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Le triomphe de la vérité

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Edito: La machine FCBE


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Les FCBE veulent faire encore cent ans à la tête du pays. Neuf ans après la mise en place du régime du changement, son objectif est de perdurer, même au-delà de 2016. Cent ans, a annoncé le sémillant ministre des finances qui savoure sa fulgurante ascension politique.  De quoi faire rêver les pontes du régime, tous mobilisés ce week-end pour relancer une machine électorale qui a déjà fait ses preuves.
Car les FCBE, ce n’est rien d’autre qu’un outil électoral. Comme la plupart de nos formations politiques, sa seule idéologie reste le pouvoir au nom duquel tout se fait. « Bénin émergent » ? Ce n’est tout au plus aujourd’hui qu’un vieux slogan politique. Plus personne n’y croit au sein de la troupe. Le symptôme le plus emblématique de ce revirement, c’est que l’émergence a disparu de toutes les lèvres. Comme par enchantement. Ce qui compte, ce n’est rien d’autre que le soutien au « leader charismatique », Boni Yayi. C’est lui le moteur de cette machine qui entend conquérir 50 sièges à l’Assemblée nationale dans quelques mois. L’idéologie, c’est lui.
Mais la tâche sera rude pour les FCBE cette année, plus rude que par le passé. Les récentes démissions de Mathurin Nago, Hélène Aholou Kèkè et Roger Dovonou sont venues s’ajouter à toutes les autres restées implicites : Sacca Lafia, Djibril Débourou, Soulé Sabi Moussa, Wakouté Saguifa, Bani Samari et bien d’autres déçus. L’alliance Soleil annonce douze députés, dont la plupart sont  d’anciens inconditionnels. Signe des temps, ni l’ancienne directrice de campagne de Boni Yayi, Vicentia Boco ni le Professeur Nago, le plus inconditionnels des fidèles du yayisme en 2006, n’était là ce week-end pour acclamer le maître du changement. Y a-t-il encore quelqu’un qui y croit encore ? Pas vraiment.
Ceux qui s’y accrochent y trouvent un gagne-pain bien gras, et y mobilisent la meute des affamés qui font commerce de leur misère auprès des politiques. Car, malgré ce vide idéologique, le régime peut exhiber ses réalisations : de l’eau potable, de l’électricité, des routes, des microcrédits, des emplois, la promotion des cadres…à travers le pays. Les Béninois ne sont pas insensibles à ces « actions » et peuvent bien payer aux FCBE tous les « sacrifices » de Boni Yayi. La sociologie nationale ne regarde pas l’éthique politique  qui s’est perdue en neuf ans, avec ses corollaires, l’instrumentalisation des masses populaires, l’achat des consciences qui est plus que jamais le seul mode de mobilisation des électeurs, le vide idéologique. En un mot, le modèle démocratique flétri par la prépondérance du lacunaire élevé au rang de norme.   Par-dessus tout, ce qui mobilise les masses, ce sont les promotions des cadres, la horde des ministres tenus en laisse, les DG chargés de tout sauf d’être efficaces en leurs secteurs, les cadres à divers niveaux qui se battent dans leurs coins pour avoir une place au soleil. C’est l’idéologie des arrivistes qui pullulent dans le système. Ils sont aujourd’hui ceux à qui l’on donne les « moyens » pour aller mobiliser la clientèle électorale dans les hameaux les plus reculés, en comptant sur l’ignorance et la bêtise des nôtres.
Mais l’autre versant de la machine désormais en marche, c’est le matraquage médiatique. Depuis près de deux semaines, la télévision nationale est mise à profit pour annoncer les milliards qui pleuvent depuis l’étranger pour la réalisation de tel ou tel projet. Il s’agit d’exploiter à fond l’ignorance des populations à qui l’on veut faire croire à une connivence de fait entre Yayi et les pays donateurs. L’idée étant que c’est lui qui fait venir de l’argent dans le pays, sa formation politique bénéficie par conséquent des retombées de cette aura fabriquée.
Ceci suffira-t-il à redonner aux FCBE leur lucre d’antan ? Il faut en douter sérieusement. L’alliance elle-même a revu à la baisse ses ambitions passées. Au palais des sports ce samedi, ce n’était pas la liesse des grands jours, mais une ambiance de contrition. La façade joyeuse n’a pas réussi à camoufler les amertumes. Et surtout l’inquiétude des positionnements qui vont provoquer d’immanquables déchirements. Les plus pessimistes ont  même prédit qu’il s’agissait bien du dernier congrès des FCBE. Tant il est vrai que ceux qui seront laissés en rade, cette fois-ci, auront peu de chance d’être positionnés quelque part. Il ne reste plus à l’occasion qu’à se battre pour ne pas se faire doubler par cette machine de guerre.

Par Olivier ALLOCHEME

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