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Le triomphe de la vérité

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Décision du conseil des ministres dans la cris e du football: Le Gouvernement retire l’agrément à la FBF


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Depuis le vendredi dernier, le gouvernement béninois a posé  un acte historique. Le football béninois perd l’agrément que lui octroie l’Etat et qui lui perd d’exercer en toute tranquillité sur l’étendue du territoire national. Cette décision inédite met un verrou sur les activités de la fédération béninois de football. Dans ce dossier que la rédaction sportive vous propose spécialement, il est question de savoir ce que c’est qu’un agrément, les répercussions de l’acte sur le football, d’écouter quelques acteurs sportifs, de connaitre les causes réelles de ce coup de théâtre et d’en tirer les conséquences sur le sport roi béninois dans les années à venir.

 

Le gouvernement demande à Safiou Affo de retirer l’agrément à la Fbf 

Le conseil des ministres a examiné la communication du ministre de la jeunesse des sports et des loisirs relative à la situation du football en république du Bénin. En examinant le point présenté par le ministre, il lui a recommandé de procéder au retrait de l’agrément à la fédération béninoise de football, d’engager des investigations en vue de situer les responsabilités des différents acteurs dans le dossier ayant entrainer la disqualification de l’équipe nationale de football des moins de 17 ans et la suspension du Bénin de toutes les compétitions de catégorie d’âges de la confédération africaine de football (Caf), de mettre en place un comité national de réconciliation ou de normalisation chargé de préparer les assises effectives de la grande famille du football et de prendre de nouvelles orientations devant créer un nouveau cadre de développement du football au Bénin avec l’appui des instances de football Caf et Fifa.

L’agrément en question

Définitions et structuration

Action par laquelle quelqu’un, et en particulier celui qui détient un pouvoir, approuve, autorise quelque chose ; consentement ainsi donné : Agir sans l’agrément de ses supérieurs. C’est l’acceptation, la reconnaissance, généralement de caractère officiel, de quelque chose ou de quelqu’un par une autorité, qualité par laquelle quelqu’un ou quelque chose plaît, qui les rend agréables, leur donne de l’attrait : Un visage non dépourvu d’agrément. En droit
c’est le procédé par lequel l’État fait participer certaines associations à son action en fixant les conditions auxquelles elles doivent se plier pour bénéficier, en retour, de prérogatives juridiques accrues ou d’avantages matériels. L’agrémentest aussi la reconnaissance officielle qui émane d’une autorité reconnue, qu’une personne possède la formation et les qualités nécessaires pour recevoir un titre professionnel et qu’elle rencontre les critères spécifiques de compétences associés à la pratique dans son domaine d’expertise.

En droit administratif

Au niveau des autorisations :

L’agrément peut être, entre autres sens, une autorisation administrative d’exercer une profession, une activité dans un domaine déterminé.L’administration intervient pour autoriser ou non une activité dans ce domaine, lorsqu’il est particulièrement sensible ; lorsqu’une erreur ou une intention malveillante, dans l’activité peut être réellement nuisible pour l’usager.On parle par exemple, de l’agrément des sociétés de sécurité privée, en France, qui autorise une entreprise à exercer des activités de gardiennage et de surveillance : cet agrément permet aux services compétents de vérifier les compétences des dirigeants, et leurs antécédents judiciaires, avant de permettre à l’entreprise de fonctionner réellement.

En droit des associations :

On parle également de l’agrément des associations :

Agrément éducation nationale, permettant aux associations de proposer des activités dans le respect des projets d’école et d’établissement, agrément de défense des consommateurs, des locataires (autorise une association à fournir des conseils juridiques personnalisés, concernant la consommation, la location, à ses adhérents, et à les défendre, voire à les représenter en justice) ;agrément au titre de l’environnement, permettant notamment à ces associations de se porter partie civile (Article L142-2 du Code de l’environnement), agrément d’éducation populaire (autorise une association à organiser des événements liés à l’éducation populaire, ou à percevoir des subventions dans ce domaine), agrément sportif (attribué par le Ministère des Sports après instruction par ses représentations départementales, l’agrément sportif reconnaît à une association œuvrant dans le domaine sportif des compétences liées à son fonctionnement associatif, comptable et démocratique). L’association est reconnue capable de faire fonctionner réglementairement une structure statutaire conforme et de réaliser des événements concernant l’enseignement et l’animation dans le domaine sportif. Les associations sportives agréées sont réputées être d’utilité générale dans la mesure où elles secondent l’État dans l’organisation et l’enseignement du sport. Elles peuvent recevoir à ce titre des subventions de l’État ou des dons des particuliers déductibles des impôts. En plus de l’agrément, une Fédération par discipline sportive reçoit une délégation de pouvoirs de l’État, qui lui reconnaît une mission de service public. Cette délégation de pouvoir octroie à une Fédération le droit d’organiser la discipline, de façon plus complète, de définir de grandes orientations et d’organiser des championnats nationaux précédés, s’il y a lieu, de sélections régionales, départementales, etc.dans le pur domaine associatif, l’agrément est non seulement une autorisation d’exercer telle ou telle compétence ; mais aussi la porte ouverte à bien d’autres actions. Par exemple, une association agréée de défense des locataires sera invitée à certaines instances de représentation des locataires.

En droit des sociétés

L’agrément est la procédure par laquelle les associés de certaines sociétés approuvent ou refusent la cession ou la transmission de parts ou d’action à une personne. Cette procédure est parfois prévue et organisée dans les statuts de la société dans une clause dite « clause d’agrément ».

Les implications juridiques du retrait de l’agrément à la Fbf

Chaque assemblée générale constitutive d’une fédération ou d’une association sportive est souvent entérinée par le ministère des sports. Lorsqu’il le fait, il signe un agrément avec la structure chargée de gérer le sport en général et le football en particulier dans les quatre années à venir selon la loi indépendante associative de 1901. Dans le cas d’espèce où le conseil des ministres intime l’ordre au ministère de tutelle de retirer l’agrément à la fédération béninoise de football, il s’agit d’un acte de divorce entre la structure de tutelle et celle faitière habilitée à gérer le sport roi béninois. Ce qui signifie que le comité exécutif bien que n’étant pas dissout ne plus le pouvoir d’exercer ses activités sur toute l’étendue du territoire national au nom de l’Etat central. Selon les spécialistes, ce retrait a des implications administratives sur la structure de gestion du football béninois. Il s’agit entre autres de la suppression de la subvention que l’Etat à la fédération de football à travers le ministère de sports, de l’interdiction d’exercer les activités de football sur l’étendue du territoire national, de la non représentativité de la fédération pour conduire le football béninois à l’international. L’Etat béninois ne peut plus accepter que le comité exécutif inscrive les équipes nationales béninoises aux compétitions de la Caf et de la Fifa. Il en est de même pour les compétitions de clubs. Mais malgré ce retrait, le comité exécutif dirigé par l’honorable Augustin Ahouanvoebla n’est pas dissout  et garde toujours et pendant tout son mandat toute sa légitimité. Seulement que cette structure ne peut plus se prévaloir garante des couleurs nationales ni faire participer le Bénin aux joutes nationales. Selon les spécialités du droit, le comité exécutif peut porter l’affaire devant les juridictions nationales en l’occurrence la cour suprême qui peut décider de l’annulation ou non de cette décision.

Le Bénin court plusieurs années de suspension

Le retrait de l’agrément du gouvernement à la fédération béninoise de football (Fbf) qui a été recommandé par le conseil des ministresne va pas rester sans conséquence.Il expose inéluctablement le Bénin à des sanctions qui vont être lourdes. En effet, d’après les articles 13 par 1(i) et 17 des statuts de la FIFA les textes de la FIFA qui stipulent que -Toute association membre de la FIFA se doit de diriger ses affaires en toute indépendance et de veiller à ce qu’aucun tiers ne s’immisce dans ses affaires-, le Bénin vient de fouler au pieds cette disposition de la structure faitière. Car, bien que le retrait annoncé par le gouvernement ne dissout pas le bureau du comité exécutif que préside Augustin Ahouanvoebla, il l’oblige à se retrouver bloquer dans l’exercice de ses prérogatives. Ahouanvoebla et son groupe ne pourront plus représenter, ni engager le Bénin dans les rendez-vous internationaux comme les prochaines éliminatoires de la CAN qui vont démarrer dans moins de 4 moins. Toute chose que la FIFA n’entend pas admettre. Ce qui fera qu’elle ne va pas hésiter à frapper. Le Bénin étant donc dans le collimateur de la FIFA doit se tenir prêt à toute réaction allant de l’avertissement jusqu’à sa suspension des activités de la FIFA.

Les réelles causes de cette décision gouvernementale

La décision de retrait d’agrément à la Fbf n’a pas été prise ex-nihilo. Un petit détour sur les quatorze mois de gestion du président Ahouanvoebla va mieux édifier. En effet, selon le ministre de la jeunesse, des sports et des loisirs, SafiouAffo et bon nombre d’observateurs, la collaboration entre la Fbf et sa structure a pris un coup suite à une succession de faits désagréables. Si le ministre évoque le non-respect de la parole-donnée, d’autres évoquent l’incompétence du président à gérer les affaires du football. En effet, «le président au lendemain de sa prise de fonction, dit le ministre, avait promis régler la crise du football en réunifiant la famille pendant les six premiers mois de son mandat. Mais, cette situation n’a connu aucune amélioration, bien au contraire, elle s’est empirée avec la division qui est notée au sein du comité. Ce qui ne laisse pas entrevoir une bonne suite pour la gestion de football au Bénin ». A côté de ce point, il faut souligner celui relatif à la recherche des sponsors pour le championnat et aux équipes nationales avec l’arrivée au Bénin d’un haut responsable de Sport Vision qui serait spécialisé dans le marketing. Cela est doublé de la signature de contrat avec un entraineur expatrié  de nationalité française, Didier Ollé Nicolle, le tout corroboré par l’élimination précoce du Bénin des éliminatoires de la CAN2015, jouée récemment en Guinée Equatorial. On note également la disqualification de la sélection cadette des éliminatoires de la CAN U17 tenue au Niger pour erreur administrativepuis la suspension du Bénin de toutes les compétitions de catégories d’âge par la CAF. Il ne faut pas oublier aussi le lancement des championnats de ligue 1 et de Ligue 2 sur fonds de polémique, puisqu’il a fallu d’abord l’intervention du ministre avant que les matches n’aient lieu. Tout ceci a fini par sortir le ministre des sports de son mutisme. Lors du lancement d’une activité de l’une des directions à Parakou, Safiou Affou a déclaré ouvertement la guerre à la Fbf. Les amoureux du cuir rond disaient que le ministre doit cesser de parler et aller à l’essentiel. Aujourd’hui, il vient de poser un acte historique qui restera gravé dans la mémoire collective.

Ce retrait va aider le football béninois si l’Etat prend ses responsabilités

Après le retrait annoncé de l’agrément, les acteurs sportifs se prononcent. La plupart des intervenants estime que l’Etat a pris ses responsabilités. Pour eux, il était grand temps que le football béninois sorte de l’engrenage de la médiocrité. Loin d’être l’odyssée, ce retrait peut constituer aussi le début de tous les problèmes pour le football béninois si on n’y prend garde.

 

Charles Titiguéti, président de l’association des centres de formation du Bénin: « L’Etat a pris ses responsabilités »

 « L’Etat est garant de l’ordre et de la discipline dans tous les pays. Et lorsque  dans un domaine les choses ne marchent pas comme on le souhaite, et que les divergences commencent à prendre une ampleur tel que c’est le cas au niveau de notre football, car vous ne restez pas sans savoir qu’il est décrié un peu partout, on ne peut que s’attendre que l’Etat d’un jour à l’autre prenne ses responsabilités. C’est le cas actuellement avec cette décision qui est de retirer l’agrément à la fbf. Cette décision s’impose à tout le monde. Elle va nous permettre de retourner à la case du départ. Ce qui veut dire qu’à partir de maintenant tous les acteurs doivent se réunir pour aller voir les gouvernants pour la remise en état de notre football. C’est-à-dire faire en sorte que les orientations que le peuple veut pour son football soient mises en application ».

 

Firmin Akplogan, ex vice président de la FBF: « Le retrait de l’agrément à ce bureau va nous permettre de restructurer les choses »

 « Je voudrais rendre hommage aux vrais acteurs du football. Ceux là qui se battent pour un réel décollage de la discipline chez nous. Vous savez, au niveau de notre fédération de football, il y a une mauvaise gestion dans lequel le bureau du comité exécutif a enveloppé tout le monde. En terme claire, notre football est très mal géré actuellement. Alors, je trouve bien que l’Etat ait tapé du poing sur la table. Cette décision est salutaire dans la mesure où, notre pays a été déjà sanctionné pour deux ans au niveau du football des catégories d’âges. Vous savez, cette sanction de la Caf, nous avait mis, nous qui sommes des formateurs à genou. Mais, cela ne disait rien aux auteurs de la tricherie qui nous a valu cette sanction. Aujourd’hui, le gouvernement par cette décision vient en quelque sorte nous essuyer les larmes et nous donner le sourire. Car, le retrait de l’agrément à ce bureau va nous permettre de restructurer les choses. Je salue le ministre qui à aucun moment n’a fléchi pour nous amener cette décision qui est à mettre à son actif et à l’actif du football béninois. C’est la jeunesse qui en sortira grand vous allez voir.Je voudrais d’ors et déjà inviter tous les vrais acteurs, comme nous qui œuvrons dans la formation à la base et qui avons de bonnes visions, à accompagner le ministère dans les réformes. Cette décision doit nous permettre de vraiment rebâtir notre football à travers la formation à tous les niveaux. Pour ce qui est de la FIFA, je pense que c’est à nous d’aller vers elle pour lui dire comment nous pensons gérer la situation. Elle va nous demander de mettre en place un comité de transition ou de normalisation, des dispositions auxquelles je crois les gens ont déjà pensées ».

Thierry Sokènou, supporter: Cette bonne décision devrait être prise un peu plus tôt

« Cette décision est une très bonne décision qui aurait été prise un peu plus tôt. Je crois qu’à ce jour on ne serait pas dans cette merde dans laquelle le comité exécutif que préside Augustin Ahounvoebla nous a mis. On est disqualifié de toutes les compétitions de catégorie d’âge, on n’est pas qualifié pour la CAN, on ne participe pas aux journées FIFA, bref, on n’a rien comme football qui marche. Et cela depuis, s’il vous plait. C’est du gâchis total pour notre football. Et je crois qu’avec cette décision de retirer l’agrément, les gens vont revoir les choses, les corriger pour le bonheur des jeunes qui ne veulent rien d’autre que de pratiquer leur discipline de rêve dans de bonnes conditions. Et cela ne peut pas se faire sans la réunification de tous les acteurs qui interviennent dans le football. Donc, il faut que des décisions visant à redresser le niveau de notre football se prennent. …La décision de retirer l’agrément à la FBF ne va pas plaire aux instances faitières. Mais cela dépendra de comment le gouvernement si prend avec elles. En tout cas, plaire ou ne pas plaire, nous devons aller de l’avant ».

 

Daniel GBAGUIDI, ancien joueur de l’ASO Porto Novo: « Je demande au gouvernement d’aller jusqu’au bout du processus »

« Ce sont les personnes les plus indiquées qui ont cogité la chose et ont trouvé que ce n’est que cette formule là qui donnera le salut en matière du football. On les remercie vu que la crise dans ce domaine ne cesse de prendre de l’ampleur. Moi, j’ai pratiqué l’ancien football et je vois les jeunes jouer aujourd’hui, franchement ça ne va pas. On va à la déperdition. Il faut bien que cela s’arrête un jour. Et je crois que c’est ce jour qui est arrivé. Parce que cela ne fait pas du bien que ce soit de nous que l’on parle tout le temps. C’est à croire qu’il n’y a pas d’acteurs chez nous. Les autres qui font bien n’ont pas deux têtes. Si la crise doit venir des gens qui gèrent la fédération pour pénaliser les acteurs, je dis non, il faut que cela cesse. Je demande au gouvernement d’aller jusqu’au bout du processus ».

 

Vizir Touré, entraineur de football:«Nous aurons une base solide si l’après retrait d’agrément est bien géré »

« Le gouvernement doit avoir ses raisons. Peut-être que la fédération s’oppose à sa politique de développement du football. Maintenant, si c’est pour une bonne raison, ce retrait va nous avantager. Mais si c’est pour amuser la galerie, je crois qu’il est préférable que la décision ne soit même pas mentionnée quelque part. Alors, cela étant, je voudrais dire que le retrait de l’agrément est une décision qui en elle-même est bonne, car elle va nous permettre de revoir notre manière de gérer tant le côté administratif que le côté technique de notre football. Elle va permettre d’avoir une base solide si l’après retrait d’agrément est bien géré. Et la bonne gestion de cette période va dépendre tant de nous que de la FIFA. Cette dernière qui n’aime pas l’ingérence du politique dans ses affaires, va sanctionner le pays ».

Réalisation: La Rédaction Sportive

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