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Le triomphe de la vérité

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Edito: La réorganisation s’impose


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Anjorin Moucharaf a réussi son coup. Il a réussi à faire paralyser le football béninois, grâce à la décision prise par la FIFA de suspendre la Fédération béninoise de football. Du coup, les matchs programmés, les arbitres internationaux et autres officiels devant participer à des matchs à l’extérieur, ainsi que les compétitions de clubs à l’échelle continentale ou même sous-régionale sont remis en cause. Le foot au Bénin est en sursis. Il lui faut un coup de grâce pour le catapulter dans l’abîme. Il suffit que la justice béninoise confirme sa décision d’interdire l’AG élective pour cause de trouble à l’ordre public pour que les carottes soient définitivement cuites. Par contre, si elle tient compte de l’évolution de la situation pour lever sa décision, on peut encore espérer. Mais que faut-il espérer encore?

A l’heure actuelle, les dés sont jetés. Anjorin Moucharafou est le seul candidat à la présidence de la FBF et plus personne n’y pourra rien, tant les textes adoptés par les acteurs eux-mêmes sont clairs. En profitant des dispositions statutaires de la Fédération, il s’est imposé comme le seul candidat éligible, au point que l’on se demande si le football béninois n’est pas pris en otage par un seul individu. C’est bien le cas, au regard  de l’impasse créée, impasse qui fait planer la perspective d’un déluge sur le sport roi. Le problème majeur sera la possibilité ou non pour la justice d’intervenir dans les affaires de la FBF, alors que, visiblement, la FIFA  tente d’y instaurer une zone de non-droit.  Et pourtant, il faut regarder les choses bien en face. Le diktat dont le Bénin est victime devrait nous obliger à un sursaut.

Il n’est pas question que notre pays se plie aux injonctions d’une institution réputée corrompue. Pourquoi refuse-t-elle que même la justice y ait un droit de regard, alors que la FIFA elle-même a été décimée l’année dernière par la justice suisse du fait de la corruption avérée de ses dirigeants ? En  mai 2015, on s’en rappelle, sept membres de l’institution ont été arrêtés en Suisse. Ils étaient  soupçonnés de corruption, de fraude électronique et de blanchiment d’argent.Le président de la FIFA, Sepp Blatter, en poste depuis 1998, avait été emporté dans le scandale, ayant été contraint à la démission. En janvier dernier, plusieurs dizaines de responsables de clubs de première et deuxième divisions italiennes, dont des présidents de clubs de Serie A, ont été visés par la justice italienne dans le cadre d’une enquête pour évasion fiscale et falsification de comptes. Aurelio de Laurentiis et Claudio Lotito, présidents respectivement de Naples et de la Lazio Rome, Adriano Galliani, vice-président de l’AC Milan, ou encore l’entraîneur argentin de Modène (2ème division), Hernan Crespo, sont parmi les 64 personnes impliquées dans cette enquête. Le joueur argentin du Paris-Saint-Germain EzequielLavezzi a été également concerné, tout comme son directeur général au PSG, Jean-Claude Blanc.  Dans le cadre de l’enquête, la brigade financière italienne a procédé à une série de perquisitions.

Pas plus tard que la semaine écoulée, plus d’une dizaine de joueurs et dirigeants de clubs de football de la deuxième division portugaise ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête. Les joueurs et dirigeants arrêtés sont suspectés de « crimes de corruption passive et active » dans le domaine des paris sportifs, dont des responsables ont également été arrêtés. Ce sont autant de cas dans lesquels la justice s’est immiscée en Europe même, dans le fonctionnement des fédérations sportives, lorsqu’elle estime nécessaire de le faire.

Dans un pays de séparation des pouvoirs, le gouvernement ne peut rien lorsque la justice juge nécessaire d’avoir son droit de regard dans un secteur. C’est pour toutes ces raisons qu’il convient de mettre un terme au chantage d’AnjorinMoucharafou. L’institution corrompue qui l’épaule devrait savoir qu’il y a des limites à la forfaiture. Il est arrivé pour les acteurs  le temps de bénéficier d’une trêve pour réorganiser le football béninois plongé dans un coma sans fond depuis de nombreuses années. Il est question de prendre la courageuse décision de surseoir à tout pour investir dans le football de proximité et l’aménagement des stades, afin de rebâtir une nouvelle architecture footballistique.

Ainsi, toutes les ressources dilapidées pour les différentes CAN où nous faisons toujours piètre figure, pourraient servir à redonner un nouveau souffle au sport roi.

Par Olivier ALLOCHEME

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