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Le triomphe de la vérité

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L’Honorable Sèdami Médégan Fagla, INVITÉE DE « SOUS L’ARBRE À PALABRES » AU SIEGE DE L’EVENEMENT PRECIS: « Nous sommes conscients du devoir que nous avons »


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Dr Sèdami Romarique Mèdegan Fagla, députée Union Progressiste

Sur l’émission « Sous l’arbre à palabres » du quotidien L’Evénement Précis, les invités de marque se succèdent. Ne voulant pas se faire compter l’histoire, l’Honorable Sèdami Médégan Fagla, seule femme élue directement députée du parti Union Progressiste, a été reçue dans les locaux du journal, le mardi 16 juillet 2019. A bâton rompu, l’élue de la 15è circonscription électorale a opiné sur les sujets brûlants de l’actualité sociopolitique à commencer par le dialogue politique amorcé depuis le 15 juillet dernier. Pour elle, cette initiative du Chef de l’Etat Patrice Talon est salutaire et mérite d’être accompagnée par l’ensemble de la classe politique, en vue de trouver une solution durable à la crise. Se prêtant aux questions des journalistes, l’invitée de « Sous l’arbre à palabres » a abordé plusieurs autres sujets d’intérêt dont entre autres, la tournée parlementaire internationale à laquelle elle a pris part aux côtés du Président Louis Vlavonou, la représentativité de la gente féminine au parlement, les défis de la 8è législature, ainsi que ses ambitions personnelles pour cette législature. Elle n’a pas manqué d’apprécier les réformes du Président Patrice Talon, tout en souhaitant beaucoup plus de communications sur ses actions qui, à en croire ses propos, permettent au Bénin d’amorcer son développement.

Et si on en parlait

Le Chef de l’Etat a rencontré la semaine dernière les partis politiques qui n’avaient pas reçu leur certificat de conformité. Après, certains ont estimé qu’ils sont satisfaits tandis que d’autres, non. Comment trouvez-vous cette initiative du Président Patrice Talon ?
C’est une très bonne initiative et je remercie le Chef de l’Etat qui, une fois encore a démontré, qu’il est un bon père de famille. C’est un homme qui tient parole parce qu’il a initié cette rencontre de concertation conformément à ce qu’il avait dit dans son discours du 20 mai dernier. De ce qui est ressorti, le Chef de l’Etat a demandé au ministre de l’intérieur d’assister les formatons politiques qui ont engagé les démarches nécessaires pour se constituer en parti politique dans notre pays. Il a demandé au ministre de les aider à aller au bout du processus. C’est le préalable à un dialogue qui inclurait tout le monde. Il faut que toutes les forces politiques, le peuple béninois tout entier que ce soit de l’opposition ou de la mouvance, s’asseyent autour de la table pour échanger. Mais pour que ces partis puissent participer au dialogue, il faut que leurs dossiers de déclaration administrative de constitution de partis politiques ne souffrent d’aucune insuffisance, surtout en ce qui concerne la personnalité juridique nécessaire pour que ces formations politiques puissent jouir de statut de partis politiques régulièrement constitués. C’est pour cela que le Chef de l’Etat a instruit le ministre de l’intérieur afin qu’il les assiste et les accompagne dans le processus de finalisation de leur statut juridique. Je voudrais encourager toute la classe politique à s’impliquer dans le débat. Que ce soit nous acteurs de la mouvance, que ce soit de l’opposition ou ceux qui pour l’instant n’ont pas souhaité participer au débat, je voudrais exhorter tout le monde à s’asseoir autour de la table, mettre nos querelles et nos différents de cotés pour pouvoir trouver de solution à nos problèmes politiques.

Ça fait pratiquement deux mois que vous êtes au parlement, deux mois que vous travaillez avec vos autres collègues. Comment se passe la collaboration avec les députés issus du Bloc Républicain puisque pour vous, il s’agit d’une nouvelle expérience ?
La collaboration se passe très bien. Le peuple béninois ne nous a pas envoyés au parlement pour qu’on entretienne une certaine animosité ou pour des querelles. Le peuple béninois nous a envoyés pour qu’on entretienne de bonnes relations afin de trouver des solutions à ses problèmes. A partir de ce moment, nous sommes tenus de travailler dans une ambiance de collaboration et de convivialité. Vous devez remarquer que, que ce soit dans la composition du bureau de l’Assemblée Nationale ou dans les commissions que nous avons mises en place, ou encore des délégations composées pour les missions, il y a autant de progressistes que de républicains.

Oui mais cette collaboration pacifique tranche avec ce qui s’est passé lors de la 7ème législature où il y avait parfois des prises de bec. Est-ce que ce n’est pas le signe d‘une législature soumise ?
Absolument pas. Vous savez, la question qu’il faut plutôt se poser est : que fait-on une fois au parlement ? On va au parlement pour trouver des solutions aux problèmes de nos concitoyens. Est-ce que cela nous oblige à passer par la bagarre ? Et il faut aussi se poser certaines questions. Pourquoi sous la 7ème législature, il y avait tant de tensions ? C’est plutôt la question qu’il faut se poser. Etant donné que les composantes de la 7ème législature sont totalement différentes de celles de la 8ème législature, nous ne pouvons pas afficher forcément la même démarche ou le même comportement. C’est surtout ça. Nous sommes conscients du devoir que nous avons et vu cette période difficile que nous avons traversée, que le peuple béninois a traversée, c’est un devoir pour nous d’afficher la paix et de travailler dans un climat apaisé. Nous n’avons aucun intérêt à montrer au peuple béninois un visage divisé. C’est un devoir pour nous de travailler dans le consensus, la main dans la main. Vous savez, les querelles ne manquent pas mais si ça arrive, ça ne nous empêchera pas de discuter, d’échanger en personnes bien élevées. Donc, la caractéristique d’une législature, n’est pas la bagarre mais c’est de pouvoir avoir assez de maturité pour s’asseoir, pour échanger, pour négocier. Nous sommes en politique et toute négociation politique peut se faire dans de très bonnes conditions.

Le parlement en général est pauvre en femme et l’Union Progressiste de même. Pourquoi l’UP n’avait-t-elle pas positionné beaucoup de femmes pouvant leur permettre d’aller siéger à l’Assemblée comme vous ?
L’Union Progressiste a fait confiance à un certain nombre de femmes sur les listes de candidatures. Vous savez, une élection est une compétition et comme dans toutes compétitions, lorsqu’on a des challengers en face, il est normal de ne pas atteindre 100% de ses objectifs. L’Union Progressiste a soumis une liste de 83 députés, c’est-à-dire 83 candidats à ses concitoyens. Ces derniers en ont désigné 46. Malheureusement, les autres camarades et les autres collègues qui se sont battues vaillamment comme des amazones, sont restées sur la berge. Ce sont des choses qui arrivent, c’est le propre de toute compétition et je crois que la prochaine fois, nous ferons mieux.

Maintenant que vous êtes élue, quelles actions comptez-vous mener pour le compte de la législature en cours pour améliorer la représentativité des femmes au Parlement ?
Il y a déjà des actions qui sont initiées par nos prédécesseurs, nous allons les poursuivre, les améliorer et voir comment ça va prendre. Je soutiendrai toutes les initiatives qui seront prises dans ce sens ou qui auront besoin de moi pour surtout améliorer la représentation des femmes, pas seulement au sein de notre parlement mais au sein de toutes les instances électives du Bénin. Au sein du parti UP, nous sommes en train d’installer nos organes, nous avons des statuts, nous avons des textes et un article de ces textes stipule qu’il faut un minimum de 30% de femmes dans les organes qui seraient mis en place. Un travail est fait dans ce sens et comme je l’ai dit tantôt, je soutiendrai toutes les initiatives qui permettront d’améliorer la présence des femmes dans les instances électives.

Y compris révision de la constitution dans ce sens ?
A ma connaissance,aucun projet, ni aucune proposition de révision de la constitution n’ont existé depuis l’installation de la 8è législature jusqu’au moment où nous échangeons.

Si ça arrivait éventuellement pour contribuer à la promotion des femmes par exemple ?
Vous savez, la politique est dynamique et je ne peux pas rester ici aujourd’hui et vous dire ce qui se passera demain. Ça dépendra d’un certain nombre de facteurs mais aujourd’hui, cette question n’est pas à l’ordre du jour. La révision de la constitution pour quelque question que ce soit, n’est pas à l’ordre du jour et je ne peux pas opiner sur ce qui n’existe pas.

Qu’est ce qui justifie la victoire de l’Union Progressiste dans la 15ème circonscription électorale ?
Ce que j’ai envie de vous dire, c’est que le projet de législature de l’Union Progressiste a convaincu la majorité des électeurs. La deuxième chose c’est que l’Union Progressiste n’a pas attendu le moment des élections pour se préoccuper des problèmes des populations. Dès sa création, les militants de l’UP dont je fais partie ont été en contact avec les populations, ont recueilli leurs besoins et on peut simplement dire que la population béninoise a eu confiance en nous. Et donc, celles de ma circonscription ont eu confiance en moi et aux promesses ou aux réformes que nous leur avons promises. Ce qui est certain, c’est que depuis mon élection, je me bats pour tenir ces promesses.

Vous siégez actuellement au parlement de la CEDEAO et en même temps au Parlement panafricain. N’est-ce pas trop d’occupations pour vous ?
Je n’ai jamais trop d’occupations surtout quand il s’agit de mon engagement politique. Je suis quelqu’un qui adore travailler, qui travaille énormément depuis toujours et je n’ai jamais trop d’occupations quand je suis passionnée par ce que je fais. Représenter le peuple béninois, la population et les concitoyens, porter leur voix ne sera jamais vu comme une charge trop lourde à porter pour moi. Je ne verrai cela jamais comme trop de travail ou trop de responsabilités. Je ne sens d’ailleurs pas le temps passer, je ne vois pas les heures passer. Tout ce que je peux demander, c’est que le seigneur m’accorde la santé. C’est surtout ça.

Malgré ça, vous n’avez pas postulé pour un poste dans le bureau de l’Assemblée. On ne vous a pas vue dans la bataille du perchoir. Pourquoi ?
A l’Assemblée Nationale, nous sommes 83 députés. Les 83 pourraient postuler pour être membres du bureau n’est-ce pas ? Mais, il n’y a que 7 postes dans le bureau et chaque poste est unique. Si vous analysez bien l’élection des membres du bureau de l’Assemblée, vous allez remarquer qu’il y a eu un seul candidat par poste. Ce qui veut dire qu’avant les candidatures, il y a eu des négociations, il y a eu des échanges politiques et c’est ça un parlement. Donc, les hommes et les femmes qui ont été élus au sein du bureau aujourd’hui sont à mon sens la meilleure représentation qu’on aurait pu attendre de cette 8ème législature. Ce sont des hommes et des femmes de grandes compétences et la seule chose que je peux faire, c’est de ne ménager aucun effort pour les aider dans leur mission.

Premier rapporteur de la Commission de l’Education, de la Culture, de l’Emploi et des Affaires sociales, qu’est-ce qui vous a poussé à choisir de travailler avec cette Commission et non une autre ?
Lorsque le peuple vous envoie au parlement, ce n’est pas pour être dans une commission et laisser une autre. Vous devez être capable de travailler dans toutes les commissions, de mener tous les débats possibles, quelle que soit leur nature. J’aurais pu être à la commission des lois ou à la commission des finances. Quand vous regardez l’élection des membres de ces commissions, vous allez noter que c’est le fruit de négociations politiques. Je suis très bien là où je suis. Que ce soit à la commission des finances, de l’éducation ou autre, je travaillerai avec la même énergie.

Pour vous qui avez la chance de venir au parlement, honorable, quelles sont vos ambitions personnelles pour cette législature et vos prochains défis ?

J’ai en particulier une seule ambition personnelle. C’est que cette législature puisse répondre aux besoins de la population et atteindre les objectifs fixés par la population. Il faut que cette législature soit capable de traduire les désidératas du peuple béninois en espoir, et qu’elle puisse améliorer ses conditions de vie.

Si cette ambition pouvait se réaliser d’un coup de baguette magique, quel pourrait être l’apport du gouvernement ?
Nous nous sommes installés depuis environ deux mois. Si au début, le fonctionnement a flotté, je puis vous assurer que depuis un certain temps, les membres du gouvernement sont présents que ce soit en plénière ou pendant les travaux en commission. Aujourd’hui, les relations entre l’exécutif et le législatif sont bonnes. Lorsque les ministres viennent réfléchir en commission, ils apportent des justifications et quand il y a des questions auxquelles ils n’ont pas pu répondre, ils nous envoient les réponses une fois chez eux. En plénière, ils répondent à toutes les questions qui leur sont posées. Depuis un certain temps, je peux vous dire que ça se passe très bien. Même quand un ministre est hors du territoire national, il se fait représenter par celui qui assure son intérim. Je dirai que les choses se passent bien.

Quel a été votre mérite pour être élue dans la 15ème circonscription électorale ?
Je n’ai pas plus de mérite que les autres candidats. Les 83 candidats positionnés sur la liste de l’Union Progressiste ont travaillé avec beaucoup d’énergie. Que ce soient les titulaires ou les suppléants, tout le monde a travaillé vaillamment. Nous avons des challengers et ils n’étaient pas là pour nous regarder prendre les 83 places. Je pense que dans la 15ème circonscription, j’ai eu la chance de bénéficier de la confiance de mes concitoyens.

Vous avez été élue dans des circonstances où le sang a coulé. Nous avons eu beaucoup de blessés et des pertes en vies humaines. Quel sentiment vous anime devant tous ces événements ?
C’est de voir tout ceci derrière nous. Je crois qu’aucun Béninois n’a envie de revivre ça. Il faut arrêter de ressasser cela. C’est du passé. Nous devons nous asseoir et trouver des solutions à nos problèmes. Que le Seigneur nous assiste.

Certains Béninois réclament la reprise de ces élections. Que leur répondez-vous ?
Cette question n’est plus à l’ordre du jour. Vous avez tous eu le rapport du conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO et le communiqué du dernier sommet de l’UEMOA sur les dernières législatives. La communauté internationale reconnait qu’elles se sont bien passées. Il faut aussi faire la distinction entre ces concitoyens. Le problème qui s’est posé n’est pas au niveau des élections mais des réformes qui ont laissé certains partis politiques de côté. Et ce sont les leaders de ces partis qui se sentent mal. Leur désir est de faire annuler ces élections mais aujourd’hui, je ne pense pas qu’un personnage politique puisse encore vouloir qu’on annule ces élections

Donc il n’est pas question pour vous de parler de l’illégitimité de votre législature
La seule composante de la société qui puisse parler de l’illégitimité de notre parlement, c’est le peuple béninois. A partir du moment où les concitoyens sont sortis pour mettre leur bulletin dans les urnes, pour désigner leurs représentants à l’Assemblée nationale, on ne peut plus parler d’illégitimité. Nous sommes en démocratie et il y a la liberté d’expression. Ceux qui ont vu leurs intérêts mis à mal peuvent toujours réclamer des choses impossibles. Ils ont le droit de le faire mais, cela n’est conforme à la réalité.

Mais il est dit que le peuple a boycotté les élections et que les isoloirs étaient vides.
Lorsqu’on me parle d’isoloir vide, vous me renvoyez à la question du taux de participation de 27% enregistré à ces élections. Nous connaissons très bien comment les 27% ont été obtenus. On sait l’ambiance qui a été entretenue, les menaces subies par nos concitoyens.

Vos militants ont-ils été menacés de mort dans votre circonscription ?
On a interdit aux électeurs d’aller voter. On leur a fait croire qu’il se passerait des choses et qu’il y aurait des tirs. Personne n’a envie de mettre sa vie en danger. Les militants ont été menacés et encore une fois, je félicite ceux qui ont eu le courage de braver cette ambiance pour aller voter. Je félicite également ceux qui sont restés chez eux. Mais ce jour-là, il fallait prendre une grande décision. Ces faits sont du passé et personne n’a envie de revenir là-dessus.

Lors de son investiture, le président de l’Assemblée a élaboré ses priorités. Parlez-nous-en.
L’une des priorités du président de l’Assemblée nationale, c’est de travailler pour le dialogue, d’appeler les fils et filles du pays autour d’une table de dialogue. C’est son défi et nous qui sommes ses collègues l’aiderons à l’atteindre.

Pour vous qui avez le privilège de faire partie de la première mission de la législature au côté du président, comment vous vous êtes sentie dans cette première mission de parlementaire à l’extérieur?
Lorsque vous êtes parlementaire et que vous sortez de votre pays pour aller le représenter à l’extérieur, c’est un devoir, c’est votre devoir dans tout son sens en fait. Vous êtes sensé porter la voix de votre peuple plus loin que vos frontières. C’est avec beaucoup d’honneur que j’ai participé à cette mission-là. Les retombées sont énormes pour le Bénin. Nous avons été à Moscou où nous avons participé au forum Russie-Afrique. La Russie a manifesté le désir de redynamiser et d’améliorer ses relations parlementaires avec le Bénin. A l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, vous avez vu, le Bénin a pu décrocher deux postes et pas des moindres. Le premier poste est celui de Chargé de mission du Président de l’APF, le deuxième poste est celui du Vice-président de la Commission des Affaires parlementaires. Ce sont de très grands postes. Donc, on peut valablement dire que ce sont des missions qui se sont très bien passées et je suis honorée d’avoir participé à ces missions-là.

Comment appréciez-vous les décisions qui ont été prises au cours de ces trois dernières années de gouvernance ?
Le chef de l’Etat Patrice Talon, gouverne avec méthode, travaille avec méthode. C’est son style. C’est un gouvernement qui prend le temps de réfléchir avant de poser des actes. Et nous assistons à cela. Ce qui est bien dans cela, c’est que sur le plan des indicateurs de développement, notre pays fait partie des pays qui ont le vent en poupe. A l’extérieur lorsqu’on veut juger un pays, on prend un certain nombre d’indicateurs comme la croissance économique, et autres. Sur ces paramètres-là, le Bénin fait partie des pays phares de la sous-région. Ce qui nous manque c’est la perception par le peuple béninois de cette amélioration de nos indicateurs. Et cela c’est l’étape qui va arriver.

Honorable, jusqu’à quand le peuple béninois va-t-il continuer à serrer les ceintures ?
Le chef de l’Etat a parlé de serrer les ceintures, je crois en 2016. Depuis ce temps, je suis quand même persuadée que les ceintures se desserrent. Elles se desserrent, pour ceux qui ont toujours l’habitude de prendre leur salaire. Elles se desserrent pour ceux qui n’avaient pas l’habitude de vivre de petites arnaques, qui ne vivaient pas de la corruption. Je pense que pour ceux-là, ceux qui ont toujours vécu honnêtement, la ceinture n’a jamais été vraiment trop serrée. Par contre pour la catégorie que je viens de citer, ceux qui avaient l’habitude de vivre sur notre dos, parce que lorsqu’on détourne l’argent public, c’est sur notre dos qu’on vit, pour ceux qui avaient l’habitude de vivre comme cela, je suis persuadée qu’il faudra encore un peu de temps pour s’adapter.

Pour vous qui appartenez à la mouvance présidentielle, pensez-vous que le peuple est satisfait de la gouvernance du président Talon ?
Lorsqu’on parle du peuple, il faut catégoriser parce que nous sommes tous des citoyens béninois. Et je suis persuadée que la majorité est satisfaite de la gouvernance du président Talon. La majorité, il faut parfois écouter les zémidjans lorsqu’ils vous parlent de la lutte que le chef de l’Etat mène contre la corruption. Il faut écouter mes parents qui sont contents d’inscrire leurs enfants et avoir une fin d’année scolaire sans perdre un jour de cours. Il faut voir les parents dont les enfants ont réussi à leur examen scolaire. La majorité est contente et satisfaite. Maintenant forcement il y a une partie minoritaire du peuple qui, du fait que ses intérêts personnels soient mis à mal, ne sera jamais satisfaite.

Pour vous qui êtes dans le peuple tous les jours, qu’est-ce qu’ils viennent vous dire souvent sur le chef de l’Etat et sur sa gouvernance ?
Ils l’encouragent.

Vraiment ?
Ils l’encouragent. Contrairement à ce que vous pouvez croire, les femmes encouragent le chef de l’Etat. Je pense que beaucoup de gens aiment parler au nom du peuple, mais expriment plutôt leur propre envie de ce qu’ils aimeraient que le peuple dise. Il est bien vrai que la ménagère vous dira qu’elle a plus de difficultés. Et la bonne femme vous dira que lorsqu’elle va au marché, il y a de la mévente. Mais à côté de cela, elle vous dira que son enfanta à manger à midi à l’école. Elle vous dira « on comprend ce que le monsieur fait. Avant, cela n’allait pas, il y avait ci, il y avait ça. » Et elle vous dira qu’on attend de ressentir tout ce qu’il fait. C’est surtout cela. Donc comme je l’ai dit, la prochaine étape en fait, c’est l’amélioration de la perception que nos concitoyens auront du dynamisme que le gouvernement fait.

S’il vous était donné de parler au Président Patrice Talon, que lui diriez-vous pour améliorer sa gouvernance et réussir son mandat ?

Pour améliorer la gouvernance, je lui dirai force et persévérance. La gouvernance, elle est déjà bonne mais reste une œuvre humaine. Il faut juste évaluer de temps à autres ce que l’on fait et ajuster.

Auriez-vous souhaité que Talon soit candidat en 2021 pour un 2ème mandat ?

Nous n’en sommes pas encore là. D’ici 2021, il peut se passer beaucoup de choses. Ne me demandez pas de regarder une boule de cristal et de vous dire ce qui se passera.

S’il vous était donné de conclure cet entretien, que diriez-vous ?
Je suis passionnée par mon pays, le Bénin et tout ce qui touche à son progrès. C’est avec un plaisir immense que je porte la voix du peuple béninois et c’est avec beaucoup de gravité que je mesure les attentes de ce peuple. Je rêve et je travaillerai sans relâche pour qu’on puisse améliorer les conditions de vie de mon peuple.

Carte d’identité: Une femme sûre d’elle-même

Sèdami Romarique Mèdégan Fagla naît le 10 décembre 1978 à Cotonou, fille du Docteur Jérôme Koffi Mèdégan Fagla et du Docteur Valentine Kiki épouse Mèdégan Fagla. Issue d’une fratrie de quatre enfants, elle admet que son père est un peu à l’origine de son engagement dans la vie publique. Ce père, chercheur de renommée internationale, inventeur d’une solution dénommée VK 500 contre la drépanocytose, lui a surtout donné de l’amour, un amour qu’elle ressent aujourd’hui comme un cadeau en or. « Lorsque j’ai commencé par prendre conscience des difficultés que les filles et les femmes rencontrent dans certaines régions de mon pays, je me suis rendue compte que j’avais été élevée de façon exceptionnelle », confie-t-elle. « Mon papa m’a donnée tellement d’amour qu’un jour une dame avec qui je discutais m’a dit « vous souffrez de trop-plein d’amour, vous en avez trop reçu »…Il m’a tout apporté, la confiance en moi, il m’a toujours dit que je pouvais tout faire. » De ses propres aveux, il lui a appris à prendre des initiatives, sans craindre un quelconque échec. « On m’a toujours dit d’y aller, quel que soit le sujet, on m’a toujours dit de participer à tout », dit-elle. A l’école, elle fait surtout le système éducatif français en ayant fréquenté l’Ecole Montaigne où elle obtient tous ses diplômes du primaire et du secondaire. Après un bac scientifique décroché en 1997, la future députée part pour la France. C’est à l’université de Paris-Sud XI, (Orsay) qu’elle décroche en 2005 un doctorat en chimie organique, non sans avoir fait un autre Master à Paris-Dauphine en Management de la Technologie et de l’Innovation pour apprendre à gérer les projets technologiques. Dans la vie active, elle a été pendant quatre ans consultante pour la délégation générale à l’armement en France. C’est là qu’elle découvre que dans ce pays, les institutions prévoient des solutions à presque tous les scénaris, toutes les crises et toutes les catastrophes qui peuvent survenir à horizon 20 ans. Elle rentre au Bénin en 2012 où elle enseigne la chimie organique comme assistante au Centre universitaire de Porto-Novo, dans la filière Médecine. Reversée plus tard à la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) puis à la Faculté des Sciences et Techniques (FAST) de l’Université d’Abomey-Calavi, Sèdami Mèdégan Fagla y poursuit sa carrière universitaire. Quand on lui demande comment elle parvient à marier la politique à la carrière universitaire, elle affirme : « Vous savez, je suis une boulimique du travail. C’est vrai que je ne dors pas beaucoup, ma passion c’est le travail, donc je concilie les deux. » La politique, elle y est entrée après l’expérience des dix ans du régime défunt. Cette expérience lui a montré que ce serait irresponsable de ne pas participer à la vie politique « parce qu’il est trop facile de rester à l’extérieur et de critiquer », dit-elle.

Intimité: Passionnée des sports de combat
Mariée et mère d’un garçon de huit ans, Sèdami Mèdégan Fagla est passionnée par les mets de son pays. La pâte de maïs aux légumes épicées (man tindjan) constitue son repas préféré auquel elle ajoute presque toujours du Atassi (du riz sauté aux haricots). En matière de boisson, elle ne boit presque jamais que l’eau simple et préfère les sports de combat. A l’âge de dix ans, elle a en effet été initiée au karaté avant de se consacrer réellement à la boxe qu’elle pratique aujourd’hui avec assiduité. Et pour se soigner, elle et sa famille préfèrent de loin les plantes médicinales traditionnelles qui préservent la santé beaucoup mieux que les médicaments modernes, selon elle. Si vous souhaitez être son ami, il faudra aimer la sincérité et l’honnêteté. « Parce que c’est de la sincérité que nait la confiance qui est socle de toute bonne relation », dit-elle.

La Rédaction

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