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Le triomphe de la vérité

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Edito: Claudine, Papa Bonheur et les cons


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Lorsqu’en février 2010, L’Evénement Précis avait commencé à tirer la sonnette d’alarme sur la scabreuse convention de concession entre l’Etat béninois et le groupe Petrolin portant sur le projet Epine Dorsale, beaucoup de gens y avaient vu de l’acharnement gratuit. C’était d’autant plus inexplicable pour le « journalistiquement correct », que le protocole, signé en juillet 2007, portait la marque d’un certain Pascal Irénée Koupaki alors fringant ministre d’Etat en charge du développement et de l’évaluation de l’action publique. C’est lui qui avait signé le protocole tout à fait inimaginable dans lequel l’Etat accordait unilatéralement au groupe Petrolin, le droit presque exclusif de construire la plupart des infrastructures de transport de notre pays. Lesdites infrastructures ont été citées à l’article 2 du protocole, c’est-à-dire, un nouvel aéroport international sur le site de Kraké, un nouveau port en eau profonde dans la région de Sèmè, des infrastructures routières/ autoroutières notamment pour accéder au Port et à l’Aéroport, la réhabilitation et/ou la construction d’un chemin de fer (Lagos/Sèmè ; Sémè/Cotonou/Parakou ; Parakou/Niamey ; Parakou/Ouagadougou), le port sec de Parakou, des infrastructures annexes et connexes incluant notamment des zones urbaines, des zones scolaires, universitaires, médicales et touristiques. Tout ceci devait coûter 500 milliards de FCFA, selon les estimations des signataires, montant que la société Pic Network Limited s’était engagée à trouver.

                Je vous passe encore les autres clauses de ce véritable contrat léonin qui avait déjà suscité nos doutes, il y a cinq ans. Cela d’autant que lorsque, entrant dans le vif du sujet, l’Etat a voulu donner l’OCBN à Pic Network (et le mot « donner » n’est pas trop fort), il le fit envers et contre la volonté de la commission technique d’adjudication, commission qui rejeta clairement les propositions techniques de la société de Samuel Dossou. Comme pour aggraver la situation, le Niger refusa en janvier 2010 de signer la convention de concession que lui présenta le Bénin pour valider son coup fourré. Malgré cela, l’OCBN a été unilatéralement livrée à zéro franc par le     Bénin à Pic Network contre des promesses de rénovation qui ne furent jamais honorées.

D

ans la foulée, Claudine Prudencio, compagne de Samuel Dossou, avait atterri au Gouvernement, comme par hasard, en juin 2010. A l’époque, elle disait à qui voulait l’entendre qu’elle y entrait en tant que nièce du président Emile Derlin-Zinsou. Ce qui, du reste fut vite battu en brèche par le vieux lui-même et sa famille. On sait comment la ministre a pu couvrir le chef de l’Etat de vulgaires flatteries qui lui ont permis de se faire élire député en 2011.

                Pour avoir minutieusement suivi le déroulement de cette affaire dès son déclenchement, je fais partie de ceux qui n’ont pas été surpris, lorsqu’en 2013, le chef de l’Etat avait décidé, tout de go, de remettre la réhabilitation de l’OCBN au groupe Bolloré. Boni Yayi piétinait ostensiblement tous les engagements de l’Etat vis-à-vis de Pic Network, au profit du groupe français. Il avait exploité les failles initiales de la convention de concession, même s’il fait semblant aujourd’hui de confier au promoteur béninois, une petite portion du juteux marché. On n’a pas besoin d’être prophète ou visionnaire pour comprendre que des investissements d’une telle ampleur ne devraient jamais se mettre en place dans des conditions aussi brumeuses.

Ce mardi 21 juillet les différents partenaires ont signé un accord définitif à Paris, accord sur la base duquel Bolloré prend les rênes du projet. Il fera de Petrolin et de sa société Africarail ce qu’il voudra, sur ce projet. Et ce n’est pas pour rien que le milliardaire français a obligé tout ce monde à aller à Paris, c’est-à-dire, sous le regard de l’Elysée. Il veut protéger ses arrières.

                Entendons-nous bien. Un chef d’Etat qui se comporte avec une telle fourberie vis-à-vis de ses propres citoyens, ne mérite pas notre respect. Pire, il est mille fois blâmable lorsqu’il s’agit d’opérateurs économiques de renom comme Samuel Dossou. Car, en l’espèce, le président de la République est resté derrière Pascal Irénée Koupaki pour pousser le milliardaire béninois à la faute, afin de l’assommer. C’est une leçon de machiavélisme qui vaut son pesant d’or pour tous les opérateurs économiques qui croient pouvoir utiliser les labyrinthes obscurs de la politique pour faire leurs affaires. Si le cas de Patrice Talon ne vous a pas édifié, voici celui de Samuel Dossou.

Par Olivier ALLOCHEME

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