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Le triomphe de la vérité

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Edito: Le vol


Les Congolais nous ont volés hier. Un penalty imaginaire à la dixième minute, et c’est fait. Ben Malango corse la note à la 73ème minute de jeu pour donner aux Congolais leur première chance de participation à une phase finale de coupe du monde depuis 1974. Les poulains du coach Hector Cuper ont encore les matchs de barrage pour se qualifier. En attendant, les Béninois fulminent contre l’arbitrage scandaleux qui a permis ce hold up.
Cependant, ce que j’ai pu noter dans les commentaires, après la colère des uns et des autres, c’est le reproche fait aux autorités du football béninois, de n’avoir pas fait ce qu’il fallait, c’est-à-dire corrompre l’arbitre gabonais Éric Otogo-Castane. Un journaliste sportif bien connu s’écrie sur sa page Facebook : « Le Football est de la grosse mafia. Une chose est de louer un avion et de mettre les joueurs dans de bonnes conditions, mais l’autre chose est d’être dans les coulisses pour ne pas se faire bouffer par le système. Nos autorités ont manqué de faire quelque chose. » Explication de texte : « faire quelque chose » ici, c’est graisser la patte au trio arbitral. Commentaire d’un internaute sur ce même message : « Après tout, le football d’aujourd’hui se joue dans les coulisses. C’est une MAFIA qu’on ne saurait quand même encourager. Mais nos autorités ont semblé banaliser cet aspect de la chose. Je suis très frustré contre cet arbitre. Mais on ne peut rien. » Un autre internaute, acteur politique bien connu sur le plateau d’Abomey, placarde sur sa page Facebook : « On a un président de la fédération béninoise de football qui n’a aucune notion de la mafia du football » Et d’ajouter sur un autre message : « On peut investir 1000 milliards, si on n’a pas la notion de la diplomatie footballistique on n’ira nulle part ». Son verdict lapidaire est corroboré par un autre qui sort un joker : « Avec Anjorin Moucharafou comme président de la Fédération Béninoise de Football (FBF), le Bénin n’aurait peut-être jamais perdu contre la Sierra Leone ni contre la RDC aujourd’hui. Le football est une mafia et il faut savoir se placer du bon côté des mafieux. Oui au travail bien fait mais à un moment donné, il faut la collaboration entre les mafieux de la CAF et de la FIFA. Anjorin Moucharafou savait bien le faire. Ce monsieur me manque tellement… »
Depuis hier, le nom de l’ancien Président de la FBF est revenu sur les lèvres. Recalé en 2018, il est resté invisible depuis lors, mais personne n’a oublié qu’il demeure un maitre dans les jeux de coulisse. C’était déjà ainsi au cours de la longue embrouille entre le Bénin et la Sierra-Léone, lorsqu’en mars dernier les sierra-léonais ont joué le tour du Covid aux Béninois à Freetown. La reprise du match en Guinée-Conakry en juin, sans une véritable sanction contre les Leone Stars, a été analysée comme une victoire des jeux de coulisse de la présidente de la Fédération sierra-léonaise de Football, Isha Johansen. Elle aurait des relations privilégiées avec le Président de la Fifa Gianni Infantino, ce qu’attestent quelques photos sorties des archives où la jeune dame brandit bien des décolletés sauvages en compagnie du patron du football mondial. Pour sûr, Mathurin de Chacus n’a pas ces atouts et nombre de Béninois lui reprochent (bien souvent sans le dire ouvertement) de ne pas être suffisamment corrompu dans ce monde où c’est la norme.
La déception des Béninois n’en est que plus forte. En neuf participations aux phases de qualifications de la coupe du monde depuis 1974, c’est bien la première fois que le Bénin était aussi proche d’une véritable qualification. Et beaucoup y croyaient encore, malgré les erreurs du passé. Malgré l’absence d’un véritable meneur de jeu au sein du onze national. Hier, ce qui s’est vu, c’est que les Béninois auraient bien voulu que leurs dirigeants soient aussi présents que les autres dans la mafia.
Cette réaction du public sportif est la véritable conception des Béninois face à la corruption. Tant qu’elle arrange nos affaires, la corruption est une bonne affaire. Une corruption qui ne nous profite pas, est à combattre. Comprenne qui pourra.

Par Olivier ALLOCHEME

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