel Platini, ils ont exigé et obtenu des investissements qataris en France, y compris le fameux rachat du PSG. D’autres pays ont obtenu les mêmes faveurs chiffrées en milliers de milliards. Le Brésilien Ricardo Teixeira et le Paraguayen Nicolas Leoz dirigeants à l’époque de leurs fédérations de football, avaient été aussi cités. Cette méthode de l’émirat gazier a probablement « marché » : aujourd’hui, le Qatar qui n’a jamais rien représenté en matière de résultats sportifs est au cœur du foot mondial. Il y a inscrit son nom pour de bon.

Ce que je veux dire, c’est que le “nation branding” ne se construit pas seulement vers l’extérieur. Il doit être porté par les citoyens eux-mêmes. Et pour cela, il faut un choix politique conscient des dirigeants.

 Il y a quelques semaines, recevant le porte-parole du gouvernement dans notre rédaction, celui-ci laissait entendre que l’avenue de la Marina est bien la plus belle au monde. C’était un superlatif presque ridicule, mais les explications de Wilfried Léandre Houngbédji m’ont convaincu sur un point : il nous appartient à nous-mêmes de vendre l’image de notre pays. Et si nous ne le faisons pas, ce n’est pas aux autres de le faire. Vous ne verrez presque jamais les Chinois critiquer leur pays à l’extérieur. Pas parce qu’ils ne le font pas entre eux-mêmes quand cela s’avère nécessaire, mais parce que le faire devant les autres a un nom : la trahison. Mais voilà que nous avons appris chez nous que pour paraitre intelligent et bien tendance, il faut critiquer son pays, l’Afrique et les Africains…Lorsque les élèves de terminale prennent des cours de géographie économique sur le Bénin, les enseignants s’amusent à affubler leur pays de noms d’oiseau. Et au sortir de ces cours, les élèves ont une image très négative de leur pays.  Pendant que l’on paie ici les enseignants pour noircir leur pays, personne ne se demande comment faire pour rehausser notre nation branding. Comment déconstruire tant de fausses allégories construites depuis des décennies et qui ont façonné notre image de notre pays ?

Regardez bien les films américains. Jamais l’armée américaine n’y perd une guerre. Jamais. Même quand elle y perd, on y montre des soldats vaillants, au courage surhumain. Et pourtant les Etats-Unis ont perdu toutes les guerres dans lesquelles ils se sont engagés après la deuxième guerre mondiale. Concluez vous-même !

Par Olivier ALLOCHEME

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