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Le triomphe de la vérité

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Formation sur les enquêtes de crime et mise à disposition d’équipements modernes: La France renforce les forces de sécurité


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Emmanuel Prat (le blanc) okSouvent après des crimes et infractions divers, tout porte à croire qu’il n’y a aucun indice sur place pour situer les responsabilités et retrouver les coupables. Mais avec des méthodes techniques et scientifiques, on peut bien déceler les traces et indices laissés par les délinquants ou le coupable. C’est de cet outil de travail que le Bénin est désormais doté. A travers le Projet d’Appui au renforcement de la police technique en Afrique de l’Ouest (ARTECAO), la France vient aider le Bénin à amoindrir ses difficultés liées à la collecte et à l’analyse de preuves matérielles sur les lieux de crime. A cet effet, 18 éléments de forces de sécurité publiques à savoir 09 policiers et 09 gendarmes, ont reçu une formation didactique. La cérémonie de fin de formation et de remise de plateau technique a été effective le vendredi 07 Avril 2017  dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire à Cotonou. A l’occasion, le Coordonnateur régional du Projet ARTECAO, le Capitaine Emmanuel PRAT a présenté le projet qui contient deux composantes à savoir une première  pour le Bénin sur la modernisation de la Police technique et scientifique (PTS) et une deuxième composante qui concerne la Côte d’Ivoire où l’objectif est d’en faire un pôle  d’expertise régionale. Son vœu est de voir l’Etat béninois  poursuivre dans la voie tracée pour sauvegarder l’initiative avec le matériel de travail composé  de groupes électrogènes,  des casques de chantier, des outils utiles sur les scènes de crime, des matériels de révélation, des moyens de déplacement, de communication, informatiques, des frigos pour les produits chimiques,  et autres.

La France en phase avec l’engagement sécuritaire du Bénin

Initiée grâce au soutien technique et financier de la France, cette formation s’imposait au Bénin. C’est à ce titre que l’Ambassadrice de France au Bénin, Véronique Brumeaux, a indiqué combien la Police technique et scientifique (PTS) est le fil rouge indispensable à une politique de sécurité moderne et efficace. A l’en croire, la PTS est un atout majeur pour permettre aux forces de sécurité de remplir efficacement leur mission. « Le Bénin a été choisi parce qu’il a manifesté sa volonté à remettre la PTS à sa juste place et aussi parce qu’il dispose d’équipement adapté au sein du CDSP que la France avait contribué à créer », a précisé l’Ambassadrice. Elle s’est réjouie de ce que, lancé en avril 2016, ce projet a obtenu de  bons résultats, à ce jour. « 934 personnels ont été formés à ce jour » , confie-t-elle. La remise du plateau technique vient pour elle, comme une étape décisive de la modernisation. « Grâce à ce matériel et aux autres investissements déjà réalisés à hauteur de 79 millions de Fcfa, les forces de sécurité intérieure du Bénin pourront mettre en œuvre les connaissances et les compétences acquises avec une efficacité accrue. Toute la chaine pénale est ainsi renforcée », conclut l’Ambassadrice de France près le Bénin, Véronique Brumeaux. Le directeur de cabinet du ministère de la sécurité publique, Ouorou Baro Mora a, dans son discours de clôture officielle de cette première phase de formation,  salué le France pour ce soutien de taille. Il s’est réjoui de ce que cette formation vient ajouter une plus-value à la promotion de la qualité de gouvernance sécuritaire béninoise. « Nous sommes demandeur de cette formation », a martelé le représentant du ministère. La partie a été marquée par la simulation d’une scène de crime expliquée par le coordonnateur national du projet, le commissaire Emmanuel Tonoukouin.

Ils ont dit

Capitaine Emmanuel PRAT, Coordonnateur régional du Projet  ARTECAO
« … Permettre aux personnes formées de mieux appréhender les scènes d’infraction »
« Notre travail est de renforcer la police technique et scientifique au Bénin à travers des formations, une modernisation et des plateaux techniques pour permettre aux personnes formées d’investiguer sur des scènes d’infraction criminelle. Cette formation a comme avantage de permettre aux personnes formées de mieux appréhender les scènes d’infraction. A cet effet, un protocole a été mis en œuvre au cours des exercices pratiques par les stagiaires et consiste à la prise en compte des scènes d’infraction, la recherche, matérialisation de traces et des indices, fixation des lieux, prise de notes, photos, vidéo et enfin le prélèvement et le conditionnement des traces  et indices relevés sur les scènes d’infraction, pour assurer la traçabilité  et les indices qui vont être mis sous scellé, de la scène d’infraction au moment pénal. Cette formation a duré semaines, du 27 mars au 07 avril 2017. On a eu une bonne partie de théorie au cours de la première semaine pratiquement, où on a abordé tous les points concernant les problématiques des traces et des indices, comment aborder une scène d’incendie, d’arme à feu,  noyade,… Cela a été un bon moment pour le stagiaire de se faire former et d’avoir une grosse documentation. Ils  repartent avec l’ensemble du contenu des cours de la formation qui permet d’avoir une bonne base de données d’informations sur laquelle ils vont s’appuyer pour rédiger leur rapport, mais aussi pour communiquer avec la hiérarchie et aussi avec leurs collègues… ».
 
Constant Honvou, Police judicaire du Port, formateur
« …Nous avons des techniciens bien formés »
«  Lorsqu’on parle d’enquête judicaire aujourd’hui dans notre pays, il faut savoir que la police technique et scientifique devraient constituer le socle de toute investigation. Mais avec l’avènement du projet ARTECAO, ce problème est en train d’être réglé. A partir du moment où je vous parle, nous avons des techniciens bien formés, que ce soit  du côté de la police que de la gendarmerie nationale, des personnels bien capables de gérer en intégralité une scène d’infraction de rituelle ou criminelle. Donc, à l’heure où je vous parle, en matière de scène d’infraction, nous sommes  suffisamment outillés pour faire le travail. Il faut commencer par quelque part, c’est pourquoi les premiers pas sont en train d’être posés pour faire avancer la police technique et scientifique. Pour avoir une banque de données, il faut avoir recueilli des données sur le terrain et pour faire ce travail, il faut former des personnels. Et je crois que d’ici à là, on aura une banque de données et la police technique et scientifique sera aux normes requises dans notre pays ».
Paul Houéssou, Officier de police, stagiaire
« …. Nous allons désormais travailler avec beaucoup plus de finesse  »
« Nous avons acquis de nouvelles aptitudes pour gérer les scènes d’infraction, ce qui jusque-là n’est pas encore rentré dans les habitudes  des fonctionnaires de  police et de  la gendarmerie. Il faut avouer qu’avec cette formation, nous allons désormais travailler avec beaucoup plus de finesse  pour pouvoir mettre à la disposition de la justice, des preuves tangibles et irréfutables, afin de permettre aux magistrats d’asseoir leurs décisions. Vous n’êtes pas sans savoir que quand il y a crime, les populations n’ont pas ce reflet de préserver les lieux. C’est dans ce cadre que nous sollicitons le concours des médias pour vulgariser ces formations pour montrer à nos populations qu’il ne s’agit plus de se précipiter sur les scènes d’infractions, parce que c’est un parent ou un proche, mais plutôt penser à préserver les lieux afin de permettre aux techniciens des scènes d’infraction de faire leur travail pour élucider les situations judicaires. C’est vrai que ce n’était pas encore dans la culture des populations, mais avec le temps et la détermination, on y arrivera ».

Emmanuel GBETO

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