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Le triomphe de la vérité

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Gérard Yolou, footballeur béninois: «La crise à la FBF nous empêche de réaliser nos rêves


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Gérard Yolou est un footballeur Béninois de 25ans. Formé au centre Taneka de Natitingou de 2002-2006, il a intégré le club portuaire, Aspac, avec qui il a connu l’élite du football béninois. Surnommé Gatuso par ses fans, pour sa rigueur dans le jeu, ce jeune a été l’un de joueurs en qui beaucoup avaient placé leurs espoirs. Mais les ratés observés dans le championnat national ne lui ont pas permis d’accéder au haut niveau. Plus de dix ans après son entrée dans l’élite du football béninois, le jeune qui a remporté plusieurs titres nationaux, continue de traîner ses bottes au pays. Si toutes portes de réussite dans le football semblent lui être fermées, Gérard Yolou continue tout de même à y croire. Lisez plutôt !

L’Evénement Précis: Vos impressions sur l’état actuel  du football au Bénin ?

Gérard Yolou: C’est le quotidien. Pour ce qui est de la pratique, je me sens à l’aise. Je retrouve peu à peu ma forme. C’est une bonne chose pour moi.

Sorti du centre de formation, quelles étaient vos ambitions ?

Pratiquer le football. Sortir du pays et aller monnayer mon talent et avoir une riche carrière et surtout un nom dans le domaine. Ce sont là mes objectifs.

Et aujourd’hui que vous êtes encore au pays dix ans après, qu’est-ce que cela vous fait ?
C’est triste. Comme je viens de vous le dire, mes objectifs n’étaient pas d’être encore à ce stade dans le football. C’est d’être dans un grand club ou tout au moins à l’étranger où je vivrai bien de mon art. Mais c’est le contraire. Jusque-là, je n’ai pas eu de porte de sortie. Et c’est à cause du manque de championnat. Au Bénin, notre championnat est irrégulier. Cela ne nous permet pas de mettre notre talent en valeur afin que la lumière soit faite sur nous pour que des recruteurs s’intéressent à nous. Il faut donc que le championnat soit régulier pour que des gens puissent te remarquer et te fassent confiance pour te faire voyager. C’est bien triste. Il faut que ça change. Je vais vous dire quelque chose. Est-ce que vous ne remarquez pas que plusieurs d’entre nous sont encore au pays ? Et ce n’est pas parce qu’on ne va pas faire des essais ailleurs. C’est parce que le niveau du championnat n’est pas encore ce qu’il doit être pour que des joueurs qui en sortent puissent intéresser vraiment. C’est dommage. Cette situation ne nous laisse aucune chance, même si on croit dur comme fer que notre chance sourira un jour.

Vous voulez dire que vous  avez tenté déjà de quitter le pays, mais que c’est le niveau qu’affiche le championnat qui ne vous a pas du tout été utile ?
Pas forcément. Vous savez, j’ai eu plusieurs propositions. Mais l’organisation au pays en matière du football n’étant pas ce qu’elle doit être, je n’ai pas pu faire les voyages d’essais. Je me rappelle que j’ai même eu des propositions d’Antalyaspor en Turquie. Mais je n’ai pas fait les voyages pour faute administrative. Avec toutes ces choses, j’ai eu un peu de découragement. J’ai tenté de tout laisser tomber. Puisque, peu à peu, je me suis rendu compte que notre football a de profonds problèmes qu’il faut forcément régler. Néanmoins, je n’abandonne pas. Car je crois que ces problèmes seront réglés et je pourrai un jour jouir de ce métier.

Gérard Yolou, aujourd’hui vous avez 25 ans. Quand on sait que à cet âge vous devez déjà être au sommet de votre art et que vous soyez encore ici, on a envie de vous demander si vous aurez encore la capacité d’aller faire le haut niveau si tout rentrait dans l’ordre au pays ?
Bien sûr. Nous avons des gens plus âgés qui continuent de jouer. Il n’y a pas d’âge pour jouer. Tant que mon corps me le permet, je peux continuer. Et je peux vous dire que je ne cesse pas de travailler. La preuve je suis avec Energie aujourd’hui. C’est toujours pour garder ma forme. Car, je suis encore capable. C’est vrai le haut niveau demande plus d’exigence, mais il n’est pas si inaccessible. Il faut de la chance. Et je le souhaite vivement.

Sans championnat depuis bientôt 1an, comment Gérard  Yolou arrive-t-il à s’en sortir ?
( La tête baissée ). Vous savez, c’est difficile. J’essaie de gérer. Je ne veux pas dire que je me débrouille. Puisque je ne sais rien faire d’autre à part le football. C’est le seul métier que j’ai appris. Et depuis que tout est bloqué, je suis bloqué aussi. Mais comme je vous l’ai dit, j’essaie de m’en sortir.

Comment ? Est-ce en participant aux tournois de proximité ? Dites-nous clairement ?
Sans vous mentir, ces tournois seuls ne suffisent pas. Je reconnais que cela nous aide beaucoup surtout pendant les vacances. Nous avons des besoins qui parfois nous obligent à aller voir les grands frères, les parents à qui je veux dire sincèrement merci pour tout le soutien qu’ils nous apportent. Ils sont patients avec nous. Je leur dis un grand merci. Car, avec la situation actuelle, s’ils n’existaient pas, je ne sais pas ce que serait devenu bon nombre d’entre nous. Nous n’avons pas un autre métier et voilà que le football qu’on a appris est aussi aux arrêts depuis des mois. C’est malheureux.

Que diriez-vous en conclusion ?
C’est de demander aux dirigeants de nous regarder. Ils nous ont donné le goût de croire à la chose. On y a cru. Qu’ils ne nous abandonnent pas maintenant. Nous sommes toujours prêts pour aller sur les aires de jeu. Car, on souffre trot de ce manque de championnat. On veut travailler pour gagner notre vie, réaliser nos rêves. Il faut qu’ils mettent de l’eau dans leur vain.

Réalisation Anselme HOUENOUKPO

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