.
.

Le triomphe de la vérité

.

Edito: Réconciliation avez-vous dit ?


Vues : 23

logo journalTous ceux qui pensaient en avoir fini avec les farces congénitales de Boni Yayi doivent encore attendre. L’ancien président et son successeur ont fait la « paix des braves » ce lundi à Abidjan sous les auspices de Faure et Ouattara. Je revoie encore le film des embrassades faussement amicales et des sourires hypocrites entre les deux hommes devant les caméras de la télévision ivoirienne. J’entends encore mon président faire à Yayi le « serment » qu’il va gouverner le Bénin dans la paix, un peu comme si les agapes officielles de Porto-Novo avaient besoin d’un clone sur les bords de la lagune Ebrié. Lunettes noires barrant le visage, larmes aux coins de l’œil, sourire théâtral comme jamais, Boni Yayi s’est bien payé la tête de son successeur en l’obligeant à reconnaitre qu’il n’est pas grand-chose, tant que lui s’appellerait toujours Boni Yayi. Il va transformer son mandat en un enfer.
Autant le dire tout de suite, Talon n’est pas allé à Abidjan par plaisir. Ouattara avait déjà été son mentor pour son retour pacifique au pays, en octobre dernier. C’est donc à juste titre qu’il a offert ses bons offices pour calmer les velléités de Boni Yayi. Une fois déchargé du pouvoir, l’ancien président a trouvé  l’ingénieuse idée de se répandre en invectives à travers le septentrion. Ses meetings servaient à distribuer à visage découvert la haine et la désunion. Yayi, il est clair applaudirait toute initiative permettant de déstabiliser son pays. Personne ne peut imaginer la suite s’il continuait  sur la même lancée. Patrice Talon poussé à bout, finirait un jour par mettre la main sur son prédécesseur. Il lui suffirait de déterrer l’un des nombreux scandales ayant émaillé ses deux quinquennats, pour lui rendre la vie dure. Mais là, il aurait fabriqué un héros dangereux pour les prochaines consultations électorales…
C’est sans doute aussi pour se prémunir contre l’éventualité même d’une poursuite judiciaire  que l’ancien président est allé à Abidjan. Les mauvaises langues prétendent qu’il a exigé une amnistie sur ses sales dessous : ICC, PPEA II, etc. arrachant au forceps l’engagement de Talon à ne pas le poursuivre, lui et ses acolytes. Elles prétendent aussi que l’ancien président  a demandé que Patrice Talon lui accorde son soutien pour le poste convoité de secrétaire général adjoint de l’ONU en charge des changements climatiques. Ce strapontin international lui accorderait  d’office une immunité diplomatique qui pourrait être profitable dans les tumultes qui s’annoncent.
Il est curieux que celui qui avait annoncé urbi et orbi qu’il deviendrait pasteur après ses deux mandats, oublie de se consacrer à l’œuvre de Dieu pour consacrer toute son énergie désormais à la politique des faux semblants et des manœuvres de coulisses. Tel est Yayi, incapable de comprendre qu’il est nécessaire voire indispensable de respecter sa parole. Il faut même se demander combien de chrétiens ont leur temps à perdre à écouter un pasteur aussi couvert de plaies. Mais après tout, l’apôtre Paul ne fut-il pas un véritable mécréant avant de devenir un l’apôtre zélé que l’on connut ? Les adeptes de miracles peuvent encore espérer.
Et c’est pourquoi, nombre d’analystes voient déjà poindre l’échec  de cette fausse réconciliation. Elle  est à la fois utile et dangereuse. Utile pour arrêter les dérives régionalistes de Yayi et inutile parce que centré sur les lubies d’un homme qui a du mal à constater qu’il n’est plus aux premières loges de la république. Il retombera toujours dans le cinéma pour telle ou telle autre raison. Elle est surtout dangereuse  en ce qu’elle laisse  de notre pays l’image d’un Etat en crise et ayant besoin de l’intermédiation des pairs, avant de sortir de l’ornière. La communauté internationale avait pourtant salué le modèle que constitue la démocratie béninoise. Lundi, elle découvre que nous couvons une grave crise politique nécessitant l’intermédiation d’un certain Allassane Ouattara et de Faure Gnassingbé. Il faut donc comprendre les réactions indignées des citoyens désabusés par le fair-play de Patrice Talon qui a cédé à la pression de ses pairs pour venir faire le cinéma d’Abidjan. Nous redoutons  par-dessus tout que l’on utilise les ententes de couloirs pour noyer les exigences de justice.
S’il faut qu’Abidjan dicte désormais ceux qui doivent passer devant la justice à Cotonou après dix années de félonie, il y a lieu de se demander si le Nouveau Départ n’est pas l’autre nom de la continuité.

Par Olivier ALLOCHEME

Reviews

  • Total Score 0%


Plus sur ce sujet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

You cannot copy content of this page