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Le triomphe de la vérité

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Rituel d’immolation de cabris chez les Baatonu et Nagot: Dr Victor Dangnon interpelle les gardiens de la tradition sur des déviances


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Docteur Victor Dangnon

Le Sociologue Victor Dangnon s’est prononcé sur le rituel de cabris immolés dans les groupes communautaires Baatonu  et Nagot en attirant l’attention sur la désacralisation de cette pratique ancestrale. Il souhaite de ce fait un encadrement. Il l’a fait savoir au cours d’une émission de l’Agence de Communication MSD le dimanche 23 octobre 2022.

Qu’est-ce qu’il faut retenir : A l’entame de l’entretien, le Docteur Victor Dangnon  a exposé le fait en parlant du peuple Baatonu et Nagot anciennement scellé par des normes d’alliance et de bon voisinage. Il s’agit selon ses dires, d’un pacte entre Baatombu et Nagots, hérité de leurs ancêtres,  qui l’ont aussi hérité des leurs. Le cycle de la transmission traverse ainsi des siècles. « On blague et on se soumet aux exigences de la tradition : tuer de cabris lors de cérémonie de notable Nagot ou Baatonu. C’est un droit coutumier, un renfort de liens qu’ils conservent. Et le rituel s’opère lorsqu’il s’agit d’un roi (décédé) ou statutairement apparenté », souligne le sociologue. De la nécessité que revêt cette pratique, la partie endeuillée peut réclamer de l’autre partie, ce rituel sans lequel il manque de substance importante à l’événement. « L’animal est immolé par le chef de la délégation, verse le sang sur la sépulture du Souverain décédé. L’acte sera suivi de bons vœux partagés, afin que le disparu tombe dans les bonnes grâces de ses ascendants », a rappelé le Dr Victor Dangnon.

Quel est l’intérêt de ce rituel : À l’origine, selon l’invité de l’émission, la pratique se basait sur des fondamentaux sacrés, nobles et précis. L’une des fonctions les plus importantes, à l’en croire, c’est la familiarité existante entre ces deux groupes. Il a fait savoir qu’il résulte de ce fait, une atmosphère tacite de détente intergroupe, de règlement facile de conflits sociaux, etc. « La parenté à plaisanterie,  l’effet de transmission de valeurs à des générations successives, aussi bien chez les Baatombu que chez les Nagots. Du fait de la séduction que la pratique engendre, d’autres groupes voisins des deux initialement concernés s’impliquent de plus en plus dans le jeu d’ambiance de familiarité », a déclaré l’invité. Mais depuis quelques temps, cette pratique a pris une autre tournure.

Ce que dénonce l’invité : Le Dr Victor Dangnon a expliqué que la jouissance de ce droit a commencé par connaître des dysfonctionnements suite à d’énormes ratés, tels que les massacres systématiques de caprins, à l’occasion de décès de roi dans l’un des deux camps. « Il ne s’agit pas d’une chasse à la battue de cabris », déplore-t-il avant de poursuivre : « ce rituel dans les normes, est loin d’être une véritable boucherie telle que cela se vit aujourd’hui. Dans l’exercice de cette parenté à plaisanterie, la pratique multiséculaire se trouve, malheureusement, de plus en plus galvaudée ». Au cours de cette entrevue, le sociologue a désapprouvé l’inverse auquel l’on assiste de nos jours. « Cette belle pratique est de plus en plus entrée dans une véritable sphère de salissures culturelles et de profanation. Parfois, par camionnettes entières, des groupent opèrent des razzias systématiques d’animaux. Dans cette randonnée, on s’attribue fièrement le droit d’assouvir son besoin en protéines, sans aucune forme de spiritualité. Le village ou les quartiers sont investis à l’effet, croit-on, de sacrifier à la tradition. Cette manœuvre peu conforme aux usages et principes basiques se fait, parfois, en complicité avec les autochtones, aussi assoiffés de désir de protéines animales. A voir de près, le rituel d’immolation de cabris prend les allures d’un sacrilège, inconscient ou délibéré », précise-t-il. Les auteurs, indiquent le docteur, ignorent les graves conséquences dont les corollaires graves de la défiguration sociale d’un pacte ancestrale, participation à la dégradation d’un acquis culturel, etc.

A la question de savoir ce qui est à la base de cette déviance, le sociologue a montré qu’il s’agit du refus d’obtempérer aux règles traditionnelles. La fréquence de ces déviances, interpelle donc les garants de la tradition et, aux fins de restituer l’histoire et restaurer les faits dans leur authenticité.

Que propose le Dr Victor Dangnon : Suivant ses propos, il fait remarquer qu’il y a nécessité que cette pratique d’immolation de cabris connaisse un débridement, une relecture, de crainte qu’elle se noie dans la marre de l’ignorance et du désordre. « Il s’avère impérieux que des voix s’élèvent pour les restitutions des valeurs sociétales qui fondent le ciment social, malheureusement en souffrance. Sauver ce qui peut encore l’être, pour sauvegarder les fondamentaux », a-t-il dit. Pour lui, il y a  des opportunités dont les associations locales dans leur organisation et fonctionnement, peuvent collaborer aux fins de la restitution et de la restauration du pacte ancestral. « En passant de la sacralité aux actes profanes, il n’est pas évident que les ancêtres nagots ou baatombu prêtent une attention bienveillante à ce que nous prenons pour l’accomplissement de la continuité de l’héritage », ajoute-t-il. Il conclut ses explication en disant que les actes d’immolation de cabris entre Nagot et Baatombu sont autant indispensables que l’observance des normes édictées à propos.

Alban Tchalla

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