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Le triomphe de la vérité

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Edito: Une surenchère bête


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Faisons une hypothèse : si Paul Hounkpè acceptait effectivement l’idée du congrès avant les élections, que fera Boni Yayi ? Pense-t-il réellement que l’actuel Secrétaire exécutif national des FCBE et ses alliés accepteront de se faire exclure comme le prévoit l’ancien président ? Yayi, Azatassou et consorts se comportent comme s’ils ne se rendent pas compte que toute crise au sein du parti est une porte ouverte à sa cassure définitive, surtout à la veille d’une élection, notamment à quelques jours du dépôt des candidatures. L’ancien président n’a même pas la prérogative de convoquer à lui seul un congrès du parti, sauf à fomenter une crise qui tournera facilement en faveur du camp Hounkpè.
D’un autre côté, je ne vois pas comment Paul Hounkpè pourra s’en sortir. Dans l’hypothèse que Boni Yayi le laisse poursuivre le processus de choix des candidats jusqu’à son terme, sur quoi compte-t-il pour battre campagne et gagner au moins 10% des voix, avant de prétendre décrocher quelque siège que ce soit ? Avec les déchirements actuels, on se rend compte que les leaders FCBE n’ont pas encore intégré que le code électoral va démanteler tous les partis qui se chamaillent de la sorte, tout simplement parce que les querelles intestines vont faire fuir les bons candidats. Les candidats valables courent déjà vers les partis phares de la mouvance, pour la simple raison que le spectacle que donnent les responsables FCBE, est non seulement honteux, mais aussi décourageant. Il montre que le parti n’aura jamais l’unité et la sérénité nécessaires pour faire front face à la mouvance présidentielle. Et les acteurs politiques habitués à gagner par le passé ont tôt fait de chercher des alternatives qui leur permettraient de compter sur un parti fort à même de réunir les 10% nécessaires. Tant il est vrai que les divisions actuelles signalent que FCBE n’aura pas ce minimum vital. Personne ne veut échouer à une élection.
L’hémorragie constatée actuellement et que certains appellent transhumance, va fatalement s’accentuer quand les candidats potentiels seront convaincus que le parti ira au scrutin en rangs dispersés.
La division prend des airs de tragi-comédie, quand on sait que toute cette agitation ne mène qu’à la cassure définitive du parti. Oui, c’est clair que Boni Yayi et les barons qui le soutiennent entendent réorganiser le bureau exécutif du parti. Leur obsession de bouter dehors le camp Hounkpè, malgré l’injustice qu’une telle démarche impliquerait. Car, on n’oubliera pas que c’est Paul Hounkpè et ses alliés qui ont essuyé injures, moqueries et affronts de toutes sortes pour avoir fait le choix de sortir le parti de l’illégalité. On se rappelle toutes les épithètes employées pour les stigmatiser. C’était des traitres, des vendus, des alliés de Talon…Que n’a-t-on pas entendu ? Il y a eu un débat féroce sur le point de savoir si Boni Yayi reconnait ou pas le « faux » récépissé. Après toutes ces boules puantes qu’ils ont essuyées, si un congrès en vient à expulser ceux qui ont accepté la sale besogne au nom de la sauvegarde du groupe, il y aura une profonde plaie dont le parti se guérira difficilement. L’on comprend donc la résistance (Ah la fameuse résistance !) de Paul Hounkpè, Garba Yaya, Théophile Yarou et consorts. Ils ne veulent et ne sauraient être les moutons du sacrifice. Et comme ils sont loin d’être eux aussi des enfants de chœur, je les vois mal céder aux injonctions de l’ancien président.
Le parti n’a d’autre choix que l’entente, le compromis, s’il espère aller aux élections pour glaner quelques sièges. A défaut de ce gentlemen’ agreement, l’on constatera bientôt sa déchéance honteuse.
Ce qui est sidérant dans toute cette guéguerre, c’est que l’opposition offre l’image piteuse de son incapacité à s’organiser pour représenter une alternative. Car les adversités existent dans tous les partis. Elles vont des plus sérieuses aux plus saugrenues, et nourrissent des haines viriles. Mais le spectacle des FCBE laisse penser à un groupuscule de gens qui ne perçoivent pas vraiment les enjeux stratégiques ou tactiques de l’heure. Car si le parti ne gagne pas au moins seize élus pour ce scrutin, il peut déjà dire adieu à 2021.

Par Olivier ALLOCHEME

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