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Le triomphe de la vérité

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Adéquation avec les besoins du marché: Le Recteur Avléssi annonce la suspension imminente de certaines formations


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Le présidium à l’ouverture des travaux

En prélude à la tenue au Bénin de la conférence triennale du Forum régional des universités pour le renforcement des capacités en agriculture (Ruforum), le programme de bourses de la Fondation Mastercard a organisé, le jeudi 2 décembre 2021, la première édition de la Journée de l’enseignement supérieur. L’amphithéâtre Idriss Déby de l’Université d’Abomey-Calavi a abrité les activités de cette rencontre entre les universitaires et les acteurs du monde professionnel.

Contribuer aux actions pour faire de l’enseignement supérieur un pilier du système éducatif et un moteur de la croissance économique et du développement durable au Bénin. C’est l’objectif de cette première journée de l’enseignement du supérieur initiée par le programme de bourses de la Fondation Mastercard à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), sous le thème : « Enseignement supérieur et employabilité des diplômés au Bénin ». A en croire le Recteur de l’Uac, le Professeur Félicien Avlessi, ce thème est d’une importance capitale pour les universités, car réfléchir sur l’enseignement supérieur et l’employabilité des jeunes au Bénin permettra à l’Uac d’affirmer sa vision de faire face aux enjeux de l’heure. Au nom de l’équipe rectorale qu’il dirige, le Professeur Félicien Avlessi a rassuré de sa disponibilité à prendre en compte les propositions qui sortiront de ces assises pour accompagner l’employabilité des diplômés de l’Uac. « Mon équipe et moi sommes résolument engagés à endiguer toutes formes de dérives qui n’honorent pas notre corporation aux fins de faire rayonner notre université et de conforter son image et de ce fait, accroître la chance des diplômés qui sont sortis et qui sortiront de nos prestigieuses formations », a-t-il promis. L’une des décisions fortes qui sortiront des réflexions dans les prochains jours, c’est la suspension voire la suppression de certaines formations dans les universités publiques du Bénin. Sur le sujet, la réponse du Recteur de l’Uac est sans équivoque : « si on fait l’évaluation et on voit que le nombre de chômeurs est élevé, la formation concernée sera suspendue ». Le Professeur Adipala Ekwamu, Secrétaire exécutif de Ruforum a, dans son intervention, remercié le Gouvernement du Bénin pour avoir accepté d’accueillir la septième Semaine de l’enseignement supérieur et la conférence triennale du Ruforum. Par ailleurs, il a fait savoir que les échanges de cette conférence devant réunir des participants venus du Bénin, du Soudan, du Ghana, du Mali, et d’autres pays africains, vont permettre de promouvoir le dialogue entre les acteurs du système éducatif, de renforcer le secteur de l’enseignement supérieur, et dynamiser le partenariat pour soutenir les efforts des universités, entre autres. Procédant au lancement officiel de cette première journée de l’enseignement supérieur, le représentant de la Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en la personne du Ministre des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle, Yves Kouaro Chabi a souligné que le thème « Nécessité d’un enseignement supérieur plus productif d’emplois » choisi pour la table ronde de cette journée, s’inscrit parfaitement dans le cadre des réformes entreprises par le Gouvernement du Président Patrice Talon depuis 2016. « Il y a une inadéquation entre les formations académiques proposées par les universités et les besoins du marché. Ce qui amoindrit le taux d’insertion professionnelle pour nos jeunes diplômés. Pour remédier à cet état de chose, il s’avère indispensable de réfléchir à de nouvelles stratégies de ces difficultés pour faire rayonner l’enseignement supérieur au Bénin », a-t-il indiqué, en ajoutant que cette journée de réflexions vient pour contribuer à faire de l’enseignement supérieur un pilier du système éducatif et un moteur de croissance économique et du développement durable au Bénin.

Les communications développées
Plusieurs communications ont meublé cette journée de l’enseignement supérieur. La première intitulée « Propositions pour un enseignement supérieur au service de l’emploi des diplômés : perspectives du secteur privé » a été animée par Marcos Guèdègbé Bertille. La deuxième animée par Franck Kouyami a eu pour thème : « Propositions pour un enseignement supérieur au service de l’emploi des diplômés : programmes et projets ». Quant à la troisième communication animée par la Prof. Sylvie Adoté, elle a porté sur les « Facteurs de succès et d’échec des programmes de développement de l’enseignement supérieur, puis la dernière consacrée aux « Réformes, financement de l’enseignement supérieur et employabilité des diplômés » a été développée par Dr Cyrille Gougbédji. S’agissant de la table ronde, elle a eu pour panélistes, d’éminents universitaires dont les Professeurs Brice Sinsin Anne Floquet, Nelly Kèlomè, Expédit Vissin, Serge Abihona et bien d’autres. Ces échanges ont permis aux participants de recenser les faiblesses enregistrées dans l’enseignement supérieur en s’appuyant sur les diagnostics déjà effectués dans le secteur en l’occurrence celles liées à l’inadéquation entre les formations académiques et les besoins du marché, formuler des recommandations entrant dans le cadre de la formation des formateurs, de l’augmentation des travaux pratiques pour les apprenants, et de l’employabilité des diplômés, et rédiger une déclaration qui intègre toutes les recommandations formulées pour une meilleure adéquation entre les formations et l’employabilité des diplômés au Bénin.

Ils ont dit …

Prof Félicien Avlessi, Recteur de l’Uac
« On ne peut pas continuer à former des chômeurs »

« Le problème d’inadéquation des formations avec les besoins du marché a commencé avec le problème de massification dans les universités. Aujourd’hui, on en parle parce qu’il y a insuffisance pédagogique dans l’encadrement des étudiants. La solution que nous allons trouver, c’est de revoir les formations que nous donnons en les adaptant aux réalités de notre pays. Les formations qui ont sorti des produits pendant trois à cinq ans, nous allons faire l’évaluation. Si on voit que le taux d’insertion sur le marché de l’emploi n’est pas élevé, il vaut mieux suspendre ces formations et les remplacer par d’autres en exploitant les besoins réels de notre pays. Si on sort des produits, il faut faire l’étude du marché. Si on fait la balance et on voit que le nombre de chômeurs est élevé, la formation concernée sera suspendue. C’est une affaire de courage, mais on doit le faire pour aider nos jeunes frères qui sont en formation. On ne peut pas continuer à former des chômeurs. »

Prof. Enoch Achigan Dako, Coordonnateur du programme de bourses/ Mastercard
« Nous sommes engagés à créer régulièrement 30 mille emplois sur l’échéance 2023-2030 »

« Les voyants sont au rouge au niveau de l’emploi dans tous les pays africains et nous avons des taux d’employabilité très faibles. Alors, il est important que les universités puissent se remettre en cause. Il est important que dans les différentes stratégies développées par les gouvernements, les universités puissent servir non seulement de pilote, mais aussi d’encrage pour servir aux différents projets et actions qui sont en cours pour renforcer leurs capacités à utiliser les produits qui sortent des universités. Pour nous à Mastercard, il y a peu près 30 mille emplois que nous sommes engagés à créer régulièrement sur l’échéance 2023-2030. Dans cette stratégie, nous mettons en place plusieurs instruments : le premier, c’est de renforcer la formation à l’entrepreneuriat des jeunes. Le deuxième instrument, c’est de produire le financement nécessaire pour supporter les initiatives d’investissement, et le troisième instrument, c’est d’offrir aux étudiants un système para-académique qui leur permet, pendant qu’ils sont en train d’apprendre dans les amphithéâtres, d’apprendre en même temps à créer de la richesse ».

Laurent D. Kossouho

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