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Le triomphe de la vérité

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Censure dans les médias : La presse écrite béninoise malade de formations adéquates


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organe de presse écriteLa pratique du journalisme n’est pas l’apanage des gens qui sont allés à son école. Au Bénin, formés dans une école ou formés sur le tas, ils sont plusieurs catégories de personnes à animer la vie médiatique, surtout de la presse écrite béninoise. Et chacun vie le métier comme il l’entend.  
Du terrain à la rédaction en passant par sa concession, Arnaud Doumanhoun ne cesse de jouer son rôle d’éveilleur de conscience. Il est journaliste et fier de l’être. La trentaine environ, il ne cache pas sa passion pour le métier qu’il a découvert, il y a une dizaine d’années. Ayant fait ses premières armes dans le journal des étudiants, Le Héraut, il est l’actuel chef du desk culture du quotidien Fraternité. Dans l’exercice de ce métier, ce titulaire d’une maitrise en géographie dit n’éprouver aucune difficulté. Mais y trouve quelques éléments de pression qui ne l’empêchent pas d’être efficace dans son travail. Père de deux enfants, il est marié  et affirme jouer pleinement son rôle de chef de foyer. Et ce, malgré un salaire qui n’est pas à la hauteur de son espérance. Dévoué, il se dit prêt à poursuivre sa carrière dans l’espoir qu’un jour ses conditions de travail s’améliorent. «Puisque, si les aînés, tels que Malik Gomina, Edouard Loko, Charles Toko, et autres, ont pu s’en sortir. Pourquoi pas nous ? », s’est interrogé celui qui avoue n’avoir  le moindre diplôme dans le journalisme.

Un manque de rigueur dans le recrutement
Comme Arnaud Doumanhoun, nombreux sont les journalistes qui n’ont pas suivi une formation dans une école de journalisme pour obtenir un diplôme. Leur centre de formation est, soit la presse universitaire, les revues des collégiens ou soit les rédactions des organes de la place. Dans ces lieux, ils deviennent des stagiaires et sont tout de suite admis sur le terrain. Sans avoir une quelconque dose de connaissance journalistique, ils s’y mettent à cœur joie. Elysée Dédégbé, journaliste à ‘’Le Municipal’’ et titulaire d’une maitrise en anglais raconte: «C’est un ami qui, voyant l’instabilité dans laquelle je vivotais, m’a demandé de me joindre à lui pour animer un journal dans lequel il travaillait. J’ai accepté et après un stage de trois mois, j’ai été admis dans l’équipe de la rédaction». Alexis Mèton, journaliste au quotidien l’Informateur explique qu’après un (01) an de formation dans la presse universitaire, précisément au journal ‘’Le Héraut’’, il a demandé un stage au quotidien ‘’l’Informateur’’ et depuis il y est resté. Mais que c’est dès son premier jour dans ce journal qu’il a commencé par aller sur le terrain. « Là, on apprend beaucoup de choses », a-t-il confié. Ces choses dont il parle sont les bonnes ainsi que les mauvaises habitudes. Et ce sont les dernières dont certains sont auteurs et se retrouvent souvent devant les juridictions.

La recherche d’une main d’œuvre à bas prix
Il y a lieu d’être désormais plus rigoureux dans les recrutements. Dieudonné Katakoula, directeur de publication du quotidien ‘’Le Matin’’ avoue mettre l’accent sur le niveau intellectuel et l’expérience avant de procéder au recrutement des journalistes. Pour lui donc, il n’y a pas moyen d’intégrer des débutants dans son personnel. De là, les jeunes sortis des écoles de journalisme n’ont pas tellement de chance dans ce métier que qualifie Virgil Houessou, d’un des « plus ouverts ». Car, il n’exige pas du postulant un diplôme en journalisme avant son recrutement. Cela étant universel et laissé ainsi au Bénin depuis l’avènement de la démocratie avec la libéralisation de l’expression où, le rythme de création des organes de presse, surtout celui de la presse écrite a connu un essor, cette forme va encore perdurer. Et comme ce fut le cas des jeunes étudiants en fin de formation à l’université nationale du Bénin (aujourd’hui UAC) dans les années 90, plusieurs jeunes vont continuer à être enrôlés. Mais pour quels résultats ? Selon les informations, les premiers qui ont animé la presse écrite béninoise sortaient pour la plupart du journal des étudiants ‘’Le Héraut’’. Ils ne s’intéressaient pas trop à l’argent comme c’est actuellement le cas avec les jeunes aujourd’hui. Ils étaient dévoués à leur travail. D’où, la réussite qu’ils ont connue. Ce qui ne surprend pas Dieudonné Katakoula. Il atteste que « ces aînés » s’imposaient par leur plume. Ce qu’il faut désormais susciter chez les jeunes en les poussant à élever leur niveau intellectuel ainsi que leur connaissance du métier. D’où, il faut les former.

Un effort de formalisation
Aujourd’hui, même si le mode de recrutement n’a pas changé, il y a un effort qui est en train d’être fait pour permettre aux journalistes de se mettre au pas vis-à-vis de la formation. Avec l’aide de l’Etat à la presse, nombre de journalistes peuvent se targuer d’avoir la licence en journalisme. «J’ai eu la chance de prendre part à la formation organisée à l’ENAM (Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature) par l’Etat. J’étais dans la 2ème promotion de cette école », a informé Dieudonné Katakoula pour qui aller dans les écoles de journalisme de la place était trop cher. Alexis Mèton en a fait pareil et souhaite que d’autres camarades puissent bénéficier aussi de cela. D’autres actions se mènent toujours dans le sens de booster la connaissance des journalistes. Il s’agit des formations in situ qu’organise la HAAC au profit des organes de la presse écrite  sans oublier la création à Savalou de l’école nationale de journalisme. Mais, ces efforts ne suffisent pas quand on sait que la pratique du journalisme est en train de subir une mutation avec la création des appareils multimédias auxquels les hommes de la presse doivent s’habituer pour ne pas être des analphabètes du 3ème millénaire ou du 21ème siècle.

Anselme HOUENOUKPO

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