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Le triomphe de la vérité

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Edito: La déroute annoncée


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L’opposition béninoise prépare sa déroute aux prochaines législatives. A quelques mois de l’élection, elle est aphone, sans voix et désespérément inactive.

Non qu’elle ne tente pas d’agir pour montrer son existence. Il y a La Nouvelle Alliance (LNA) de Théophile Yarou qui a fait sa rentrée politique à Glazoué il y a quelques jours. La Nouvelle Force Nationale (NFN) d’Apollinaire Avognon s’est illustrée ce week-end par une sortie également. Mais les thèmes choisis, les postures affichées ainsi que la visibilité réelle de ces actions sont loin de ce que devrait être une force d’opposition.

A sept mois des dépôts de candidatures prévus pour novembre prochain,   ce déficit de visibilité  ne présage rien de bon pour les formations politiques de l’opposition. Ce ne sont pourtant pas les sujets qui manquent. La cherté de la vie qui touche chaque ménage devrait être le point nodal des préoccupations de ceux qui veulent offrir une alternative aux Béninois. Qu’on le veuille ou non, une opposition qui veut marquer des points aux prochaines élections, devrait offrir des solutions alternatives à celles du gouvernement. Et ce ne sont pas les mesures anti-cherté prises par l’Etat qui manquent d’insuffisances à ce point. Il n’y a qu’à voir l’impact réel de ces mesures et leur applicabilité réelle sur le terrain, pour s’apercevoir que l’opposition ne se tait pas sur le sujet par manque de thème.

Si les FCBE ne font qu’une opposition de façade, ce parti est rejoint par LNA qui dit ne faire ni opposition ni mouvance. FCBE, parlons-en. Paul Hounkpè et les siens ont beau  le clamer après les dernières élections, ils n’effaceront pas de l’imagerie populaire l’idée d’une opposition de complaisance qu’ils se sont construite. Du reste, Paul Hounkpè, le secrétaire exécutif du parti, à force de multiplier les éloges au gouvernement et de réclamer le reste de ses émoluments de chef de file de l’opposition, n’a rien fait pour démentir cette image. Il n’a fait que la consolider. Et quand il s’agit des préoccupations actuelles des Béninois, il n’organise ni conférence de presse, ni meeting, ni marche, ni rien…Il s’occupe de la façade et s’en tient au rôle d’opposant sage qui lui a été réservé. A telle enseigne qu’on se demande quel sera le destin électoral d’un tel arrangement politique.

Quant à LNA de Théophile Yarou, c’est même pipe même tabac. Le parti arbore la posture de la grenouille qui ne veut être ni poisson ni gibier ou encore celle de la chauve-souris qui navigue entre l’oiseau et la souris. C’est une volonté de brouillage stratégique qui ne crée pas de militantisme réel. Invisible au plan national, le parti n’ira nulle part tant qu’il restera sage comme une image, exactement ce que lui veut le pouvoir Talon. Sa stratégie mène tout droit vers le doute de ceux qui cherchent autre chose que les discours lénifiants et satisfaits des pontes de la Rupture.

Mais Les Démocrates sont logés à une enseigne encore plus complexe. Censés être de l’opposition, ne voilà-t-il pas que leur président d’honneur s’offre une audience auprès du Chef de l’Etat en novembre dernier. Sans aucun membre de la direction de son parti. Rien que ça. Pire, il a couvert d’éloges le Chef de l’Etat, en évitant soigneusement les sujets qui fâchent. Entre nous : tout le monde sait les arrangements politiques qui se négocient sous le cap de ces non-dits. J’ai entendu les justifications dormantes de ceux qui veulent à tout prix justifier l’injustifiable. Ce geste  est tout ce qu’il faut pour tuer un parti d’opposition. Nous savons au surplus que Yayi Boni a mené son affaire en solitaire, en mettant les responsables du parti devant le fait accompli. Cela vient s’ajouter aux déchirures déjà existantes. Si ce parti va aux élections, les responsables ont des doutes sur la participation ou non de leur mentor, Yayi Boni. Car si l’ancien président n’y va pas ou s’il ne donne aucune consigne de vote claire, il faut dire adieu aux 10% nécessaires pour décrocher de siège au parlement. Et les arrangements en cours sont si corsés qu’il ne faut rien espérer de ce côté. C’est en fait pour tout cela que les responsables du parti ont du mal  à s’afficher devant l’opinion leurs mandants. Trop de contradictions à la veille d’une élection cruciale.   Dans ces conditions, à moins que la donne  change d’ici quelques semaines, l’opposition n’aura que ses yeux pour pleurer : elle constatera que l’Assemblée prochaine sera monocolore, une fois de plus.

Par Olivier ALLOCHEME

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