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Le triomphe de la vérité

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Maintien de plusieurs ministres après son élection: Le Chef de l’Etat entre le partage du butin politique et la logique de développement


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Ils sont nombreux, les prétendants aux postes ministériels tapis dans les rangs de l’Union Progressiste, du Bloc Républicain et des trois autres formations politiques qui soutiennent le chef de l’État, Udbn, Moele Bénin et Prd. Le président Patrice Talon réélu à la dernière présidentielle aurait fait la promesse de s’offrir de nouvelles collaborations auprès de chacun d’eux pour conduire son deuxième mandat. Grand fut leur étonnement de constater tout le contraire mardi dernier quand la liste de son premier gouvernement du second quinquennat a été rendue publique. Un nouveau gouvernement, s’il en était un, lorsqu’on se rend compte que l’ancienne équipe a été reconduite à près de 90%. Certaines indiscrétions rapportent des grincements de dents depuis mardi nuit dans chacune de ces cinq formations politiques. Des acteurs politiques nostalgiques d’un passé pas si lointain où la pratique était permanente peinent à accepter ce qui est arrivé. Ont- ils le choix devant un Patrice Talon qui a sa méthode personnelle de gestion du pouvoir d’Etat ? Le Chef d’État réélu rompt ainsi avec ce qui se passait avant où le premier gouvernement après un scrutin présidentiel remporté se veut toujours un gouvernement de remerciement. Certains ministres maintenus devraient s’étonner de ne pas être débarqués au profit des soutiens politiques qui bousculent inlassablement à la porte du gouvernement dès les jours qui suivent l’investiture du nouveau chef de l’État. Patrice Talon semble ne pas en faire, lui, une contrainte, en dépit du soutien massif des leaders et partisans politiques qui ont suffisamment mouillé le maillot pour lui et sa colistière, Mariam Chabi Talata élue vice-présidente de la République, à la dernière présidentielle.
La lecture qu’il fait visiblement de la composition d’un gouvernement est moins un butin politique à partager qu’un appareil d’Etat pour assurer le développement d’une nation et le plein épanouissement de son peuple. L’homme avait déjà donné des signaux forts en procédant rarement à des remaniements ministériels tout le long de son premier mandat. Si plusieurs acteurs politiques qui le soutiennent avaient fini par s’habituer difficilement à la logique de Patrice Talon, ils étaient sans doute loin d’imaginer qu’il garderait encore les mêmes ministres pour entamer son nouveau mandat. Des ministres qui ne sont pas forcément des poids politiques dans leurs formations politiques d’appartenance, encore moins dans leurs régions d’origines. A l’analyse ce qui semble le plus intéresser Patrice Talon, c’est leur technicité et leur capacité managériale dans la gestion des fonctions ministérielles qu’ils occupent.
Patrice Talon tranche ainsi avec ses prédécesseurs sur la constitution d’un nouvel gouvernement qui leur dictait des obligations de partage de postes ministériels pour contenter tel ou tel parti politique ou encore telle ou telle région du pays. Les acteurs politiques qui le soutiennent devraient davantage s’en habituer aujourd’hui plus qu’hier pour ne plus se laisser emballer dans des rêves de postes ministériels, à tort et à travers à la suite d’une victoire électorale sous Patrice Talon. Les députés sont à l’assemblée et y demeurent pour la plupart jusqu’à la fin de leur mandat. Les ministres sont gouvernement pour le temps nécessaire que leur accordera le Chef de l’Etat. Les élus et autorités locales sont dans les communes. Le reste des autres acteurs politiques sont au niveau des sièges des formations politiques ou sur le terrain selon les missions qui leur sont dévolues. La stratification dans la gestion politique du pouvoir semble bien définie chez Patrice Talon. Si ce n’est pas cela, ça y ressemble quelque peu.

Christian Tchanou

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