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Le triomphe de la vérité

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Témoignage: L’He Valentin Somassè révèle ses secrets de « fermier heureux »


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Si Valentin Somassè est un homme politiquement actif depuis de longues années, il est aussi un grand fermier. A l’occasion d’une visite dans sa ferme à Kpanroun, dans la commune d’Abomey-Calavi, il a peint l’histoire d’une entreprise agricole dans laquelle il s’est lancé depuis une trentaine d’années, malgré le poids de l’âge.

« Si je savais qu’on pouvait consacrer autant de jours, de semaines et de mois dans sa ferme pour la rendre plus productive, je ne perdrais pas mon temps à l’Assemblée nationale », avoue aujourd’hui, l’honorable Valentin Somassè, ancien parlementaire et homme politique de longue date. Mais il l’a compris, il y a longtemps et ménageait toujours ses programmes pour accorder le temps nécessaire à sa ferme installée dans l’arrondissement de Kpanroun, commune d’Abomey-Calavi. Docteur vétérinaire de formation, ce fils d’Agonlin a également fait ses preuves à la tête de grandes structures agricoles étatiques avant de se consacrer à ses propres affaires.
Etendue sur une trentaine d’hectares, la ferme de l’honorable Somassè est multidimensionnelle. On y découvre de grands blocs de poulaillers, de vastes champs de papayers, de maïs, d’ananas, des palmeraies, un large espace de six étangs remplis de poissons, des bergeries, etc. Dès l’arrivée sur les lieux, il y a une image qui frappe tout visiteur : on accède au grand portail en véhicule ou à moto, en traversant une flaque d’eau. D’aucuns penseraient aux eaux stagnantes en période de pluie. Non !Même en saison sèche, l’eau y demeure. C’est simplement un système de biosécurité très rare au niveau des fermes nationales, mais combien important pour la vie des plants et des animaux vivant dans la ferme. Une large mousse entreposée à l’entrée du passage des piétons, contient un produit « très puissant » qui tue les microbes transportés par les semelles des chaussures. Pour le fermier Somassè, c’est un mécanisme qui garantit la protection des plants et lutte efficacement contre les invasions bactériennes.

Des expériences chinoises importées

L’une des particularités de cette ferme se trouve être les poulaillers. Quatre grands bâtiments de 40 mètres de long sur 10 mètres de large, pour faciliter le courant d’air, égaient la vie des pondeuses qui y vivent. Contrairement à certaines fermes où les pondeuses sont à même le sol, ces dernières sont bien installées en hauteur, sur plusieurs rangées conçues en grillage. Le tout premier bâtiment a été conçu vers les années 80. Fait à base de roseau pour éviter qu’il ne tombe en ruine, ce premier poulailler de près de 3.000 pondeuses, est fait de sorte que les volailles, toujours en altitude, ne soient pas en contact avec les fientes. Un autre mécanisme est aussi mis en place pour leur permettre de s’alimenter. Chaque pondeuse a sa corbeille de provende ainsi qu’un dispositif lui permettant de boire, grâce à des coups de becs administrés sur une pipette, située juste au-dessus de sa crête. Mais, le fonctionnement de la tuyauterie faisant défaut, le fermier a conduit les sujets dans un autre bâtiment conçu sur le même plan. A côté des quatre bâtiments traditionnels, se trouve un autre, assez moderne installé dans cette ferme par des experts et techniciens chinois. Conçu sur le même plan que les autres, ce bâtiment abrite plus de 3.000 pondeuses, qui y vivent depuis près de deux ans. Selon les explications de l’honorable Somassè, ces pondeuses ont été récupérées très tôt et, en trois mois, elles ont pu s’adapter à leur nouveau cadre de vie. « Elles vont se cacher dans leur pondoir pour s’amuser », rigole-t-il. Ce bâtiment dispose aussi d’une raclette mécanique qui nettoie toute la fiente laissée par les pondeuses. Cette masse boueuse, pétrie avec le résidu de bois, va servir d’engrais dans l’agriculture, notamment dans la palmeraie. Dans le même bâtiment, chaque pondeuse livre en moyenne, un œuf par jour. Si leur vente sur le marché ne pose aucun problème, ces œufs constituent une véritable source de revenus pour la ferme du fait de leur qualité qui attire une forte clientèle. « Contrairement à ce qu’on constate sur les marchés, les jaunes d’œuf ne s’étalent pas quand on les casse. C’est des œufs du jour, ce qui fait que les bonnes dames viennent chercher jusqu’à 300 plateaux d’œufs par jour », se réjouit Valentin Somassè. Au regard des nombreux bénéfices procurés par l’élevage des volailles, tout porte à croire qu’un investissement est fait dans le domaine de l’alimentation des pondeuses. Erreur. La ferme dispose de sa provenderie qui alimente les pondeuses depuis environ 25 ans. Le Dr vétérinaire, qui a une totale connaissance des animaux, sait répondre à leurs besoins en protéines et autres, pour éviter qu’elles ne meurent en masse, ou ne développent une épidémie.

De vastes plantations pour diverses spéculations
Cela ne pourrait pas passer inaperçu. La grande végétation de la ferme est essentiellement composée de plusieurs spéculations issues de diverses variétés comme le maïs « sow », le « poyo sucré » qui est une variété de banane. Une autre variété de manioc est aussi cultivée dans cette ferme, ainsi que bien d’autres cultures vivrières. La grande étendue de palmeraie laisse tout aussi captivante. Pour la petite histoire, l’idée de la conception de la première palmeraie a été évoquée dans les années 2000, à l’occasion de son évacuation sanitaire en France. Il voulait marquer l’histoire, vu qu’il ne savait s’il allait revenir. L’He Valentin Somassè a ainsi signé un chèque pour immortaliser ce moment et témoigner de ses exploits agricoles à la génération future. La toute première palmeraie comportait, au total, 200 plants. Plus de 20 ans après, beaucoup de choses ont évolué. On y compte aujourd’hui, 6 vastes palmeraies avec un chiffre d’affaires de plus de 20 millions de FCFA par an. Les noix de palme sont servies aux populations issues du Bénin comme du Nigéria et d’autres pays de la sous-région, et exploitées pour diverses fins.
Sur la vaste étendue de terre que constitue la ferme, six hectares ont été concédés pour l’élevage des bêtes. Des porcs, des cabris, des pintadeaux et bien d’autres espèces animales sont activement élevés sur place. Les herbivores se nourrissent des herbes de « korogo » importées de Côte d’Ivoire ainsi que du « PC1 » et le « bracaria », plantés dans la ferme. Mais les volailles s’alimentent grâce aux provendes que fournit l’usine de la ferme. Pour renforcer ce domaine, le fermier, Valentin Somassè, compte bientôt entreprendre l’élevage des lapins, et bien d’autres espèces.

Des ménages d’ouvriers et un personnel bien aguerri
L’honorable Somassé a engagé des ouvriers qui animent la ferme depuis de longues années. Ils s’occupent de tout sur la ferme. Mais la particularité est le cas des ménages qui y vivent comme chez eux. De petites habitations leur ont été construites dans la ferme selon l’endroit où ils sont appelés à exercer avec toutes les commodités nécessaires. Tous les bâtiments sont alimentés en eau et en électricité grâce à un dispositif local de réseau auquel le responsable des lieux apporte tous les soins nécessaires. Certains sont là depuis une dizaine d’années et y ont fait des enfants qui fréquentent les écoles environnantes. L’Honorable fait régulièrement des tours pour s’imprégner de la situation de chacun, en dehors de leurs occupations quotidiennes liées à la ferme.
En somme, cette grande expérience du fermier, pétri de talents et d’engagement, fait de lui l’une des « étoiles discrètes » du développement de l’agriculture au Bénin.

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