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Le triomphe de la vérité

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Réflexion du professeur Jean-Florentin Edjèkpoto: Quel profil pour le candidat idéal ?


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L’élection présidentielle de février 2016 suscite beaucoup  d’engouement au Bénin. Un nombre non négligeable  de candidats ambitionne de briguer la magistrature suprême  du pays. Cette flopée de candidatures suscite deux interrogations.
Quel sens revêt la politique ? Quel sens revêt la fonction présidentielle ?

Pour Max Weber, il y a deux manières de faire de la politique. L’on vit de la politique ou l’on vit pour la politique. En d’autres termes certains vont en politique pour satisfaire leur intérêt personnel et égoïste. La politique devient donc une source d’enrichissement. D’autres y vont par conviction et sont guidés par un idéal : servir. Il  se dégage donc deux catégories d’hommes politiques. Une première catégorie qui vit de la politique et une seconde catégorie qui vit pour la politique. Quant à La fonction présidentielle, elle est une fonction éminemment politique qui exige sacrifice et don de soi. Ainsi la politique est réservée aux militants. Elle n’est pas pour les arrivistes, les opportunistes et les néophytes. Cette clarification nous situe sur le vrai sens de la politique et de la fonction présidentielle. La fonction présidentielle est une fonction noble et la politique, un don de soi, un art qui s’apprend. «  L’art de gérer la cité » selon Aristote. Vu la noblesse de cette fonction et les exigences de la   politique, l’on devrait s’attendre à un nombre réduit de présidentiables. Malheureusement, c’est le contraire. Cette boulimie et cette ruée montrent la banalisation de la fonction présidentielle et de la chose politique.
En Afrique, le pouvoir est perçu comme un moyen d’enrichissement, de domination et de caporalisation. Jean Ziegler dans la Notion du  pouvoir chez les Africains a montré la conception que les Africains ont du pouvoir. ‘’En Afrique, tout appartient au chef ‘’. Hors  en principe, le chef doit être au service des autres.
Dans cette pléthore de candidature, un homme politique y a dénombré  de candidatures en aluminium. Dès lors, l’on pourrait identifier des candidatures en argile, en bronze, en diamant, en or et que sais-je encore ? Le meilleur candidat serait donc le candidat en or. Dans la quête de cette candidature en or, une analyse minutieuse du profil des candidats  s’impose. De cette analyse, dix profiles se dégagent.
Le premier profil de candidat. Le candidat militant. C’est un candidat qui a  un parcours politique, un parcours intellectuel, et exempt de casseroles. C’est un candidat issu d’un parti politique ou d’une alliance de partis ou mouvements politiques. La RB, le PRD, ou  l’UN désigne par exemple en leurs seins un de leur militant.
Deuxième  profil de candidat. Le  candidat de la coalition. Le candidat  porté par une coalition de partis politiques, de mouvements politiques, de mouvements syndicaux, de mouvements de jeunes, etc.
Le troisième profil est le candidat en quête de survie politique.  Un candidat qui sait pertinemment qu’il ne peut pas briguer le poste présidentiel, mais se lance dans la course dans l’optique de reporter son  suffrage sur un candidat susceptible de gagner au second tour ou bien  se désiste en faveur d’un candidat potentiel  avant le premier tour moyennant un accord politique assorti de dividendes.
Le quatrième profil de candidat. Le candidat hypocrite qui n’a aucune  visibilité ni la moindre représentativité politiques mais fait  beaucoup de tapages médiatiques. Il attend d’être courtisé par un candidat potentiel non sans dividende.
Le cinquième profil de candidat. Le candidat dauphin. C’est le candidat qui bénéficie de l’onction du  président au pouvoir. L’alliance FCBE a désigné Lionel Zinzou comme dauphin du président Yayi Boni.
Le sixième profil de candidat. Le candidat de la diaspora. Des compatriotes vivant à l’étranger  qui ont des ambitions présidentielles. Des universitaires, des hauts fonctionnaires, des banquiers qui entendent mettre leur savoir-faire au profit de leurs concitoyens.
Le septième profil de candidat. Le candidat officier. Un  gradé de l’armée qui a une riche expérience au Bénin et à l’international. Pour l’instant, deux généraux  de l’armée béninoise sont dans la course pour l’élection présidentielle.
Le huitième profil de candidat. Le candidat opérateur économique  qui  a une grande  surface  financière tant sur la plan national qu’international. Deux opérateurs économiques qu’on ne présente plus sont dans la course pour l’élection présidentielle.
Le neuvième profil de candidat. Le candidat religieux. Un dignitaire ou une personnalité d’une église révélée ou endogène  qui se porte candidat. Imaginez à la tête du Bénin un Hounon, un Imam ou un Pasteur.
Le dixième  profil de candidat. Le candidat de la métropole. C’est un  candidat soutenu par les grandes puissances. La France, les Etats Unis, etc. En Afrique francophone, la françafrique joue un rôle majeur dans les élections.  Le président Nicéphore Soglo  a été victimes des machinations  de la françafrique  à  laquelle il n’a pas voulu adhérer.
Mais il faut signaler qu’un  candidat  peut réunir à lui seul plusieurs profils.
Parmi tous ces candidats, le candidat le plus crédible est le candidat militant. Il  a un parcours politique, un parcours intellectuel et est exempt de casseroles. C’est  un candidat  qui connaît  la chose politique et qui a une conviction. C’est  ce profil de candidat dont le Bénin a besoin. L’histoire nous enseigne que la plupart des présidents élus dans le monde ne viennent pas du néant.
Le président sénégalais Macky Sall est ingénieur géologue, géophysicien formé à l’Institut des sciences de  la terre (IST) de Dakar, puis à l’Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs(ENSPM) de l’Institut français du pétrole (IFP) de Paris. Il a milité pendant  longtemps dans le parti PDS de Abdoulaye Wade et a occupé plusieurs portefeuilles ministériels avant de devenir président.
Le président Obama est diplômé en science politique, spécialité relations internationales. Il est diplômé  de Harvard. Il est militant démocrate. Il est élu sénateur de l’Etat de l’Illinois en 1996.
François Hollande a été magistrat à la cour des comptes, et avocat. Il a été  premier secrétaire  du Parti socialiste de 1997 à 2008, il a été aussi  maire et  député.
Depuis 1990, aucune formation politique n’a conquis le pouvoir d’état au Bénin. Le Bénin fait partie des rares pays au monde où des hommes providentiels, des messies, des Moïse sont hissés au pouvoir. C’est le signe que les partis politiques ont échoué. Sinon comment comprendre qu’à quelques mois de l’élection présidentielle, les partis politiques se regardent en chiens de faïence. Ils s’empêtrent dans des calculs politiciens.
Le candidat militant  est  un candidat en or  qui se reconnait à travers plusieurs  critères.
Le candidat militant a un parcours politique
Le candidat militant a un parcours intellectuel
Le candidat militant a un parcours moral
Le candidat militant n’est  d’aucune région. Il  n’est ni du Nord ni du Sud. Encore moins du Centre.
Le candidat militant  appartient à toutes les religions.
Le candidat militant ne s’affuble pas de titre,  n’aime pas les honneurs, ne s’entoure pas de courtisans et de griots
Le candidat militant assume ses propos
Le candidat militant a le sens de la parole donnée
Le candidat militant domine ses humeurs
Le candidat militant a le sens de l’écoute
Le candidat militant n’improvise pas
Le candidat militant n’embrasse pas tout
Le candidat militant délègue ses pouvoirs
Le candidat militant a le sens du service
Le candidat militant ne connaît qu’un seul verbe, servir, servir, servir.

La politique est donc pour les initiés

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