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Le triomphe de la vérité

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Expo Art du Bénin: Les Sociologues replongés dans l’histoire


Les enseignants suivant les explications des guides

L’ouverture ce samedi 7 mai 2022, de l’exposition diptyque ‘’Art du Bénin’’, a accueilli une forte délégation des enseignants du département de sociologie-anthropologie  du campus d’Abomey-Calavi. Sous la direction du chef département, professeur Chabi Imorou Azizou, et de son adjoint, Patrick Hinnou, les enseignants dudit département, sont allés admirer les œuvres de leurs ancêtres. Voyage dans cet univers de sensation chargé d’émotion et de reconnaissance.

Qu’est-ce qu’il faut savoir : Une proportion croissante de visiteurs investissent le palais présidentiel pour contempler les œuvres. Comme une invitation au détour par la pensée et au silence apaisant de la présidence, une foule se multiplie en cette matinée de ce samedi. Un public assez varié où plusieurs générations s’y représentent. C’est stimulant de voir parmi ce beau monde des enseignants des universités, de réputation mondiale en sociologie. Avec enthousiasme, les commissaires de l’exposition les accueillent pour la visite. Leur parcours jalonné de discours à la fois chronologique et thématique des 26 œuvres royales pillées en 1992 par l’armée française et de 106 autres œuvres contemporaines de 34 artistes béninois et de la diaspora.  

Que s’est-il réellement passé : Très attendue, la première partie de l’exposition donne le ton. C’est la joie intense à quelques centimètres près des œuvres. « Ce qu’on veut faire, est un peu fort en sociologie », laisse entendre, la Directrice artistique et commerciale de la Galerie nationale, Yassine Lassissi. Moment d’euphorie devant les vitrines dans une scénographie d’exposition. L’éclairage presque zénithal et la couleur noire des gravures sur les murs mettent parfaitement en valeur les œuvres. Tour à tour, les guides en dépeignent le nu et les scènes héroïques des œuvres majestueusement exposées. Du trône du roi Béhanzin en passant par le trône du roi Guézo, le Kataklè, un tabouret d’intronisation, les statues antropozoomorphes représentant les rois Glélé et Béhanzin, les récades, la porte du palais d’Abomey,  ces objets féeriques admirés non seulement dans leur forme géométrique, mais également des caractéristiques qui les entourent. Sidérés, les enseignants rêvent et découvrent largement une autre facette de leur identité. En toute  discrétion, des voix s’élèvent soulevant avec curiosité des préoccupations intéressantes. De la partie art contemporain, ils ne s’étonnent guère de la floraison d’explications sur les techniques et symboles de dessin, de la peinture et de la sculpture, si cruciales non seulement à l’éducation, mais aussi aux loisirs. C’est aussi un accrochage avec une plus grande diversité de genres. S’écartant du simple commentaire descriptif des guides, qu’il soit biographique ou sociologique, les sociologues poussent encoure leur réflexion vers l’importance de l’art dans la société. Se nourrit là des échanges en langue nationale entre scientifiques et guide de l’exposition. De la découverte à l’intuition dans une ambiance festive qui s’apparente à une retrouvaille pimentée de la bonne humeur. « Ça fait plaisir », se réjoui le chef adjoint du département, professeur Patrick Hinnou. De son côté, Raymond Assogba a dit toute sa fierté de se retrouver devant les œuvres de ses anciens héros du royaume d’Abomey. « Le sociologue est heureux de découvrir les ressorts de cette société béninoise », raconte-t-il.   

Une fine connaissance des œuvres : L’importance de cette visite des œuvres par les sociologues est qu’elle est en mode interactif permettant ainsi de mesurer son niveau d’empathie. De l’argile d’Abomey utilisé pour célébrer la femme dans la société par Euloge Ahanhanzo-Glélè dans sa représentation artistique, les masques Guèlèdè intitulés « Guinssanou man sa logosso » de Kifouli Dossou, les œuvres de Yves Apollinaire Pédé, les desseins sur le Lègba, sur la cohabitation des religions ou sur la migration clandestine, les sociologues explorent de nouvelles pistes entre sciences et l’art. « C’est une visite de concertation de mémoire », confie un enseignant, membre de la délégation. « Nos ancêtres d’hier ont travaillé pour relever le niveau de notre pays. Nous avons l’impérieux devoir de continuer en revenant  à la source pour nous imprégner de nos origines », note le docteur Patrick Hinnou.

Quelle représentation au plan sociologique : Selon les enseignants qui ne cachent pas leurs impressions, cette exposition est un projet porteur et stratégique. Pour eux, cette histoire devrait inspirer chaque béninois, car c’est la seule manière pour le pays de se développer. Ils en appellent à mieux les valoriser pour promouvoir la destination du Bénin. Le sociologue, explique Raymond Assogba, a besoin de s’appuyer sur ces objets qui représentent l’histoire qui raconte la vie des institutions. « C’est très important pour aller à la source et comprendre l’action des hommes, les lois qui unissent les communautés, interagissent pour que les hommes reconnaissent qu’ils ont une histoire construite à partir de leurs ancêtres et cela est très important dans la sociologie béninoise », confie-t-il. Il poursuit pour faire comprendre qu’il y a parmi ces objets des « bootechnologies », c’est-à-dire les instruments que les ancêtres ont utilisés comme des symboles pour agir sur les ennemis du royaume. « Cela constitue notre patrimoine. Il y a très longtemps, ces œuvres ont quitté le Bénin », fait savoir Patrick Hinnou. Et à Raymond Assogba d’ajouter qu’ « il y a une exploitation cognitive à faire pour saisir le niveau de la technologie de ce temps ». Le chef de la délégation, le Dr Patrick Hinnou a au nom de ses collègues, témoigné ses vives reconnaissances aux autorités du pays qui depuis longtemps ont facilité le retour de ces œuvres. Cette délégation d’environ 40 personnes, est composée des professeurs et des enseignants, des doctorants et des moniteurs.  

Alban Tchalla

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