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Le triomphe de la vérité

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Edito: Le dérèglement est là


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logo journalUn Centre international de recherche agricole. C’est la proposition faite par le   président Patrice Talon ce  mardi 15 novembre 2016 á Marrakech, lors de la vingt-deuxième conférence des Nations Unies sur le Climat, (COP 22).  L’objectif principal que voudrait lui assigner le Chef de l’Etat, serait  de contribuer á la réduction des effets négatifs causés par le changement climatique sur le monde agricole. Devant plus de 197 dirigeants du monde, le Président Patrice Talon a souligné la nécessité de protéger les agriculteurs des effets néfastes des dérèglements climatiques en cours.
Oui, notre  climat change à la vitesse V, impactant en premier lieu les producteurs agricoles, les pêcheurs et les éleveurs. Depuis le 30 juin 1994, le Bénin a ratifié la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, traité adopté par la communauté internationale le 9 mai 1992.  Notre pays a même mis en place des projets pour affronter le problème. C’est le cas par exemple du Programme intégré d’adaptation pour la lutte contre les effets néfastes des changements climatiques sur la production agricole et la sécurité alimentaire au Bénin (PANA). Il tente de former les producteurs   à  s’approprier les techniques adaptatives face aux  risques liés aux changements climatiques.    Il est principalement question d’opérer des choix techniques et technologiques devant permettre aux divers acteurs (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs) de mieux s’adapter aux changements en cours.
Il se passe que les producteurs agricoles, les éleveurs et les pêcheurs font face à de longues   sècheresses, des inondations récurrentes et des perturbations des régimes climatiques saisonniers. Leur expérience est mise à rudes épreuves, les périodes de semis  et le cycle des divers traitements des cultures étant perturbés chaque année.  On retiendra principalement cinq risques climatiques majeurs perçus par les producteurs :  retard dans le démarrage des pluies, existence de poches de sécheresses, mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies, vents violents et fortes chaleurs. Cette année 2016 par exemple est, selon les scientifiques, l’année la plus chaude de toute l’histoire de l’humanité. On croyait avoir atteint des sommets en 2015, mais apparemment, on n’avait encore rien vu.
Les conséquences de ces phénomènes sont par exemple l’assèchement des cours et plans d’eau, les inondations soudaines et inhabituelles, la diminution de la hauteur des cours d’eau et l’augmentation du niveau d’attaque des plantes. On assiste dès lors à  la réduction des rendements, entrainant la baisse des revenus, la baisse de la disponibilité alimentaire, l’aggravation de la pauvreté, l’allongement de la période de soudure et l’augmentation des maladies virales.
Il est question aujourd’hui d’aller vers une agriculture et des systèmes alimentaires intelligents face au climat. Bien entendu, des mesures endogènes existent : modifications des techniques culturales, abandon ou adoption de nouvelles cultures ou variétés de cultures, changement progressif du calendrier agricole et des itinéraires techniques, modifications dans les techniques de gestion des sols, exploitation des unités de paysage, modifications dans la conduite des animaux d’élevage et l’agroforesterie.
On considère que 65% des populations africaines sont touchées par les effets des dérèglements climatiques.  Malheureusement, les négociations initiées sur le sujet ont échoué cette semaine à Marrakech. Des polémiques interminables ont conduit à reporter à juin 2017 des  solutions régionales  ou même internationales à ce problème crucial. Pour sauver les meubles, le gouvernement marocain a porté une initiative   dénommée Initiative AAA (Adaptation de l’Agriculture Africaine) qui devrait permettre à l’Afrique de trouver sa propre voie dans cette problématique.
Mais le gros problème reste celui du financement. Investir dans les pratiques agricoles sensibles au climat est aujourd’hui LA voie à suivre. Selon un rapport rendu public la semaine dernière par le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA) et le  Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), chaque dollar investi dans l’adaptation des petits producteurs aux changements climatiques, en rapporte deux à trois fois plus pendant au moins une vingtaine d’années.  De ce point de vue, les besoins annuels de l’Afrique dans ce secteur ont été estimés entre 7 à 15 milliards de dollar, jusqu’en 2020. Pour le moment, seulement un à deux milliards de dollars sont disponibles dans les budgets des différents gouvernements.   Et 5% seulement du montant nécessaire provient de l’aide internationale.
L’idée proposée par le Bénin de mettre en place un Centre international de recherche agricole sur les changements climatiques, vient rappeler la nécessité de ne plus se fier seulement à nos intuitions ou aux oracles du FA pour lutter contre un phénomène qui se globalise. L’agriculture, la pêche et l’élevage ne se feront plus comme il y a 20 ans.

Par Olivier ALLOCHEME

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