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Le triomphe de la vérité

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Fake news au Bénin: Léonce Gamaï évoque le mode de fonctionnement


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Léonce Gamaï, lors de Café médias

Le 344e numéro de Café Médias Plus, un rendez-vous des hommes de la presse a reçu le Directeur de publication du site Banouto et président du Repromed, Léonce Gamaï. Journaliste de son état et expert média et communication, l’auteur de l’étude du CDD West Africa sur l’écosystème des Fake news au Bénin a entretenu l’assistance sur le thème “Fake news au Bénin : acteurs, trajectoires, influence et moyens de lutte”. Et décortiquant chaque point du thème, Léonce Gamaï a informé sur l’étude qu’il conduit. Selon lui, les Fake news existaient bien avant l’ère de l’internet. «Seulement les nouvelles pratiques de l’Internet notamment le fait que tout citoyen peut mettre du contenu sur la toile favorisent la diffusion à grande échelle des infox. C’est pourquoi on a l’impression que les Fake news sont nés au Bénin avec l’Internet», a-t-il fait savoir avant d’ajouter «la révolution des NTIC a favorisé l’émergence de nouveaux acteurs de l’information. Les individus médias qui sont en surface et qui à eux seuls ont une audience qui concurrence l’audience des médias. Ce sont des gens qui sont bien suivis et par le biais de qui les citoyens s’informent. On a également les influenceurs (artistes ou intellectuels), les relayeurs, la presse en ligne». D’après son étude, trois grands Fake news ont été enregistrés au Bénin. Il s’agit dans le cas du soulèvement de Cadjehoun en mai 2019 qui est parti d’une rumeur sur les élections où on apprenait que la police aurait été déployée pour arrêter le président Boni Yayi. Le deuxième cas, c’est le cas de Bantè où les populations ont commencé par vider un village parce qu’il a été circulé que l’armée allait descendre dans ledit village pour l’attaquer en représailles aux contestations violentes qu’il y avait par endroit dans le cadre des élections de 2021. Le dernier cas, c’est celui de la première dame qui aurait été arrêtée pour affaire de drogue. «Les Fake news sont produites en tenant compte des enjeux spécifiques qu’il y a dans le contexte des enjeux politiques. Si l’enjeu est par exemple le taux de participation, les rumeurs circulent autour de ça», a précisé le communicateur avant d’aborder les trajectoires que suivent ces infox. «Il y a au moins 4 trajectoires. La première, les réseaux sociaux où, le Fake new devient soit virale ou passe inaperçu. La deuxième, c’est que lorsque le Fake new fait du buzz en ligne, il provoque et structure le débat hors ligne soit de bouche à oreilles. La troisième trajectoire, est quand l’infox part des réseaux sociaux pour atterrir dans les médias professionnels. En dernier, on a la circulation de l’infox dans une localité uniquement de bouche à oreilles», a indiqué Léonce Gamaï. La flambée des infox est telle que pour beaucoup aujourd’hui, tout ce qui passe sur l’internet ou les réseaux sociaux est faux. Et pour cela, il est important qu’un travail de déconstruction des fausses informations se fasse. Et dans le cadre de la lutte contre ces fake news, Gamaï pense que le nombre d’organes de presse qui s’y adonnent est peu et souhaite qu’il y  ait d’autres qui se mettent dans la danse. Cela participera à redonner confiance aux internautes qui ont besoin de vraies informations. «L’internet est considéré comme l’espace de diffusion des fausses informations (infox). Or, les médias en ligne sont des produits d’internet. Pour contribuer à se légitimer comme espace d’information crédible, les médias en ligne ont intérêt à faire la lutte contre la désinformation», a-t-il conclu.

Anselme HOUENOUKPO

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