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Le triomphe de la vérité

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Législatives 2015: La foire des divorces politiques mouvementés


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Il a fallu que les alliances et formations politiques en course pour les législatives confectionnent leurs listes électorales respectives pour que s’ouvre le bal des  désamours politiques. Les positionnements opérés dans plusieurs circonscriptions électorales  n’ont pas tardé à faire sortir des candidats de leurs gongs de frustrés, à telle enseigne que certains se sont empressés de démissionner. Les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) ont  déjà, à elles seules, enregistré des départs nombreux et spectaculaires.  L’ancien ministre Bernard Davo semble avoir été prévoyant et n’a pas attendu les dernières heures pour se repositionner ailleurs. Connu comme un leader  affidé de l’alliance au pouvoir, il a déchanté depuis quelques jours en prenant la direction de la Renaissance du Bénin où il a pu obtenir un poste,  fut-il celui du suppléant du 4ème titulaire dans la 15ème circonscription électorale. « C’est mieux que rien », se console l’entourage de Bernard Lani Davo qui rapporte que son nom était invisible sur la liste FCBE jusqu’au dernier jour du dépôt des candidatures à la Commission électorale nationale autonome (Cena). Bernard Davo a-t-il ainsi tourné dos au camp Yayi ? L’homme, lui-même, se refuse à toute  réaction,  suite à son ralliement à la liste RB-RP, laissant se poursuivre tous les types de commentaires à son égard. Benjamin Ahounou, un autre ex leader FCBE,  apparemment plus courageux, a quant à lui,  réagi  sans sourciller, se disant heureux de quitter l’alliance au pouvoir, pour atterrir chez les Houézèhouè. A le croire, il serait écarté de toutes  les décisions  que prenaient jadis les responsables des FCBE et pense qu’il n’avait donc  d’autre choix que de partir.

Des  départs  spectaculaires
Il y a eu également le cas Christine Ouinsavi, ancienne  ministre de Boni Yayi, qui, plus spectaculaire, a tenté de retirer avec force, il y a peu, son nom de la liste FCBE, pour  n’avoir pas bénéficié du poste de 1er titulaire dans la 22ème circonscription électorale, comme on le lui aurait promis. En sommant la semaine écoulée la Cena de lui retourner son dossier, Christine Ouinsavi a publiquement mis à nu « la grande colère » qu’elle exprime à travers ce déclassement, accusant Boni Yayi, de ne pas lui avoir laissé l’opportunité d’être tête de liste dans la même circonscription  avec sa propre liste UFED. Dans la 24ème circonscription,  c’est un autre leader FCBE influent qui quitte également la vague, parce que mal positionné aussi. Il  répond au  nom de Célestin Goutolou.
Reste que le virus des divorces politiques de ces derniers jours  ne contamine pas seul, le camp des FCBE. Le Parti du Renouveau Démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji en a aussi subi les représailles avec  l’éminent magistrat à la retraite Ismaël Tidjani Serpos. Il a  tôt fait de claquer la porte à ce parti pour   bénéficier royalement de la position de tête de liste sur la liste  RB-RP dans la 5ème circonscription électorale  regroupant Kpomassè,  Ouidah, Allada et Toffo,  alors qu’il était peu sûr d’avoir les mêmes privilèges sur la liste PRD.
Question d’intérêt pour  tous les cas cités ou stratégie politique ? C’est l’un  ou l’autre. En voyant partir sur une autre liste son alter ego Ali Camarou, Epiphane Quenum, président du Rassemblement pour la Démocratie et la République (RDR),  cache visiblement son amertume derrière l’argument de « stratégie politique ». A la faveur d’un récent point de presse, à l’occasion duquel, il a annoncé avec  joie le rétablissement de sa liste RDR, il a abordé le cas Ali Camarou avec qui il a créé son parti, sans s’y étendre, un peu comme si cela  ne le préoccupait pas assez.  Ali Camarou a préféré la liste de l’Union fait la Nation (UN) pour accroître ses chances d’être élu et de renouveler son siège  dans la 16ème circonscription électorale, laissant croire que son rêve avait un avenir incertain avec une liste RDR ayant une carapace politique de moindre taille.
Bref,  la foire des divorces  dans  de nombreuses familles politiques béninoises  s’est ouverte précocement à la veille des  législatives. Elle pourrait se poursuivre à l’occasion des élections communales et municipales qui pointent également à l’horizon et se ferait encore plus bruyante à l’arrivée de la présidentielle de 2016.

Le sort de l’UBF hante toujours les FCBE

L’Alliance des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) n’est pas encore au bout de ses peines. Alors qu’on pensait que tout allait rentrer dans l’ordre avec le congrès extraordinaire du 18 février 2015 où la messe de remobilisation et de resserrement des rangs semble avoir été dite, c’est tout le contraire qui s’observe depuis peu. Les dissensions et les divorces se multiplient depuis les dépôts des candidatures aux législatives au point de ramener sur le tapis le sort voué à cette alliance, après le départ de Boni Yayi en 2016. Tout porte à croire davantage que la cassure subite et la triste disparition de l’Union pour le Bénin du Futur (UBF) avec le départ du Général Mathieu Kérékou du pouvoir en 2006, guette plus que jamais les FCBE. La question alimente désormais toutes les conversations face aux nouveaux vents turbulents qui soufflent dans son ciel. La composition de la liste de l’alliance au pouvoir est tellement tumultueuse qu’elle pourrait être l’élément par lequel viendra le malheur final : la cassure. Car, un peu partout aujourd’hui dans le pays, ça gronde du côté des FCBE. Des mouvements de jeunes et de femmes s’organisent à tout rejeter parce que leurs leaders respectifs sont en souffrance dans les positionnements. De la 1ère à la 24ème circonscription, les coups de gueule déferlent à un rythme inquiétant sur la machine politique de Yayi et sur ceux qui en détiennent encore les commandes.
Les législatives qui s’annoncent constituent en tout cas, un virage de mort pour les FCBE qui risquent de ne pas survivre au-delà au regard des nouvelles menaces de démission qui s’annoncent.

Wandji A.

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