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Le triomphe de la vérité

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Edito: Se conformer ou périr


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C’est une pierre que le ministre de l’Intérieur a jetée dans le jardin des partis politiques. Presque tous ont reçu des messages attirant leur attention sur les failles de leurs dossiers de mise en conformité. Un parti comme le Prd a méthodiquement travaillé sur ses dossiers, pièce par pièce, afin de ne se voir reprocher quoi que ce soit. Et il a eu raison puisque finalement, les pièces présentées ont été validées. Le parti de maitre Adrien Houngbédji ira aux élections sans problème.
Il n’en est pas de même pour l’Udbn, la Dud, les Fcbe, ou encore Restaurer l’espoir. Quand je regarde la procédure qui est imposée à l’Usl par exemple, il lui faudra pratiquement se saborder pour renaître sous forme d’un nouveau parti avant de prétendre aller aux élections d’avril prochain. Mais, juridiquement, le parti pourra encore se faire entendre au niveau de la Cour suprême en brandissant le casier judiciaire vierge de son président d’honneur, Sébastien Ajavon. La loi impose la procédure d’urgence pour ce genre de cas, ce qui laisse une lueur d’espoir à ce parti, s’il choisit la voie légale. Il n’en est pas de même pour Restaurer l’espoir dont le leitmotiv martelé à travers sa réponse au ministère de l’Intérieur, semble être de raisonner cette instance, tout en appelant ses militants à la rue dès demain. C’est la logique de l’affrontement dont le résultat est connu : elle ne mènera nulle part.
Il suffit de voir comment ont procédé les Fcbe qui épaulent Restaurer l’espoir dans ce bras de fer. Ce parti a rapidement réuni un congrès extraordinaire dès vendredi pour se mettre à jour, tout en menant de front une pression politique tous azimuts. C’est-à-dire que les responsables Fcbe savent très bien où finira un bras de fer où la rue serait convoquée, dans une procédure éminemment judiciaire. Si le pouvoir le veut, il mènera la stratégie du pourrissement alors que les délais courent à vive allure. Je vois bien les Fcbe engager la bataille judiciaire, si jamais le ministre de l’Intérieur trouvait encore des failles dans leur dossier. De fait, la voie légale est de toute évidence la plus efficace, puisqu’elle est prévue par la loi.
Bien entendu, les acteurs politiques préfèrent toujours user de bravades, de fanfaronnades et d’injures là où une tête froide, une conduite dépassionnée et moins polarisée sont nécessaires. A leur décharge, il y a que la loi portant charte des partis et le code électoral sont nouvellement adoptés. Leurs premières applications, avant qu’ils n’entrent dans l’ordonnancement juridique de notre pays, sont nécessairement entachées d’hésitations, de tâtonnements, de fausses trappes, d’interprétations hasardeuses. Ceux qui tomberont dans leurs pièges se relèveront après le 28 avril prochain et verront que les plus prévoyants ne les ont pas attendus. Il fallait en effet être prévoyant pour ne pas attendre les derniers instants avant de commencer à se mettre à jour. Et quand on est de l’opposition, disons les choses clairement, on n’a aucune excuse pour ne pas avoir fini ces formalités avant cette période. Mais pendant qu’il fallait le faire, on a choisi de s’occuper de critiquer une loi déjà adoptée et promulguée et donc, contre laquelle il n’existe aucun autre recours légal que celui de son application.
La situation actuelle est telle que même les partis de la mouvance présidentielle auront du mal à remplir toutes les conditionnalités de candidature. Après les formalités de mise en conformité, il faut encore réussir à réunir les quitus fiscaux pour tous les candidats. Beaucoup de candidats potentiels ont de lourds contentieux avec le fisc et finiront par jeter l’éponge d’ici demain. Certains se sont tournés vers leur chef de parti pour être aidés et en font déjà des objets de chantage. D’autres sillonnent leurs amis et leurs éventuels débiteurs, pendant que le temps ne s’arrête pas.
Et il y a les 249 millions de FCFA qu’il faudra verser pour que les dossiers soient pris en compte à la Céna. Nous ne parlons pas encore de la campagne électorale et de ses nombreuses exigences financières. Tout cela sans certitude de résultat réel.
A voir en réalité tout cela, il faut se demander si certaines formations politiques n’utilisent pas le paravent de la mise en conformité pour camoufler leurs incapacités financières ou leurs peurs d’un échec retentissant.

Par Olivier ALLOCHEME

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2 thoughts on “Edito: Se conformer ou périr

  1. Benoît AHLE

    Bonne analyse.
    Mais il faut une véritable mobilisation volontaire sur le terrain en vue d’une bonne information des populations, pour qu’elles ne soient pas des victimes facile de la démagogie ambiante.

  2. Benoît AHLE

    Bonne analyse.
    Mais il faut une véritable mobilisation volontaire sur le terrain en vue d’une bonne information des populations, pour qu’elles ne soient pas des victimes faciles de la démagogie ambiante.

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