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Le triomphe de la vérité

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Combat politique sous la rupture: Des leaders de l’opposition en réelles difficultés contre Talon


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Boni Yayi, ancien président de la République du Bénin

Ils sont en exil, les uns. Malades, les autres. Ou encore poursuivis par la justice dans diverses affaires. Qu’ils s’appellent Boni Yayi, Sébastien Ajavon, Nicéphore Dieudonné Soglo, Candide Azannaï et autres, ces leaders de l’opposition contre le pouvoir Talon se heurtent de plus en plus à des difficultés majeures.

Boni Yayi a de sérieux soucis de santé en ce moment, selon ses proches. Il devra incessamment subir une intervention chirurgicale à Paris où il séjourne depuis peu, à la suite de la levée de la barrière policière autour de son domicile à Cotonou. L’ex chef d’Etat, désormais farouche opposant à son successeur Patrice Talon, aura également à répondre à la justice de son pays. D’un jour à l’autre. Et ceci, dans le cadre de l’instruction judiciaire ouverte, aux lendemains des récentes violences électorales. Il y a les cas des 1er et 02 mai, mais il y a également plus grave avec les affrontements armés mortels survenus entre chasseurs et militaires à Tchaourou, sa ville natale et à Savè. Yayi serait fortement soupçonné d’être l’un des principaux commanditaires, même s’il va falloir en apporter les preuves palpables. Ses avocats affûtent déjà leurs armes dans la perspective d’un procès historique et immanquable avec un accusé de taille au prétoire. Leader incontesté de l’opposition et homme fort du parti Force Cauris pour un Bénin Emergent (Fcbe), la non participation de ses candidats aux dernières législatives, parce que frappées à tort ou à raison par les nouvelles lois électorales, avait déjà suffisamment dégradé le moral de Boni Yayi, avant que les derniers évènements ne viennent l’assommer. Ne parlons plus de la saignée qu’a connue, Fcbe, alors alliance politique, avec le départ massif de presque tous ses ténors vers Talon, dès les premiers mois de son mandat. C’est donc un Boni Yayi suffisamment affaibli qui subsiste aujourd’hui pour tenir l’opposition béninoise en l’état.
Il n’en est pas moins pour l’autre leader et bailleur de fonds des opposants, Sébastien Ajavon exilé depuis plusieurs mois en France. La distance et l’isolement avec ses partisans sur le terrain politique constituent des facteurs nuisibles à l’émergence d’une « opposition forte et solide contre Talon » qu’il nourrissait tant, depuis que ces deux alliés politiques de la présidentielle 2016, ont rompu les amarres.
L’autre ex chef de l’Etat, Nicéphore Dieudonné Soglo semble s’afficher comme le plus imperturbable pour le moment. Mais tout laisse croire qu’il n’est pas aussi craint par le pouvoir Talon que Yayi et Ajavon, pour n’avoir presque plus de troupe à trainer depuis la débâcle orchestrée au sein de son parti, la Renaissance du Bénin. L’éjection de son fils de la tête de la municipalité de Cotonou était déjà le plus gros coup politique mené par le pouvoir Talon, quand bien même des faits de mauvaise gestion des ressources financières publique lui seraient collés au cou. La déstabilisation de la « grande Rb » des temps anciens a atteint son point culminant avec le départ en chaine de Lehady Soglo, de la mairie de Cotonou, de la tête du parti et du territoire Béninois.
Le cas Komi Koutché, ex ministre des finances sous Boni Yayi peut être aussi évoqué, même s’il n’en est véritablement pas un. Ce jeune économiste, originaire de Bantè dans les Collines, se faisait déjà très rare au pays, depuis l’avènement de Talon à la magistrature suprême en 2016, au prétexte qu’il poursuivrait une formation supérieure aux Etats-Unis. Mais il ne manquait pas de se faire parler de lui, animant une opposition virtuelle depuis l’extérieur, jusqu’à cette fameuse arrestation, courant décembre 2018, en Espagne, par la police locale qui mettait en exécution un mandat d’arrêt international émis par le gouvernement Talon pour qu’il vienne répondre des faits de mauvaise gestion, à la tête du Fonds nation de microfinance qu’il avait dirigé. Maintenu en détention provisoire pendant quelques semaines, la justice espagnole a fini par libérer Komi Koutché et s’est opposée à son extradition pour des questions de concordance des accords en la matière entre les deux pays. Mais il ne pourra pas non plus de son chef prendre la décision de rentrer au Bénin, parce que la justice béninoise l’attend toujours. S’il trouve encore quelque force pour continuer à critiquer le régime Talon, Komi Koutché sait pertinemment qu’il est en difficulté aujourd’hui et ne pourra réellement faire le combat tel que le souhaiteraient ses pairs.
Il y a enfin, Candide Azannai, cas atypique dans la nouvelle race des opposants béninois. Jadis soutien ardent de Talon, il s’est brusqument retourné contre lui, sans en avoir produit les effets escomptés au sein d’une opinion publique perplexe. Ses incessantes conférences de presse, où les citations philosophiques tiennent la vedette aux vaines actions de terrain qu’il annonce tant, commencent par devenir banales, au point de ne plus susciter l’attention du clan Talon. Le leader solitaire du parti Restaurer l’Espoir ne s’en émeut pourtant guère. Il a certainement des raisons à poursuivre sa distinctive lutte d’opposant que le grand monde ignore. Cela ne déplaira jamais à son homme de main, l’intrépide Guy Mitokpè, jeune ex député à la 7ème législative, qui avec lui, forme un duo solide de combattants politiques que de nombreux jeunes oisifs de Cotonou continuent d’acclamer.

Christian TCHANOU

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