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Le triomphe de la vérité

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Tournée du porte – parole du gouvernement: Wilfried Houngbédji éclaire sur plusieurs sujets de l’actualité


Wilfried Houngbédji au siège de l’Evénement Précis

Accueilli dans les locaux du journal L’Evènement Précis, le vendredi 15 octobre 2021, le porte-parole du gouvernement Wilfrid Léandre Houngbédji, s’est prononcé sur plusieurs sujets de l’actualité au Bénin. En voici la quintessence.

L’Evènement Précis : Les personnes touchées par le déguerpissement à Xwlacodji ont été réellement indemnisées ? Si oui, quel en est le montant ?

Wilfried Léandre Houngbédji : Xwlacodji ce n’est pas des déguerpissements. Il s’agit d’une libération d’espace public. On a discuté avec les occupants, représentés par le chef quartier et le chef d’arrondissement. Étant tous d’une même aire culturelle, nous avons obtenu d’eux qu’ils puissent partir de leur gré. En langage juridique propre, on ne va pas dire que c’est des dédommagements, on va parler d’accompagnement social. Le dédommagement s’entend de ce que vous êtes exproprié de ce qui vous appartient et puis en retour l’État a le devoir de vous dédommager à hauteur de la valeur de ce qui vous a été pris. Dans le cas d’espèce, il ne s’agit pas d’une expropriation. Mais l’on sait tous que Xwlacodji consent des occupants qui sont là. On peut penser moralement, physiquement et historiquement, que c’est leur terre, c’est pourquoi il y a eu cet accompagnement. Si l’Etat avait pris ses responsabilités depuis toujours, on n’en serait pas là. Et il aurait été défendable que ces personnes seront parties sans aucune perspective. Et c’est pour ça, on a identifié un domaine à Djeffa, qui a fait l’objet de morcèlement. Chaque unité de famille ou unité d’habitation dénombrée, va recevoir chacun 200 m² plus 5millions de FCFA. Alors que tout le monde a été déjà payé, quand on a fait le point mercredi dernier, 60% des personnes concernées étaient déjà parties de Xwlacodji. Il reste 40% aujourd’hui qui reçoivent déjà leur chèque. C’est parce que l’ANDF n’avait pas fini le travail qu’on a fait un moratoire de quinze jours qui arrive à terme aujourd’hui. Donc ils reçoivent là les chèques et les titres de propriété pour partir. On est en temps de Covid et on recommande moins de 50 personnes. Les autres pourront passer aujourd’hui ou lundi pour récupérer leur part. Ce sera pareil pour la route des pêches côté sud. On avait également voulu les prendre aujourd’hui mais il n’avait pas fini une partie du côté nord. Ils ont décalé ça pour la semaine prochaine et ils pourront recevoir leurs titres et leurs chèques afin de rejoindre également leur site.

En quoi consistent les travaux d’aménagement de la plage entre l’aéroport de Cadjèhoun et Adounko ?
L’étude va notamment définir un modèle d’espaces pour les investissements commerciaux les hôtels, les maquis etc. C’est une vaine cabane qui dégage de la chaleur humaine quand on y va. Mais pour la vocation touristique pour cette route des pêches qui va desservir Ouidah, tous les investissements majestueux qui sont en cours répondent à une certaine norme pour que ça soit encore plus agréable à l’aspect de la ville. Donc ces études vont définir quel va être le modèle en terme de superficie, quel espace il faut attribuer aux gens pour le contrat et quel modèle on leur propose pour que la zone réponde aux normes. Il faut prévoir également les tracées paysagers. Il va y avoir les kiosques, les toilettes publiques. L’étude va dégager les endroits où il faut installer tous ces équipements pour que la vie soit encore plus agréable au long de la route des pêches.

Pourquoi les tôles galvanisées font l’objet d’interdiction ? Y a-t-il eu des études sur leur caractère nocif ?
En 2019, on avait fait annoncer l’interdiction des tôles galvanisées non laquées parce qu’il faut distinguer le non laqué et du laqué. Aujourd’hui, il y a les études qui montrent de plus en plus les effets pervers du non laqué, sur la santé. La vue en particulier ou le fait de laisser passer énormément de la chaleur à l’heure où l’on parle de réchauffement climatique, où l’on parle des gaz à effet de serre. Il est utile de s’appesantir sur ces choses qui n’ont l’air de rien dans l’immédiat mais qui à court, moyen terme et sur long terme, comportent les dangers pour la santé humaine. C’est pour ça que si vous voyez à l’époque, on a distingué les non laqués du laqués. On se rend compte sans pour autant contourner la mesure qu’il y a certains qui fraudent sur la deuxième catégorie, sur les laqués. C’est- à – dire les tôles peintes dont la qualité diffère de l’autre transformée à l’origine. Le gouvernement a observé cela et noté des constats dont une fraude a été organisée. La décision a été prise carrément d’interdire cela pour qu’il n’y est plus de possibilité de frauder et de générer sur la durée de nuisance sanitaire aux populations. Ce faisant, on a quand même tenu compte de ce qu’il y a d’existant et c’est pour ça qu’il y a eu moratoire d’un an pour permettre aux commerçants d’écouler leurs stocks. Cela peut vouloir dire de les déployer sur les chantiers et de permettre également à la population de pouvoir renouveler avec les qualités disponibles afin d’échapper aux risques dont ils sont exposés. C’est ce qui justifie ce moratoire d’un an pour que les intéressés se vident de ces stocks.

Les nominations ont été opérées à la tête des universités publiques. Quels ont été les critères du gouvernement ?
Il y a eu un appel à candidature. Les gens ont déposé un dossier, leur CV, leur vision et puis, ils ont discuté avec le comité. Le CNE a fait des observations par rapport aux pré-qualifiés et a fait des objections parfois fondées sur certaines propositions. Parce qu’il y a des positons parfois dans les ministères de l’enseignement dont le CNE recale les propositions. En termes de critères, c’est d’abord la capacité de la personne dans ces fonctions. C’est sur ces bases que les choix ont été opérés. Des postes qui ayant même trois candidats ont été choisis mais pourtant, il y a des postes de trois candidats et c’est deux qui sont retenus. C’est ce qui a fait que les postes ne sont pas tous comblés donc, il y aura un autre appel à candidature pour ce qui reste. On n’a pas voulu faire à minima.

Le Bénin a été élu hier jeudi au conseil des droits de l’homme de l’ONU. Comment analysez-vous ce choix opéré sur le Bénin ?
Nous avons eu 189 voix sur 191. Il y a eu 192 votes et une abstention. Aucun autre pays qu’il soit américain, européen, n’a fait mieux que le Bénin. Ça veut quand même dire quelque chose et puis moi, j’ai dit au fond si les États-Unis, le Japon, la France, la Belgique, les Pays-Bas, si tous ces pays-là ont voté pour nous, c’est quand même un grand signe. Certains nous font des reproches sur la violation des droits de l’homme des violations massives des droits de l’homme, sans doute que cela a été regardé d’une certaine façon de chercher à la crédibiliser. Parce qu’il y a quand même un dossier que vous fournissez et puis on ne vous appelle pas si n’avez pas des pratiques qui sont radicalement aux antipodes de la promotion des droits de l’homme. Or il y a un sujet sur lequel on ne s’est pas souvent entendu, surtout ces derniers années parce que j’observe qu’aujourd’hui, les Béninois toute tendance confondue, disent que le président Talon travaille dans le pays. Mais, il y a quelque chose qu’on entend souvent : c’est qu’il y a trop de contraintes pour les opposants, que les droits de l’homme sont brimés au Bénin. Et pourtant, nous observons très bien que pour tous ceux qui veulent faire les choses suivant les règles, personne ne les admire. La lecture qu’il faut savoir faire, c’est que nous sommes dans la bonne démarche des choses. Globalement, les critiques sur les droits de l’homme qui ont été formulées à l’encontre du gouvernement manquent sans doute de pertinence. Je n’ai pas dit que tout est radicalement rose, je l’ai toujours dit. De mon point de vue sur le plan économique, social etc, il y aura toujours des améliorations donc nous sommes ouverts à accepter les critiques pour pouvoir mieux faire. Pas des critiques qui plutôt ont vocation à nous empêtrer dans l’immobilisme. Nous lisons ce qui s’est passé hier comme un encouragement à continuer à faire notre un triomphe absolu. C’est une consécration parce que c’est une responsabilité de faire encore plus d’effort à notre communauté.

Depuis 2018, le gouvernement de la rupture s’est lancé dans des reformes visant la création de grands partis politique. Mais on a l’impression que le Bénin retourne à la fragmentation de ces partis avec naissances demain par exemple d’un parti Parakou. Est-ce que ce n’est pas un nouvel échec de la réforme du système partisan ?
La réforme du système partisan ne vise pas à négliger le nombre de partis au Bénin. Dans son essence, elle offre et vise à promouvoir de grands partis d’envergure nationale dans un contexte où nous avons 268 partis politiques dont aucun n’a jamais été au pouvoir et ceux qui avaient d’influence, c’était dans trois ou quatre communes. Donc, on a essayé de ramener les acteurs des partis politiques qui étaient plus dispersés à se mettre ensemble et de bâtir un projet commun. D’où on a trouvé les moyens d’instaurer un seuil de représentativité que nous avons porté à 10%. L’élection au Bénin, si vous voulez participer au partage des sièges en jeu pour la législative ou les communales, il vous faut au moins 10% de suffrages sur le territoire national. C’est pourquoi avant de participer à l’élection présidentielle au Benin, il vous faut majoritairement 10% sur le territoire national pas dans un ou trois départements mais sur le territoire national. Et pour accompagner, il y a la mise en place d’un financement publique des partis politiques. Ce financement ne sera acquis aux partis qui aux élections ont au moins les 10%. Cette fois-ci, au nombre de pourcentage qu’il voulait. C’est d’abord le mécanisme pour avoir de grands partis. C’est ça qui fait que par le prolongement pour la présidentielle, il n’est pas possible de mettre dans la constitution que pour être candidat il faut être nécessairement membre d’un parti politique. Il y a la liberté politique on dit il faut au moins être parrainé par un parti politique puisque la réforme vise à assurer la prépondérance des partis politiques dans le jeu politique. Mais pour ne pas nous dédire, on n’a dit que le nombre de parrains doit équivaloir au 10% des parrainages c’est-à-dire les députés et les maires. Quand on a fait ça et on observe quand même le nombre de partis, on a intérêt à en limiter parce que la réforme vise en sorte que dans le débat national qu’il n’y est pas mille partis autour de la table. On a fait des élections professionnelles où il y a trois centrales qui sont représentatives et qui désormais prennent part aux négociations avec le gouvernement. Avant ces trois, c’était sept et le régime a fait en sorte de les associer tous aux discussions. Les trois centrales qui sont sorties gagnantes, ce sont elles qui viennent aux négociations. C’est une dynamique. Elle doit se poursuivre et donc, vous n’aurez plus au Bénin mille partis qui s’observaient.

Confirmez-vous que le PRD ET MOELE–Benin vont fusionner avec l’UP ?
C’est tant mieux. Cela vient confirmer pourquoi il y a de grand partis nationaux. Et l’UDBN qui a quand même eu le courage d’aller aux élections n’a pas pu réunir les 10% et d’autres partis qui ne l’ont également pas eu se mettent ensemble pour être plus fort. C’est quand même bon pour la démocratie. Ça veut dire que les réformes sont en train de faire leurs preuves.

Qu’est-ce qui explique la réforme en cours dans l’administration territoriale ?
Il y a vingt-ans par rapport à aujourd’hui, les choses ont fondamentalement changé. A Togbin, je m’embaumais mais aujourd’hui il y a eu de changement. Ill n’y avait pas d’électricité mais aujourd’hui nous avons eu le courant même si ce n’est pas encore rependu dans toute la zone. J’ai lutté pour qu’il est le courant et c’est ça notre défi : faire de sorte à ce qu’il y est l’électricité et dans toutes les communes du Bénin. Parlant des réformes, nous voulons que le Bénin se développe et le Bénin n’est pas encore développé. On a commencé à mettre dans la tête de nos compatriotes qu’il est possible qu’on se développe puisqu’il y a les investissements structurant pour asseoir les bases de développement. Ce que l’Etat central fait ne peut pas être perçu de la même façon par les soixante-dix-sept communes, au même moment. Ça commence quelque part. C’est le cas des grandes villes comme Cotonou, Porto-Novo, Parakou Lokossa et il reste les soixante –dix autres communes pour finir quelque part. C’est pourquoi les réformes dans ces communes s’accélèrent pour donner raison aux populations d’y être. On a fait la décentralisation pendant vingt-ans et on a constaté que ça n’a vraiment pas servi la cause du développement tel qu’on le souhaite. On a essayé de chercher quel était le goulot d’étranglement, et c’est pour lever ce goulot et favoriser le développement que la réforme est envisagée. A la séance de présentation du projet aux maires, un maire a dit au chef de l’Etat : « Monsieur le président laissez-nous notre budget et nous gérons le budget. C’est pour ça que nous sommes là ». Ce budget, c’est l’argent de la pauvre dame qui vent au bord de la voie. Il aura désormais un secrétaire exécutif qui va être coordonnateur du budget, qui va mettre en place une bonne politique pour que l’argent soit bien géré.

Les collectivités locales dépendront davantage des autorités centrales. Ne craignez-vous pas de scléroser toutes initiatives locales de développement à la base avec ces nouvelles mesures ?
Non, les employés des collectivités locales sont sous l’autorité des maires et le maire est leur supérieur. Ils ne dépendent pas du préfet ni du ministre de la décentralisation, attention ! Tout ce que le gouvernement fait c’est d’organiser le concours. Si vous remplissez les conditions, vous postulez.

Un groupe de citoyens a introduit à l’assemblée nationale une requête en vue de modifier la constitution pour imposer le mandat unique de 7 ans. Est-ce que le chef de l’Etat tient encore à réviser la constitution ?
Ce n’est pas le chef de l’Etat qui révise la constitution. Si le chef de l’Etat prend l’initiative de réviser la constitution à certains de ces aspects, ce serait forcément parce qu’il y a des bénéfices induis pour le pays. Comme il l’a inspiré et c’est dans la constitution au Bénin que nul ne peut de sa vie faire plus de deux mandats présidentiels. Patrice Talon tel que j’apprends à le connaitre depuis plus de 5ans, c’est un homme d’honneur. Et je ne pense pas qu’il y a des choses qu’il ne ferait pas.

Où en est le gouvernement par rapport aux doléances de Boni Yayi lors de la dernière audience que le Chef de l’Etat lui a consacrée ?
Le chef de l’Etat ne gère pas le pays avec l’humeur. Le chef de l’Etat n’est pas au-dessus des lois de la république. Il n’est pas au-dessus de la nation. Les institutions de la république fonctionnent. Il y a des procédures qui sont en cours et elles pourraient aboutir… Toute possibilité s’offre par rapport aux doléances soumises par Boni Yayi à Patrice Talon.

Je vous remercie madame et messieurs pour avoir contribué à l’animation de cet entretien.

Armand SOSSOUKPE

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