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Le triomphe de la vérité

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Après plusieurs semaines de tension et de psychose: Savè retrouve la quiétude, Dossoumou conscientise les jeunes


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23 h 30 min, ce vendredi 31 janvier 2020. Par peur d’être interpellé, par une éventuelle patrouille militaire, le chauffeur de la 4×4, 4Runner, gris cendre qui nous transportait, aborde très lentement les derniers kilomètres qui mènent à l’entrée de la ville de Savè, en partance de Cotonou. A bord du véhicule, un lourd silence envahit les deux autres occupants, dont votre serviteur. Quelques minutes, après, nous entrâmes dans la commune, regardant dans tous les sens, à la recherche du moindre homme en armes, pouvant nous stopper et opérer un contrôle rapide. Rien. Le véhicule poursuit son chemin, les occupants désormais moins stressés. Un mini char en stationnement, les quatre phares clignotant sans cesse vient d’être dépassé. Sans crainte. A la recherche du carburant, le conducteur se dirige vers une station, à plus de 4 kilomètres de l’entrée de la ville. La voie inter-Etat continuait à faire défiler les camions et autres véhicules dans les deux sens. Quelques habitants noctambules, déambulent encore dans les rues. Certains en promenade du soir. D’autres, pour assouvir un dernier besoin en ville, certainement. Des bars et buvettes aussi sont encore ouverts. Cette cafeteria, dans une rue ne se vide pas. Croisé au quartier Plateau B, ce conducteur de moto cherche ses derniers clients. « Dieu merci. Le calme est revenu. Qui pouvait oser mettre pied dehors, il y a encore quelques jours ? Le moindre attroupement de deux ou trois personnes est automatiquement dispersé par des militaires armés jusqu’aux dents » raconte-t-il, heureux de retrouver son Savè d’avant depuis peu. Afouda Roland, un étudiant de l’Uac, natif de Savè, venu en week-end est si heureux aujourd’hui de circuler tranquillement dans la ville qui l’a vu naître, il y a plus de 25 ans. « Ouf, tout revient peu à peu à la normale ici à Savè. Je n’ai plus reconnu ma chère ville, il y a quelques semaines, avec un nombre impressionnant de chars de guerre, de véhicules militaires dans tous les sens et des hommes en armes un peu partout » dit-il, même s’il approuve l’importante de ce dispositif sécuritaire face aux graves menaces qui pesaient sur la population.
A minuit et demi, ce vendredi, Savè reste toujours en mouvement, avec les derniers automobilistes, motocyclistes et piétons qui rentrent chez eux. Les militaires auparavant, très nombreux un peu partout, ont replié depuis peu à leur base, même s’ils ne désemplissent pas surplace. Leur présence a désormais un caractère dissuasif depuis l’arrestation du sieur « général Faléti » et la dispersion de sa bande. Ces jeunes qui semaient la terreur à Savè, n’y sont plus aujourd’hui, à la satisfaction générale de dame Ayatou, 52 ans, vendeuse de bouillie du soir. Elle avoue avoir vécu des moments tragiques depuis quelques mois, dans cette commune qu’elle n’a jamais quitté depuis sa naissance. « Mon Dieu, c’était terrible, l’ambiance qui régnait ici, il y a peu. A un moment donné, nous restions terrés dans nos chambres, les marchés ne s’animaient plus. Les enfants n’allaient plus à l’école. On ne comprenait rien. Dieu merci, la paix revient un peu, un peu », se réjouit-elle avec un large sourire.

De sages conseils
Ex secrétaire général du gouvernement et actuel membre du Conseil économique et social, Eugène Dossoumou, cadre natif de Savè, ne reste pas indifférent à la situation que vit sa commune. Il fit d’ailleurs, l’une des premières personnalités de la localité à lancer très récemment une initiative de médiation avec ses frères de Cotonou et ailleurs pour contribuer à faire baisser la tension. D’un rare courage, il est descendu le 12 janvier à Savè au fort de la tension, pendant que d’autres fils locaux de sa trempe hésitaient d’y aller, de peur d’être attaqués. Intervenant sur les ondes de la radio locale, Eugène Dossoumou a lancé, à cette occasion, un appel au calme à toute la population, promettant de rassembler sans délai tous les cadres de Savè résidant ailleurs autour d’une action de médiation. Ce qui n’a pas tardé à prendre corps, de par les nombreuses rencontres organisées par le comité mis sur pied avec des autorités au plus haut niveau, pour une meilleure gestion de la situation. Le résultat le plus salué est l’allègement actuel du redoutable dispositif militaire érigé, qui commençait à effrayer toute la population, créant une psychose indescriptible. Samedi dernier, notre équipe de reportage, a surpris Eugène Dossoumou,à son domicile au quartier Plateau B, en pleine séance de sensibilisation avec plusieurs jeunes. Toujours dans l’idée de les ramener à la raison. « Tout est dans la main de vous les jeunes. Vous savez vous parler. Les jeunes connaissent le langage des jeunes. Je n’ai pas été heureux de voir ma ville natale quand j’y étais récemment avec le dispositif impressionnant des militaires » a-t-il déploré, invitant les jeunes à ne pas suivre des consignes de politiciens véreux qui vont contre leur propre intérêt et contre le développement de leur commune. Il leur réitéra le ferme attachement du président Patrice Talon au développement de toutes les localités du Bénin y compris Savè. « Ce qui se passe ici, il y a des politiciens qui s’affrontent à travers les jeunes. Il ne faut pas vous laisser vous man » leur a-t-il vivement conseillé. « Il ne faut pas défier l’Etat. Il ne faut pas défier la puissance publique. Préservons nos vies » a-t-il insisté. Secrétaire exécutif permanent du parti Bloc Républicain, par ailleurs, Eugène Dossoumou n’a pas non plus manqué d’inviter ces jeunes à y adhérer abondamment, indiquant que c’est un grand parti qui promeut notamment les femmes et les jeunes, en leur réservant, par exemple 30% chacun pour les postes électifs aux prochaines communales et municipales 2020.

Christian Tchanou

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