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Arrivée prochaine de la monnaie ECO: Le Franc CFA enterré, le Bénin pionnier d’une évolution positive


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Le Président Français, Emmanuel Macron, le ministre béninois des finances, Romuald Wadagni et le président Ivoirien, Alassane Ouattara

Les doutes sont désormais levés pour la mise en œuvre en 2020 de la nouvelle monnaie ECO en remplacement du franc CFA dans l’espace Uemoa. L’accord de la fin du FCFA a été acté ce samedi 21 décembre à Abidjan, en présence des présidents français Emmanuel MACRON et ivoirien Alassane OUATTARA. En sa qualité de président en exercice de la Conférence des Ministres de l’Economie et des Finances de l’UEMOA le ministre béninois des finances Romuald Wadagni a été un acteur clé de la signature de cet accord tout comme son président, Patrice Talon, qui a été un maillon indispensable dans les échanges entre chefs d’Etat de l’espace Uemoa et la France.

Le Bénin aura été un pionnier de cette évolution positive de l’avènement de la nouvelle monnaie qu’est l’ECO. Cela est d’autant plus évident qu’il suffit de relire l’entretien du président Patrice TALON, accordé à France 24 et RFI le 8 novembre dernier. L’homme du 06 avril 2016 avait déjà annoncé qu’un accord interviendrait sous peu et que les Etats africains concernés seraient libres de la gestion de leurs réserves de change. Ce qui en fait n’était pas le fruit d’un hasard, lorsqu’on sait que le ministre de l’économie et des finances du Bénin, Romuald Wadagni soit le président en exercice de la Conférence des Ministres de l’Economie et des Finances de l’UEMOA. Ce dernier qui, sans aucun doute a grandement contribué à cet aboutissement heureux qui est salué de tous les pays de l’Uemoa.

Des principaux changements du CFA à l’ECO

Trois changements majeurs sont actés samedi dernier à Abidjan: le changement du nom de la monnaie de l’UEMOA, qui deviendra l’« ECO »; la fin de la centralisation des réserves de change de la BCEAO au Trésor français ; le retrait de la France des instances de gouvernance dans lesquelles elle était présente. Avec cette évolution, le rôle de la France dans le processus est transformé en celui de garant financier.La réforme ne remet pas en cause la parité fixe avec l’euro et la garantie de la France. L’adoption de la nouvelle monnaie unique par tous les pays de la CEDEAO pourra amener le moment venu d’autres évolutions. Dans la phase actuelle, les paramètres fondamentaux que sont la fixité du régime de change et la garantie sont maintenus. Ils représentent des éléments clefs de la stabilité macroéconomique et monétaire de la zone UEMOA. Il est important de rappeler que la réforme actée est le fruit de la volonté de l’ensemble des États de l’UEMOA et traduit la confiance supplémentaire de chaque partenaire l’un envers l’autre. Elle est aussi une étape préalable pour s’inscrire dans la feuille de route du projet de monnaie unique de la CEDEAO. Elle s’inscrit dans la dynamique d’émergence déjà bien établie depuis plusieurs années au sein de l’Union. Elle sera à cet effet immédiat après la signature de deux documents : un nouvel accord de coopération monétaire, qui remplace l’accord actuel qui avait été signé en 1973, et une nouvelle convention de garantie.

De la garantie à l’avenir et de l’ouverture de l’ECO à la CEDEAO

Alors qu’elle est actuellement obligée de centraliser auprès du Trésor français 50% du montant de ses réserves, tout en disposant en retour et à tout moment de la même valeur mais en franc CFA, la BCEAO n’aura à l’avenir plus d’obligation particulière concernant le placement de ses réserves de change. Elle sera libre de placer ses avoirs dans les actifs de son choix, en fonction des rémunérations proposées par les différents actifs. Ainsi, la garantie apportée par la France fonctionnera sur le même principe qu’actuellement : si la BCEAO fait face à un manque de disponibilités pour couvrir ses engagements en devises, elle pourra se procurer les euros nécessaires auprès de la France. Une situation qui ne s’est présentée en plus de 60 années d’existence, que deux fois dans les années 80.
Il faudrait se rappeler également que la réforme des relations de coopération monétaire entre l’UEMOA et la France s’inscrit dans le contexte de la création d’une monnaie unique à l’échelle de la CEDEAO, dont certains paramètres ont été définis par les chefs d’État de la CEDEAO en juin 2019, et qui permettra d’accroître l’intégration régionale des pays d’Afrique de l’Ouest. La mise en œuvre de ce projet pourrait débuter dès 2020, comme l’ont annoncé les autorités de la région. Pour autant, de nombreuses étapes restent encore à franchir et le respect des critères de convergence par chacun des États membres sera déterminant. C’est notamment pour s’inscrire dans ce processus et pour se préparer aux échéances à venir que les autorités de l’UEMOA ont souhaité refondre les modalités de leur coopération monétaire avec la France. Les autorités de la CEDEAO ont annoncé en juin 2019 avoir retenu le nom « ECO » pour leur future monnaie. C’est donc en toute logique que les autorités de l’UEMOA ont décidé de transformer le nom de leur monnaie, du « Franc CFA » en « ECO ».
Pour mémoire, les accords de coopération monétaire entre l’UEMOA et la France prévoyaient jusqu’ici d’une part la centralisation d’une partie des réserves de change de la BCEAO sur un compte d’opérations, ouvert dans les écritures du Trésor français, d’autre part la présence de la France dans un certain nombre d’instances de gouvernance. Ces deux aspects vont disparaître. La centralisation en France d’une partie des réserves de change sera supprimée dans le cadre de la réforme. La France ne nommera plus aucun représentant dans les instances de l’Union où elle était présente : le Conseil d’administration et le Comité de politique monétaire de la BCEAO, ainsi que la Commission bancaire de l’UMOA.

Yannick SOMALON

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