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Le triomphe de la vérité

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Colloque/Soixante ans d’indépendance du Bénin (1960-2020): Quel bilan et quelles perspectives d’avenir ?


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30/31 juillet 2020, Université d’Abomey-Calavi, Bénin

À l’instar de nombreux pays d’Afrique, le Bénin fête cette année, soixante ans de son indépendance. Depuis cet évènement historique, le pays a connu une trajectoire plus ou moins différente de celle des autres pays décolonisés au Sud du Sahara. Est-il parvenu à donner un sens à cette indépendance? Où en sont aujourd’hui les idées et concepts (panafricanisme, indépendance, décolonisation…) qui avaient cours en 1960 ? Que signifient-ils aujourd’hui ?  Sommes-nous parvenus à tordre le cou à l’idée reçue selon laquelle les Africains sont incapables de se gouverner ? Faut-il donner un crédit au propos d’un Kwamé Nkrumah, père de l’indépendance ghanéenne, invitant les Africains à prendre d’abord l’indépendance politique et le reste suivra ? Le reste a-t-il vraiment suivi ?

Ces années de souveraineté internationale incitent à réfléchir sur le chemin parcouru : les avancées, les stagnations et les reculs, mais également, à rappeler, en toute objectivité, avec un nouvel éclairage basé sur des approches novatrices, décantées de toute subjectivité coloniale, mais sans chauvinisme aucun et sans parti pris les conditions d’accession de notre pays à l’indépendance.

On rappelle souvent les différentes étapes de ce processus en lien avec le colonisateur, – le rôle joué par un général de Gaulle, « grand décolonisateur » – mais on oublie la plupart du temps, le nationalisme sous toutes ses formes, la force et la violence des combats menés, surtout par les élites, qui ont donné sens et vie à cette fin de la domination coloniale.  On oublie aussi l’inconstance des choix politiques subséquents, qui dans bien des cas, n’ont pas comblé les attentes des populations. Les intellectuels se sont souvent montrés très sévères vis-à-vis des pouvoirs publics, les accusant de trahir les idéaux de la décolonisation et des indépendances. Mais on oublie aussi que, bien souvent ce sont ces mêmes intellectuels qui ont pensé et appliqué les idées les plus préjudiciables au développement économique, à l’instauration de l’État de droit et à la préservation des valeurs nobles de nos sociétés.

Avec le recul, il est plus facile de peindre le tableau en noir, de s’auto-flageller et de ne relever que les échecs qui ont jonché notre parcours depuis les indépendances, tout comme il est facile de se vautrer dans l’autocongratulation , de faire la litanie de nos succès, sans prendre conscience du monde autour de nous, près de nous, à côté de nous qui se bouge, qui se mobilise, qui prend conscience de ses forces et de ses faiblesses et qui inscrit résolument ses actions dans le progrès et le bien-être individuel et collectif.

Dans le cadre de ce colloque, il sera question de vérifier comme le suggérait Ernest Renan, si nous avons au cours des six dernières décennies, suffisamment vécu ensemble pour écrire un « roman national », un roman dont nous pouvons être fiers du récit. À défaut, comment faire pour proposer au monde un autre projet de société, plus présentable et qui rend sa dignité à notre peuple?

Ce colloque sera l’occasion de jeter un regard critique dans le rétroviseur afin d’évaluer avec lucidité le chemin parcouru au cours des soixante dernières années, d’apprécier le présent pour mieux nous projeter vers l’avenir. Le colloque se veut inclusif, multidisciplinaire et apolitique.

Les communications attendues doivent s’intégrer dans les thématiques ci-après :

  1. Le récit national des indépendances à aujourd’hui

L’accession à l’indépendance du Dahomey est souvent présentée comme l’aboutissement des combats menés par des hommes et femmes politiques. Ce récit occulte souvent les luttes menées par les populations, dans la diversité de leurs compositions, de leurs opinions, de leurs actions et de leurs aspirations. Les communications qui s’inscrivent dans cet axe viseront à raconter cette histoire nationale, en insistant tout à la fois sur le rôle des acteurs de l’indépendance du Dahomey, les idéologies qui la sous-tendent, les choix politiques, économiques et sociaux qui ont prévalu, ainsi que les illusions perdues. Ce sera également l’occasion de porter un regard critique, constructif et prospectif sur les combats politiques et sociaux actuels et sur la place que notre pays souhaite occuper dans la lutte pour l’unité africaine, l’émancipation de l’Afrique et du peuple noir.

  • L’économie nationale : structures, ressorts et impacts sur le développement économique et social.

Depuis les indépendances, les choix économiques n’ont pas permis au Dahomey d’alors, ni au Bénin d’aujourd’hui de connaître le développement auquel aspire son peuple, pas plus que les accords de développement économique n’ont réussi à impacter positivement les structures économiques nationales. Dans le cadre des réflexions qui seront menées sous cet axe, il s’agira de revenir sur les structures de notre économie, son évolution et son (in)capacité à produire de la richesse qui permet le développement économique et social. L’exercice consistera ici à tenter de comprendre les raisons de notre retard de développement afin de produire une réflexion utile pour maintenant et pour demain.

3-         Les grands sujets d’aujourd’hui et de demain

3.1. Les institutions démocratiques : L’histoire politique béninoise a été marquée par de nombreux soubresauts. Ceux-ci ont des causes multiples, lesquelles influencent le fonctionnement actuel de nos institutions et le rapport qu’entretient le public (personnes physique et morale) avec celles-ci.  Depuis la célèbre Conférence nationale des forces vives de la nation, le pays a pris un tournent démocratique, en optant pour un système multipartite intégral. Bon an mal an, des élections sont organisées dans un climat relativement apaisé, l’alternance au pouvoir est observée et la presse jouit d’une liberté relative.  Or, depuis quelques temps, s’observe ici et là une certaine forme de défiance vis-à-vis de nos institutions, une perte de confiance désormais exacerbée par des évènements récents.  Il y a à peine un an, dans un climat politique extrêmement tendu, des élections ont été organisées sans partis d’opposition, des violences en sont suivies avec des pertes en vies humaines, le tout sur fond de réformes menées à pas de charge, largement incomprises des populations.

Dans le cadre de ce panel, l’objectif consiste à observer et à analyser sans parti pris, l’évolution et le fonctionnement de nos institutions, à explorer les possibilités de réformes institutionnelles aptes à renforcer l’édifice démocratique béninois. Plus précisément, les panélistes devront s’interroger sur la qualité de nos institutions, leur capacité à répondre aux aspirations populaires, à répondre aux besoins de liberté, d’émancipation et de développement économique de notre pays.

3.2. Les structures sanitaires : Le Préambule de la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dispose que « [L]a possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quelles que soient sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ». Selon l’OMS, « [L]e droit à la santé comprend l’accès, en temps utile, à des soins de santé acceptables, d’une qualité satisfaisante et d’un coût abordable ». En adhérant à l’OMS, le Bénin a adhéré à ces principes fondamentaux. Mieux, le droit à la santé a été enchâssé dans la Constitution béninoise, où le pays s’est engagé à assurer à tous ses citoyens un égal accès à la santé. Conscient des faibles moyens dont dispose le pays, il est illusoire de penser que ce droit puisse être effectif. Mais il serait tout au moins raisonnable d’espérer des institutions de l’État, qu’elles ne ménagent aucun effort pour atteindre cet objectif. Dans les faits, ce droit est largement dévoyé, dans la mesure où le système de santé de notre pays n’assure ni l’accès égal à tous ses citoyens à des soins de santé, ni la qualité de soins attendue pour ceux qui y ont accès, ni l’accès aux soins à un coût abordable. Il n’est pas excessif de constater dans un tel contexte la faillite de notre système de santé, qui depuis l’accession du pays à l’indépendance n’a jamais su se lever à la hauteur des attentes des populations.

L’objectif poursuivi dans ce panel est de procéder à l’autopsie de notre système de santé dans la perspective d’identifier les maux qui minent son fonctionnement et de dégager quelques grandes lignes de réformes susceptibles d’aider les pouvoirs publics à renforcer et à opérationnaliser notre droit fondamental à la santé et à l’accès à des soins de santé en temps utile et à coût abordable.

3.3. L’éducation : Tout comme le droit à la santé, le droit à l’éducation est un autre droit humain fondamental, consacré par les institutions internationales auxquelles le Bénin a adhéré depuis son accession à la souveraineté internationale. Depuis l’époque coloniale, l’éducation constitue l’une des valeurs fondamentales de la société béninoise. Depuis les élites dahoméennes, envoyées un peu partout dans la sous-région pour instruire nos compatriotes africains jusqu’à nos jours, le Béninois accorde une place de choix à l’éducation et à la formation. À preuve, la panoplie d’établissements d’enseignement privés disséminés un peu partout sur le territoire national et auxquels tentent d’inscrire, malgré les maigres revenus des familles, leurs enfants afin de leur assurer une certaine réussite sociale. Il apparaît que cette course à l’éducation privée est l’un des signes vivants de l’échec de l’enseignement public, censé assurer un égal accès et une égalité des chances aux citoyens.

Dans le cadre de ce panel, les conférenciers seront appelés à revisiter le système éducatif national, à faire la promotion de ses bons coups, mais également, à rappeler les insuccès du système, afin de dégager les voies et moyens susceptibles de renforcer son efficacité.

3.4. Le divin, le spirituel et le séculier : Dans le panel précédent, l’éducation est abordée dans son sens premier, à savoir sa capacité à inculquer des connaissances, des valeurs, des manières d’agir au bon fonctionnement d’une société. Or, dans la culture béninoise, l’éducation est généralement entendue dans un sens plus large. Plus précisément, les valeurs inculquées à l’enfant et au citoyen en général ne relèvent pas simplement de connaissances livresques. Elles sont aussi l’héritage de notre patrimoine culturel, voire cultuel. Nos croyances, nos traditions, nos rites traditionnels conditionnent l’« être » du Béninois, son « savoir-être » et son « savoir-vivre ». Ils impactent nos interrelations, nos interactions, notre rapport avec les autres et avec nos institutions. Nos chefs traditionnels et religieux prennent part, soit formellement, soit de manière informelle aux processus décisionnels qui engagent l’avenir de notre nation. Il suffit ici de rappeler le rôle névralgique joué par Monseigneur de Souza dans l’histoire politique de notre pays pour s’en convaincre.

La question qui se pose aux panélistes dans le cadre de cet axe est toute simple : Quelle part accordée au divin, au spirituel et au séculier dans le développement économique du Bénin ?

D’autres propositions de réflexion sont les bienvenues.

Les communications s’appuieront sur un powerpoint et dureront 20 minutes. Elles seront suivies de discussions.

Modalités

Les propositions sont à envoyer impérativement avant le 30 Juin 2020 à l’adresse mail

suivante : colloqueindependancebenin60ans@yahoo.com

Elles devront comprendre :

• un titre de communication

• un résumé problématisé de 2 000 signes espace compris au format PDF

• un bio-bibliographie de 200 mots. Les participants sélectionnés par le comité scientifique seront prévenus au plus tard le 30 Juin 2020.

Un programme provisoire sera disponible à partir du 5 juillet 2020

Langues du colloque : français, anglais

Lieu du colloque : Université Abomey-Calavi, Bénin

Date du colloque : 30/31 juillet 2020

Comité d’organisation et comité scientifique

Mensan Moïse Metodjo, Docteur en histoire moderne et contemporaine, Université de Lille 3, France.

Patrick Effiboley, Maître-assistant en histoire contemporaine, Université d’Abomey-Calavi, Bénin.

Dieu-Donné Awo,  Maître-assistant, histoire économique, Université d’Abomey-Calavi, Bénin.

Hervé Agbodjan Prince, Professeur agrégé de droit public, Université de Montréal, Canada.

Comité scientifique :

Iroko Abiola Félix (PT)

– Vidégla Michel (PT)

-Alladayé Gérôme (PT)

– Anignikin C. Sylvain (PT)

-Sotindjo D. Sébastien (PT)

-Obarè Bagodo (PT)

Hervé Agbodjan Prince, (PA)

– Mètinhoué G. pierre (MC)

– Débourou Djibril (MC)

– Tossou M. Rogatien (MC)

– Houénoudé Didier (MC)

– N’dah Didier (MC)

– Tchibozo Romuald (MC)

-Adandé Joseph (MC)

– Adandé Alexis (MC)

 -Codo Bellarmin (MA)

 –Patrick Effiboley (MA)

 -Dieu-Donné Awo, (MA)

NB : En raison de la situation sanitaire mondiale, les intervenants, vivant à l’étranger, pourraient être amenés, à intervenir par skype, vidéoconférence ou d’autres canaux de communication et transmis en direct dans la salle du colloque à Calavi.Les communications retenues feront l’objet d’une publication à l’issue du colloque.

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