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Le triomphe de la vérité

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Edito: Bourrages d’urnes


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Les responsables de l’Union fait la Nation (UN) ont vu juste en allant à la CENA  vendredi dernier. Ils savent plus que quiconque, que les bourrages d’urnes constituent l’une des pratiques les plus ancrées dans nos processus électoraux. Malgré les précautions de la loi.
On se rappelle encore que ce samedi 14 février 2015, lors de l’installation à Parakou du bureau communal de l’Alliance nationale pour la démocratie (AND), un certain  Moussa Aboubacar Coffè, membre de l’Alliance, a ouvert un coin de voile sur ses propres pratiques d’il y a quatre ans. il avait évoqué  «   Des urnes en doublon et transvasés en chemin, des bulletins pré-cachetés, des PV (procès verbaux de bureaux de vote) repris, et des membres de bureau de vote intéressés sous le regard des forces de l’ordre instruites ainsi que les représentants des autres partis (politiques) renvoyés car impuissants voire menacés. C’est ainsi que s’organise le K.O…» Secrets du K.O ? Assurément. Mais, c’est l’un des secrets les plus jalousement gardés par l’establishment politique, à savoir que chaque chapelle possède sa propre brigade de fraude qui scrute la loi électorale et s’engouffre dans ses failles au profit de son leader.  En dehors des aveux de Moussa Aboubacar Coffè, on connait dans quelles conditions des urnes ont été transportées par hélicoptère en 2011 et l’on connait précisément ce qui s’est passé pour que des masses de bulletins de vote se retrouvent après dans des rivières. Le tout a permis à certains responsables électoraux d’être positionnés au cœur de l’appareil d’Etat, une fois leurs crimes consommés et le K.O validé.
Sans honte et sans scrupule, ils ont fait triompher leurs tricheries, et se moquent après de la crédulité de ceux qu’ils ont réussi à rouler dans la farine.
Aujourd’hui, le code électoral a mis des balises pour conjurer ces forfaits. Du moins, c’est ce que l’on peut penser en lisant  son article 71 qui dit :  « Après l’ouverture de l’enveloppe portant les cachets d’identification et d’authentification du bulletin de vote, le président du poste de vote demande à un électeur présent sur les lieux, de poser au verso d’un bulletin de vote le cachet d’identification et d’authentification à un endroit de son choix. Il demande en outre à l’électeur d’indiquer le nombre de fois que ce cachet sera déposé sur le bulletin. Il fait constater à toute l’assistance le choix de l’électeur. Mention des deux (02) choix sera portée au procès-verbal avant le début des opérations de vote.
Tous les bulletins de ce poste de vote seront marqués autant de fois et de la même manière que les deux (02) choix de l’électeur. » Cette astuce du code, évite les bulletins pré-estampillés à grande échelle.
La question se pose de savoir comment la CENA pourra coder les bulletins en amont, pour les rendre impossibles à  dupliquer à grande échelle.
Une autre mesure antifraude, c’est la nomination des magistrats (en priorité) et des administrateurs civils, en tant que coordonateurs d’arrondissement. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est une mesure qui oblige tous les acteurs à se prendre au sérieux. Tenu par son serment pour ne pas nuire à sa carrière, le magistrat est ainsi un maillon de la chaîne de transmission des résultats à la CENA. A ce niveau seulement, et par le passé, les responsables électoraux avaient l’habitude de toutes les manigances.
Bien entendu, là où le législateur et toute la communauté cherchent  des solutions à la fraude, les fraudeurs restent toujours créatifs. Dans aucune chapelle politique sérieuse, on ne laisse jamais le vote se dérouler comme sur un fleuve tranquille, sans chercher à le détourner à son profit. Et ceci est loin d’être une spécificité béninoise.
Aujourd’hui, plus que par le passé, la fraude électorale est devenue une hantise  de la classe politique, comme du bas peuple. 2011 et ses cauchemars, constituent des souvenirs douloureux pour beaucoup, bien que certaines chapelles politiques aient tenté, comme par le passé de faire la fraude, comme les FCBE. Il faut donc s’attendre au renforcement des brigades antifraudes issues de tous les camps en compétition. C’est une vigilance citoyenne qui a valeur de survie dans bien des cas.

Par Olivier ALLOCHEME

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