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Le triomphe de la vérité

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Edito: Vous faites trop d’enfants


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Le récent rapport du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) est sans ambages : l’Afrique peut réaliser un véritable miracle économique d’ici 2050 si elle maîtrise mieux la croissance de sa population. L’institution est allée plus loin encore en indiquant que le continent réalisera un dividende démographique de d’environ 1000 milliards de FCFA par an sur une période de 30 ans, lorsque la population en âge de travailler dépassera en nombre le reste de la population, en raison de la baisse de la fertilité.       Ce n’est pas la première fois que cette théorie est avancée. Et nous sommes tous informés qu’une démographie désordonnée constitue pour un Etat, le meilleur moyen de perpétuer sa pauvreté. Mais ici, la question est de savoir si les vœux de l’institution onusienne peuvent se réaliser un jour face aux mentalités natalistes en vogue chez nous.  J’ai un ami qui, à peine à 45 ans, possède à lui seul cinq femmes, avec un nombre d’enfants qu’il a du mal à compter. Et, apparemment, il en est plus que fier puisqu’il exhibe ses épouses et sa nombreuse progéniture comme un trophée devant ses visiteurs. Son cas est loin d’être unique. La plupart des cadres béninois possède deux ou trois femmes, dont certaines sont appelées à l’occasion deuxième, troisième ou quatrième bureau. Tout le monde connaît la concurrence qui se développe rapidement parmi ces bureaux qui multiplient les grossesses.      Dans un pays où le chef de l’Etat est officiellement polygame, l’on imagine ce qu’il en est du reste des citoyens. Mais il n’y a pas à incriminer la polygamie. Même la monogamie constitue un véritable fléau lorsqu’elle débouche sur une natalité incontrôlée. En un mot, le nombre de femmes n’est pas en cause, mais bien le nombre d’enfants que cela génère, enfants que les parents eux-mêmes se trouvent incapables d’éduquer convenablement, faute d’argent.  Oui, la démographie galopante a une incidence directe sur le développement. Lorsque nous nous plaignons des effectifs pléthoriques dans nos écoles et nos universités, nous ne nous posons pas toujours les bonnes questions, à savoir : pourquoi les parents qui ont mis leurs enfants au monde, acceptent-ils de les faire éduquer dans des conditions d’étude aussi infamantes ? A savoir aussi, pourquoi des gens qui sont de chair et d’os, donc aussi sensibles que vous et moi, font des enfants à la pelle et les envoient servir comme domestiques au Nigeria, au Gabon ou comme prostituées en France ou aux Etats-Unis ? Pourquoi tant de parents se surprennent à laisser leurs progénitures à la rue, lieu où ils exercent mille métiers de survie quotidienne, là où des couples plus responsables font tout pour que leurs trois ou quatre enfants, vivent et étudient dans des conditions acceptables ? A vrai dire, aucun Etat pauvre comme le nôtre, ne peut faire face aux conséquences d’un boom des naissances. Car une telle situation réduit à zéro les efforts qu’il entreprend dans la construction des infrastructures et l’expose tôt ou tard à la dure réalité du chômage de masse. Elle expose aussi les familles à la pauvreté face au coût élevé de la vie actuelle. Dans certains cas, pour avoir échoué dans la vie, certains enfants travaillent secrètement à tuer leurs parents pour hériter de leurs biens.       Au Bénin, le dernier recensement général de la population et de l’habitat a montré que notre pays a enregistré un taux d’accroissement démographique de 3,5% dans la décennie 2002-2013, contre 0,4% en France et 0,2% dans l’Union européenne. Il révèle en même temps que ce rythme est trop élevé comparativement à la lenteur de nos progrès économiques. Il indique aussi comment les efforts de l’Etat ne mènent nulle part si l’on ne réduit pas dans le même temps cette abondante natalité qui fait que chaque femme béninoise accouche d’environ 5 enfants dans sa vie, contre 2 en Norvège, aux Etats-Unis et en France, et presque 6 au Burkina-Faso. De toute évidence, la fertilité des femmes de chez nous fait partie des plus élevées au monde. Il faut travailler à changer les mentalités. Et c’est ce que fait depuis quelques semaines l’Institut National pour la Promotion des Femmes (l’INPF) à travers nos communes. Mais je reste convaincu que si chaque Béninoise et chaque Béninois, qu’il soit riche ou pauvre, cadre ou subalterne, paysan ou commerçant, refuse de céder aux sirènes de la natalité à tout vent, nous aurons donné une chance au développement de notre pays dans les prochaines années.

Par Olivier ALLOCHEME

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