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Le triomphe de la vérité

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Edito: Le dilemme d’une date


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La date du 17 mai tiendra-t-elle ? La question se pose au regard de la pandémie qui sème la panique partout, sans laisser aucune certitude nulle part. La décision prise par les présidents d’institutions de maintenir les communales dans un mois, est donc frappée de cette même incertitude des lendemains. Que ferons-nous dans un mois, lorsque la multiplication du nombre de contaminés fera de cette échéance une véritable bombe ?
Car il y a des rassemblements qui ont fait l’effet de bombe en Italie, en Espagne, en France et aux Etats-Unis. Il s’agit des matchs de football, des rassemblements religieux et des festivals ayant eu lieu au moment où ces pays n’avaient que quelques cas de contagion. Ils ont servi à multiplier les cas et à distribuer le virus aux quatre vents. Les dirigeants de ces pays n’avaient pas pris la mesure des risques encourus et peu de gens prenaient au sérieux les avertissements de l’OMS. Résultats, les contagions ont explosé. Aux Etats-Unis par exemple, l’infectiologue en chef du pays, Anthony Fauci a rappelé la semaine dernière que si les avertissements lancés par les experts envers la Maison Blanche n’avaient pas été banalisés, le pays ne serait pas aujourd’hui dans l’œil du cyclone. Ne pas banaliser les avertissements revenait entre autres à interdire les grands rassemblements qui entrainent des brassages de populations et donc des contagions en masse.
Le risque est donc là au Bénin. Avec 36 cas officiellement enregistrés dont cinq guéris et un décès, on peut se targuer d’une maîtrise relative de la situation. D’autant que les mesures prises sont draconiennes, chaque fois qu’un cas positif est signalé : quarantaine obligatoire pour les proches, test et isolement, désinfection. Désormais même, le port de cache-nez rendu obligatoire permettra de réduire la propagation du mal. A titre de comparaison, même en France, le cache-nez jusqu’ici n’est rendu obligatoire que pour les personnels de santé et les malades. Et pour cause, il n’y en a pas assez pour que les personnes apparemment saines puissent en disposer. Pour ma part, je pense que ceci contribue à répandre le virus, du moment où ceux qui sont contaminés le distribuent à leurs proches, sans le savoir. L’usage du masque est de nature à freiner la propagation. Freiner seulement, car les autres gestes barrières demeurent aussi importants. A lui seul, le cache-nez est incapable d’arrêter ce virus.
A cela s’ajoute toute la campagne mise en place contre le coronavirus. C’est un battage médiatique rendu incontournable aujourd’hui. Personne n’est à l’abri, tant qu’il y a encore un seul cas dans le pays.
Dans ce contexte, tenir des élections est risqué. Si l’on peut encore réduire les regroupements de masse durant les campagnes électorales, le vote lui-même est potentiellement porteur de risques de contagion. Les matériels à utiliser en commun, les files d’attente des électeurs, le dépouillement ou même la disposition des agents électoraux dans les bureaux de vote, tout cela peut faire exploser les chiffres de contagion si des dispositions ne sont pas prises. C’est pour éviter toute incertitude que la France, l’Ethiopie, l’Ouganda et d’autres pays ont repoussé leurs calendriers électoraux. Il faut être en vie pour voter.
Faisons donc une hypothèse. Si les cas se multiplient à plus de deux ou trois cents positifs d’ici un mois, le gouvernement se verra dans l’obligation de repousser le scrutin. Ce n’est qu’une hypothèse. Car, au fond, si la banalisation des risques nous atteint, le 17 mai passera bien, et nous retomberons dans les vieilles habitudes qui feront le lit d’une contagion massive. Le coronavirus a encore ressurgi en Chine ces derniers jours, avec plus d’une centaine de cas de nouvelles contagions, alors même que le pays se fait fort d’en avoir fini avec la pandémie. Baisser la garde, relâcher la vigilance et retourner aux habitudes d’hier, seront mortels.
Je reste donc persuadé d’une chose : la date du 17 mai n’est pas coulée dans du béton. Mais en même temps, le renforcement des mesures de prévention demeure primordial. Depuis quelques jours, les adeptes du confinement ont cessé d’y voir la panacée. Ce qui compte, c’est de limiter absolument les cas venant de l’extérieur. Si nos dirigeants parviennent à remporter ce pari dans les quelques semaines qui nous séparent du 17 mai, les communales pourraient se dérouler sans grand mal.
Par Olivier ALLOCHEME

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