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Le triomphe de la vérité

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Visite du président français au Bénin: Face à Macron, Talon intransigeant sur les cas Madougou, Aïvo, Adjavon et autres


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Poignée de main entre le président Talon et Macron
  • « C’est possible qu’un geste soit fait pour gracier des gens » projette-t-il
  • Présence remarquable de Lionel Zinsou dans la délégation Macron

« Je suis droit dans mes bottes et je voudrais que la dynamique en cours au Bénin continue… » Visiblement,  le président Patrice Talon n’est pas prêt à se dédire sur les cas des certaines personnalités politiques condamnées par la justice et en détention depuis plusieurs mois pour divers délits. Il l’a clairement avoué hier à l’occasion d’une conférence de presse avec le président français Emmanuel en visite au Bénin. C’est un Patrice Talon intraitable qui, sans les nommer, réagissait à propos certainement des cas comme Réckya Madougou,  candidate rejetée à la présidentielle2021, condamnée à 20 ans de réclusion criminelle pour « actes de terrorismes et atteintes à la sûreté de l’Etat ». Il en est de même du Professeur Joël Aïvo  également candidat à la même élection, condamné à 10 ans de prison ferme pour « blanchiment d’argent  et complicité à la sûreté de l’Etat ». Le Président Talon ne s’en émeut point, même si une certaine opinion publique nationale et internationale continue de lui coller ces actes de jugement comme « atteinte à la liberté démocratique » au Bénin ces dernières années. C’est un Patrice Talon très offusqué qui abordait la question hier à la présidence. « …Une chose est de défendre son opinion politique, sa cause. Une autre est d’utiliser ou non des moyens conventionnels ou non répréhensibles pour les défendre. » dit-il  d’un ton fort et d’une voix rauque.  Le chef de l’Etat béninois fait allusion au combat des djihadistes en ces termes : « ….Parce que les djihadistes qui défendent une cause religieuse, à leur entendement leur cause est juste, plus que juste même, servir la cause de Dieu pour celui qui est croyant, c’est au-dessous le tout. Mais est-ce que pour autant, si sa cause lui paraît absolument incontestable, véridique, est-ce que pour autant, tous les moyens sont permis pour défendre cette cause-là ? Mais non ! C’est pareil en politique. Votre cause est juste ou vous avez l’impression que votre cause est juste, mais vous  n’avez pas le droit d’utiliser des moyens délictuels, criminels pour la défendre. Or c’est ce qui s’est passé au Bénin. ». Patrice Talon  dévoile ainsi la réalité des faits, selon lui, contrairement à tout ce qui se dit tout autour. Il ne manquera pas non plus de nuancer : « Je conviens avec vous que ce sont des gens qui ont agi dans le champ politique, mais les actes qui ont accompagné leurs revendications, si ce sont des actes délictuels ou criminels, les actes doivent être punis. C’est ce qui s’est passé (…)  ce qui s’est passé au Bénin, ce ne sont pas des accusations politiques mais réelles…Je concède à chacun de croire ce qu’il veut. ».  Le président béninois, se veut assez clair sur la question, mais laisse chacun l’appréhender à sa manière. Reste qu’il ne voit en rien l’ouverture tant réclamée à travers la libération des détenus de cette nature. « Libérer des gens qui ont commis des crimes ne relève pas pour moi de l’ouverture… » tranche Patrice Talon,  remettant in extenso en cause ce qu’exigent depuis peu des opposants béninois, dont  les responsables du parti Les Démocrates qui en font une condition sine qua non à la tenue pacifique des  très prochaines législatives de janvier 2023.

Le sort des  « exilés politiques »

Patrice  Talon n’est pas moins rigide sur les cas de ceux désignés « exilés politiques ». Et il se justifie : « Je n’ai pris de décret qui ait envoyé quelqu’un en exil… » Le richissime homme d’affaire, Sébastien Ajavon candidat  venu deuxième au premier tour de la présidentielle 2016, actuellement en exil en France, mais condamné par la justice béninois dans plusieurs affaires dont celle de 18 kg de cocaïne  à de longues peines d’emprisonnement,  est un cas parmi tant d’autres. Il y aussi un certain Komi Koutché, ancien ministre des finances de Boni Yayi, en exil aux Etats-Unis, également condamné ici au Bénin pour des fait de détournement de fonds publics. Ils sont nombreux, aujourd’hui hors du Bénin dont le retour est toujours réclamé par l’opposition qui estime que seul Patrice Talon pourrait le favoriser au nom de la paix.

Le seul bémol et apparemment une lueur d’espoir qui semblent se déduire de ses propos hier est que Patrice Talon n’est pas fermé à une possibilité de grâce en direction des personnalités politiques condamnées et qui exécutent actuellement leur peine « …Il peut arriver qu’un acte, qu’un geste soit fait pour gracier des gens, pour amnistier. C’est possible. Parce que parfois certain délits font l’objet de grâce et d’amnistie.   Il se pourrait que dans les temps à venir, en mon temps ou après moi, que des actes de grâce où d’amnistie soient pris à l’encontre de ces gens-là. » affirme-t-il. Mais là encore, Patrice Talon ne promet rien de si ferme. Il reste dans des éventualités à ne pas exclure dans ses décisions à venir où celles qui pourraient émaner de son successeur, après son départ du pouvoir.  

« C’est possible qu’un geste soit fait pour gracier des gens »

La question relative  à la libération des personnes arrêtées à la suite des évènements malheureux qui ont suivi  les élections de 2019 et 2021, a été évoquée au cours de la conférence de presse, sanctionnant le tête-à-tête entre les présidents Patrice Talon et son homologue français Emmanuel Macron. Le président béninois n’a pas manqué de faire des conceptions à ce propos.

Interrogé sur la possibilité de libérer certaines personnalités qualifiées de « détenus politique » et de faire rentrer aussi des « exilés politiques », le président Patrice Talon, en amont a d’abord tenu à faire savoir que les réformes engagées ne pouvaient pas plaire à tout le monde. Cependant, utiliser les « moyens délictuels, criminels » pour des dénoncer n’est pas juste à ses yeux. « La situation politique dans laquelle le Bénin était nécessitait certaines réformes qui ont été engagées. Et vous savez, une réforme qui fait plaisir à tout le monde n’est pas une réforme. Mais, une chose est de défendre son opinion politique, sa cause. Une autre est d’utiliser ou non des moyens conventionnels ou non répréhensibles pour les défendre », a  précisé Patrice Talon. Tout en déplorant les actes qui ont accompagné leurs revendications, le président a fait comprendre qu’il n’a signé aucun décret pour envoyer quiconque en exil. Par contre, ceux qui sont en prison, pourront bénéficier d’une grâce ou d’une amnistie. « Il peut arriver qu’un acte, qu’un geste soit fait pour gracier des gens, pour les amnistier. C’est possible. Parce que parfois certains délits font l’objet de grâce et d’amnistie », a-t-il déclaré. Pour lui, ceux qui se retrouvent en prison ne sont pas des détenus politiques. « Au Bénin, personne n’est détenue au Bénin pour son opinion politique. Mais, les gens sont détenus pour avoir commis des délits, des crimes dans le champ politique. Il se pourrait que dans les temps à venir, en mon temps ou après moi, que des actes de grâce où d’amnistie soient pris à l’encontre de ces gens-là », ajoute-t-il. Reste que  sur la question, il dit qu’il reste droit dans ses bottes.

Présence remarquable de Lionel Zinsou dans la délégation Macron

Une présence pour le moins remarquable lors de la visite  que vient d’effectuer Emmanuel Macron au Bénin. Il s’agit du franco-béninois Lionel Zinsou, candidat malheureux à la présidentielle 2016. Il était aux côtés du président français  tout le temps qu’a duré son séjour. Hier au palais de la Marina, l’homme échangeait momentanément de petits mots avec le prestigieux hôte de Patrice Talon à l’occasion de la visite de l’exposition des 26 trésors royaux et autres, que la France a récemment restitués au Bénin. Emmanuel Macron pouvait-il se déplacer sur le Bénin sans avoir dans sa délégation ce grand économiste de renommée internationale dont la popularité en France n’est plus à redouter ? Sans doute que non. Mais il y a plusieurs autres raisons non négligeables. En plus de Lionel Zinsou, il y avait aussi sa fille Cécile Zinsou, très connue par Emmanuel Macron qui l’a d’ailleurs nommée, courant octobre 2021, présidente de l’Académie de France à Rome-Villa Médicis. Marie-Cécile Zinsou, historienne de l’art franco-béninois  est depuis lors  une personnalité  proche du patron de l’Elysée, un peu comme son père, qui reste un conseiller de prestige en   politique économique internationale des gouvernements français successifs ces deux dernières décennies.

En faisant partie de la délégation de Macron pour la visite du Bénin, Lionel Zinsou, par ailleurs, témoigne une fois encore son attachement pour sa seconde patrie  qui vient ainsi d’être honorée par un chef d’Etat français. En même temps, le franco-béninois  confirme davantage les excellentes relations qui le lient désormais à Patrice Talon, son challenger de 2016. Il en avait déjà  donné la belle preuve pour avoir fait partie des invités de marque à l’ouverture de l’exposition de la présidence le 21 février 2022 dernier. En revenant, 5 mois à peine après sur les mêmes lieux, avec cette fois-ci, Emmanuel Macron, Lionel Zinsou montre à suffisance, qu’avec Patrice Talon, c’est désormais la  très bonne entente et une parfaite collaboration.

Macron séduit par l’exposition des trésors royaux et autres  

 « La France est fière d’engager avec le Bénin un partenariat culturel d’exception » dit-il

 Dans le cadre de sa visite au Bénin, le président français a visité ce mercredi l’exposition des trésors royaux au Palais de la Marina à Cotonou. C’était en  compagnie du chef de l’Etat Patrice Talon et de la forte délégation qui l’accompagnait. L’hôte de Patrice Talon est passé par le tabouret d’intronisation des rois, les portes du palais, tableau retraçant l’histoire des différents rois de Danhomey, les Assins (mobiliers funéraires) et autres œuvres en exposition au Palais de la Marina. Il a pu découvrir également le génie des artistes contemporains en visitant les œuvres. Les différents tableaux et masques culturels réalisés par trente-quatre artistes contemporains ont été interprétés au président Emmanuel Macron.

Au terme de sa visite, le président français a affirmé lors de sa conférence de presse qu’il a été très ému d’admirer dans leur pays les 26 œuvres que la France a restituées au Bénin il y a six mois. « Un acte de restitution n’est ni une perte, ni une contrition. C’est une continuation de l’histoire, c’est la possibilité d’une nouvelle page, une réinvention de ces trésors. C’est un geste qui a une part de mystère de spiritualité mais qui regarde résolument vers l’avenir » affirme-t-il, ajoutant que « La France est fière d’engager avec le Bénin un partenariat culturel d’exception. »

La Rédaction

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