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Le triomphe de la vérité

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Retour des hôtels dans le patrimoine de l’Etat: Ressusciter PLM Alédjo, un enjeu de souveraineté


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L’Hôtel PLM Alédjo fait partie des complexes qui retournent dans le patrimoine de l’Etat, conformément à la décision du Conseil des ministres du 15 février dernier. Plus qu’un simple besoin économique, la résurrection de cette infrastructure est un enjeu de souveraineté pour les Béninois.

En cette semaine de commémoration de l’historique conférence des Forces vives de la nation, l’état actuel de l’Hôtel PLM Aledjo est une honte nationale. Vingt-ans après avoir abrité les travaux des assises qui ont propulsé le Bénin sur la voie de la démocratie, ce complexe hôtelier est devenu un champ de ruine. Que le gouvernement actuel décide alors de se pencher sur son sort, dans le sillage des hôtels appelés à revenir dans le giron de l’Etat, n’est que justice. Mesure qui vient sans doute conforter de  nombreux Béninois qui ont de tout temps appelé à sa restauration.
Par le passé, les initiatives pour maintenir la réputation de ce patrimoine historique n’ont pas fait défaut mais ont surtout manqué de volonté d’investissement pour faire réellement de PLM Alédjo, un hôtel de grand standing conforme aux normes internationales. Jusqu’en mai 2000, le complexe a été pris en location gérance successivement par le groupe PLM/Accord et Azur avant qu’il ne passe sous administration provisoire du ministère en charge du Tourisme, avec comme directrice Olga da Silva, nommée le 31 octobre 2006. Sous sa gouvernance, les divers rapports d’audit ont relevé des actes de mauvaise gestion qui ont généré des arriérés salariaux et une dette de près de 2 milliards de francs CFA. Le gouvernement de Boni Yayi a alors décidé de la cession d’une partie du site abritant cet hôtel au groupe Akaka et son partenaire sud-africain Radisson Blu au terme d’un bail emphytéotique d’une durée de 40 ans pour la réalisation d’un complexe hôtelier 5 étoiles, d’un centre hospitalier et d’un centre commercial dans un délai de 30 mois. Le délai contractuel s’est échu le 14 octobre 2016 mais aucun travail n’a été réalisé.

Fin du yoyo
Mais le 28 novembre 2013, le groupe Akaka a introduit une demande d’avenant au bail. Dans sa requête qui n’a pas connu de suite, le nouvel acquéreur suggère la construction d’un hôtel 5 étoiles dans un délai de 96 mois en lieu et place d’un complexe hôtelier 5 étoiles, d’un centre hospitalier et d’un centre commercial. Le groupe allègue que les « clauses charges et conditions » prévus au bail constitueraient un handicap à son financement et donc au démarrage des travaux. Pas suffisant pour constituer un élément d’excuse.
Toujours est-il qu’aujourd’hui, le rythme du tam-tam a changé tout comme la cadence de développement du Bénin révélé qui ne tolère plus le yoyo avec le patrimoine de l’Etat. Du coup, selon les dispositions du contrat du bail, la résiliation peut intervenir « de plein droit et sans aucune formalité judiciaire, en cas d’inobservance des charges et des conditions ; notamment pour défaut de mise en valeur dans le délai sus-indiqué, de sous location, de cession et de transfert partiel ou total de ses droits sans l’autorisation du bailleur ».
Mais la question sociale et l’attractivité de l’hôtel restent un véritable casse-tête. La dette salariale énorme, ajoutée aux difficultés économiques de l’hôtel et son inexploitation ont érodé considérablement son attractivité aux yeux des investisseurs. Le bon sens peut justifier la réticence de tout investisseur à récupérer un personnel inactif depuis plus d’une décennie qui de toute évidence ne répondrait plus aux exigences d’un hôtel de luxe. Mais reconstruire PLM Alédjo est devenu un enjeu de souveraineté. Le gouvernement et la nouvelle administration provisoire sauront trouver les moyens pour ressusciter ce pan important de l’histoire de la conférence nationale de février 1990.

Wandji A.   

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