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Le triomphe de la vérité

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Edito: L’heure de la vendetta


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La débâcle électorale de la mouvance donne lieu à une série de règlements de comptes des plus cruels. La guerre fratricide qui a poussé Marcel de Souza à donner des coups jeudi dernier, a engendré le communiqué très peu diplomatique de la coalition FCBE. Les accusations les plus graves sont portées contre le « beau-frère national », qui a déjà annoncé que « vaine est la haine de l’hyène envers l’éléphant ». Alors que l’opposition savoure à pleines dents les délices de sa victoire, la mouvance s’entredéchire. Accusations de trahison, d’achat de vote, refus de continuer au gouvernement, intoxications dans les médias et sur les réseaux sociaux. C’est une version édulcorée de la Nuit des Longs Couteaux qui se joue désormais au sein d’une mouvance en voie de désintégration.
Curieusement, on ne voit pas vraiment qui va bénéficier des batailles rangées qui se déclenchent de-ci de-là. Komi Koutché ? A moins de chercher à mener la mouvance parlementaire, il n’a jusqu’ici adopté que le profil du parfait leader. Appelant les uns et les autres à la sérénité, il se pose désormais en chef charismatique, même si dans l’ombre, on sait qui tire les ficelles. Seulement, dans ce rôle, il lui revient d’aller siéger à l’hémicycle pour être président d’un groupe parlementaire, à tout le moins. Mais le bruit court qu’il pourrait bien hériter d’un super-ministère. Bien entendu, ce serait une énième erreur de préférer les sirènes de l’instant aux promesses du futur.
Qui donc va bénéficier de la purge ambiante ? Boni Yayi ? Le Chef de l’Etat qui s’invente des challenges constamment utopiques, pourrait en profiter pour donner l’illusion qu’il tient toujours le gouvernail. Le limogeage collectif des conseillers techniques et la dissolution annoncée du gouvernement font partie du registre de la mécanique bruyante. Elle détonne, mais produit peu d’effets. Yayi a désormais des dents mais ne peut mordre personne. Toutes ses dents lui ont été limées le 26 avril et le 19 mai par une opposition désormais avertie. Elle sait, cette opposition, qu’il y avait un plan machiavélique prévoyant de créer une vacance artificielle du pouvoir à quelques semaines de la fin du mandat, pour mettre en scelle un président de l’Assemblée godillot, qui, en président intérimaire de la république, pourrait organiser des élections « fantoches » remportées haut-la-main par qui l’on sait. Le plan a été mis en déroute. La puissance manœuvrière du Chef de l’Etat a été anéantie, avec, en prime, une élégance constitutionnelle qui frise l’arrogance : la présence de Sofiath Schanou au sein du bureau du parlement. C’est un pied de nez montrant la charité de l’opposition envers le pouvoir, mais aussi une façon de dire qu’elle est capable de consensus, malgré ses divergences.
On assiste carrément à un crash de la mouvance. Presque aucun ministre élu ne prendra le risque de se saborder en restant au gouvernement. Les plus malins ont profité de la crise latente pour s’en aller, sur la pointe des pieds. Marcel de Souza et Barthélémy Kassa en sont des illustrations. Ceux qui le savent, s’aperçoivent bien que le ministre du Plan, tout éléphant qu’il est, ne se serait jamais hasardé à ruer dans les brancards comme il l’a fait, s’il n’avait voulu profiter de la situation pour se tirer d’embarras. Il y a encore deux ou trois ans, il avait avalé plus d’une couleuvre, et des plus grosses, sans broncher.

Les accusations portées contre lui ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles ayant frappé d’autres mouvanciers tombés en disgrâce. Et ceux qui accusent, comme par hasard, n’ont pas l’intelligence de se regarder dans une glace. Ils ne parviennent pas à se demander comment les FCBE qui n’avaient au départ que 33 députés ont pu atteindre 41, au moment précis où l’on accusait le Chef de l’Etat de faire circuler des mallettes de billets. Non, les FCBE ont même poussé l’outrecuidance jusqu’à s’ériger en donneurs de leçons d’éthique politique aux jeunes. Alors que même le dernier collégien du Bénin sait comment le mercato politique a été animé depuis le palais. Voilà l’hommage du vice à la vertu.
Quel est donc l’avenir de ce groupe qui court éperdument à sa ruine ? Il faudra le conjuguer au passé. Ceux qui croient qu’il pourrait être un instrument aux mains du chef de l’Etat, savent tout aussi bien que le vote acheté n’offre qu’une adhésion de façade. Et c’est là tout le drame de Yayi qui se retrouve aujourd’hui avec une mouvance fabriquée à coups de billets.

Par Olivier ALLOCHEME

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