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Le triomphe de la vérité

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Idrissou Bako, DG SONAPRA: «On m’accuse de tout, mais je reste serein »


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Idrissou BAKO DG SONAPRALe directeur général de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra) et aussi coordonnateur national des usines de la Société pour le développement du coton (SODECO), Idrissou Bako est intervenu dans un entretien sur les supposés « actes de mauvaise gestion » dont il ferait preuve et qui auraient engendré une perte à hauteur de 49 milliards de F CFA au titre de la campagne cotonnière 2013-2014. La responsabilité de ladite perte incombe à Industries cotonnières Associées-GIE (ICA) qui ont délibérément retardé l’égrenage de plusieurs mois, selon Idrissou Bako qui a soutenu que l’Etat devrait exiger d’eux, des dédommagements. Pour rappel, le groupe ICA dispose de la Compagnie cotonnière du Bénin à Kandi, de l’Industrie cotonnière béninoise à Ouassa-Pehunco, de la Société cotonnière du Bénin à Bohicon, de la Société cotonnière de Ndali, ex-SODICOT et enfin de l’Industrie béninoise d’égrenage et de dérivés de Coton de Kétou.
L’Evénement Précis:  Il y a un moment que l’actualité fait état d’une perte de 49 milliards de F Cfa au titre de la campagne cotonnière 2013-2014, remettant en cause votre gestion. Qu’en dites-vous ?

Idrissou BAKO : Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et il n’y a, non plus, pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Je peux m’expliquer à mille occasions, ceux-là qui ne veulent pas entendre et voir, ne comprendront rien. Voici pourquoi cette histoire revient sous différentes formes et à plusieurs occasions. C’est en réalité une technique qui consiste à revenir sur le même sujet sur une périodicité trimestrielle parce qu’on n’a plus d’arguments convaincants. J’ai donné une conférence de presse sur ce dossier et tout a été clarifié. On nous a dit que ce sont des experts qui ont évalué la campagne pour qu’on ait ces résultats. Est-ce un bilan d’exercice pour dire que l’exercice est déficitaire ou bien pour ressortir la non-exploitation de certaines opportunités ? Si aujourd’hui on évoque une perte tenant compte de tout ce qui résulte des bons d’exploitation et le respect de tout ce qui est à titre passif, on jugera de la réussite ou non de la campagne. Mais si c’est le cas présent où on ne défend que l’intérêt personnel, indiquant que tel n’a pas utilisé telle opportunité, je crois qu’on nous amène dans le dilatoire. Le groupe ICA avait toutes les usines et tous les égreneurs. Ils avaient en charge l’achat des pièces de rechange, la révision des usines. Ils étaient seuls à avoir le monopole pour préparer au mieux l’égrenage en novembre donc en temps réel. J’avoue que jusqu’en janvier 2014, ils n’avaient passé aucune commande de pièces de rechange. C’est après que je sois nommé, le 10 janvier 2014, coordonnateur national des usines de la SODECO que j’ai effectué les commandes nécessaires. Les pièces sont venues. On a fait la révision et on a commencé l’égrenage dans les usines de la région septentrionale, le 31 janvier 2014, soit en février, je dirai. En mars déjà, la pluie a commencé. On parle aujourd’hui de coton graine mouillé, de la pourriture, de la baisse de qualité du coton fibre. Tout cela, c’est parce que l’égrenage est fait en saison pluvieuse. Mais qui nous a amené là ? « La perte enregistrée au titre de cette campagne en question leur incombe et si l’Etat béninois devrait réagir en vertu des clauses contractuelles, il devait leur adresser une facture de remboursement, car, c’est seulement eux qui avaient ce monopole et l’Etat n’avait pas accès aux usines. C’était à eux de prendre les dispositions nécessaires ».

Quelle est alors la part de responsabilité de l’Etat dans cette affaire ?
L’Etat n’a été fautif nulle part. Au contraire, il a pris ses responsabilités en réquisitionnant les usines de SODECO qu’il m’a confiées afin que la campagne soit sauvée. Deux raisons justifient cette cabale contre nous : Primo, ils veulent nous empêcher, par diversion, de réviser les usines et commencer l’égrenage dès novembre et amener le chef de l’Etat à me décharger s’il réalise que les gens me malmènent trop. Moi Idrissou Bako à ce poste ne les arrange pas. Ils connaissent ma détermination. Ils le savent, je suis engagé, je regarde devant, pas en arrière. Secundo, saper mon moral au cas où le chef de l’Etat Boni Yayi ne ferait pas leur volonté. On m’accuse de tout, je suis serein et je resterai serein. A toutes les occasions, j’ai délibérément demandé qu’on vienne contrôler ma gestion. Je suis un humain et l’erreur est humaine. On peut constater des erreurs, nous sommes disposés à les corriger. Mais si on trouve des fautes qu’on nous sanctionne. Je ne demande pas la clémence de quelqu’un si on doit me punir. J’ai eu deux contrôles pour la campagne 2012-2013. Pour la campagne 2013-2014, j’ai aussi demandé qu’ils viennent contrôler la gestion. Nous sommes nombreux à être directeurs généraux aujourd’hui. Mais, il y en a parmi nous qui, quand ils entendent contrôle, ils ont la trouille. Actuellement, moi je suis prêt. C’est une grande chance pour moi qu’on me contrôle en cours d’exercice. Ce n’est pas au moment où je serai sur un autre front qu’on va me rappeler pour… Il faut militer pour se faire contrôler. C’est mon grand souci.

Que dites-vous du bradage des intrants et du vol des balles de coton?
Dans le cadre de la gestion des intrants, le peuple béninois sait tout le réseau que j’ai démantelé en conflit avec le responsable du développement rural (RDR) sans un soutien dans cette lutte contre le bradage des intrants. Aujourd’hui, je gère quatre cas de tentatives de vol et de fraudes répartis sur toute l’étendue du territoire national : vol de coton graine, de balles de coton….J’ai mes propres agents qui sont inclus au niveau de SODECO Parakou. Il y en a qui s’adonnaient à ce vol depuis des années. Le vol des balles de coton s’effectue en réseau depuis dix ans. Mais à chaque occasion, on me prend pour responsable de tout cela. Ces cas sont illustratifs et un directeur général ne peut rien organiser sans ses collaborateurs. Si c’est lui-même qui les arrête, ces derniers pourront tous dénoncer s’ils complotaient ensemble. Ce ne sont que des situations qui me créent des adversités même internes. Fort de cette adversité, c’est Industries cotonnières associées, un Groupement d’intérêt économique (ICA-GIE) qui vient avec sa stratégie de communication à outrance pour me nuire et cela ne peut qu’échouer. Aussi matinal que soit le mensonge, la vérité le rattrape toujours quand bien même elle apparaît le soir. Donc, ces situations restent éphémères, selon moi.

Comment peut-on parler de vol de balles de coton si les containers sont plombés ?
Au cours de la campagne cotonnière 2012-2013, il y a eu un cas pareil où je ne me suis pas retrouvé. Tout me semblait comme un miracle. Donc, c’est cette dernière opération qui a illustré correctement leur procédure. Tout le monde savait que tout se passait au Port de Cotonou sans pouvoir brandir un indice susceptible de le décrire correctement. C’est le 24 septembre 2014 qu’ils les ont pris en flagrant délit. On sait maintenant que c’est un réseau qui opère ; c’est ce qui est bien ! Ce succès est à l’actif de Idrissou Bako.

Dites si les normes dans la révision des outils Industriels ont été respectées ?
Dès la réquisition et à la fin de la campagne 2013-2014, des dispositions ont été prises en impliquant la Direction de l’exploitation industrielle de la Sonapra avec l’appui conseils de certains experts pour passer la commande des pièces de rechange nécessaires dans les usines au titre de la campagne 2014-2015 en France et plus précisément à SOSEA. On peut citer le démontage de vieilles pièces telles que les scies usées et des brosses, les chaussettes, les paliers, roulements usés et autres pièces. Un remplacement a été aussitôt fait au niveau des organes mécaniques et électroniques pour un meilleur rendement de fibre au titre de la campagne 2014-2015. Mais avant, une mise au point technique des pièces de rechange nécessaires dans toutes les usines SODECO a été faite avant le démarrage des travaux de maintenance. Aujourd’hui, toutes les usines du Nord Bénin, après leurs essais à blanc, sont prêtes pour l’égrenage de l’or blanc et les autres d’ici peu vont subir le même sort. Les normes actuelles ont été respectées et la livraison des commandes faites à temps. Ce sont les conditions sine qua non pour la mise au point convenable de ces outils industriels. Pas de crainte à cet effet, les détracteurs ont voulu enfler la polémique afin de distraire l’opinion publique du concret. Par la volonté de Dieu, le démarrage de l’égrenage pour le compte de la campagne 2014-2015, est imminent grâce à la volonté du gouvernement qui a permis à la coordination de réussir cette opération. Les aires de stockage seront libérées pour faciliter l’entrepôt des graines et autres produits dérivés tels que les balles de coton, lintcleaner et des gins mottes.

Votre mot de fin
Je voudrais que le peuple Béninois comprenne la situation dans laquelle je me retrouve aujourd’hui. Une situation bien orchestrée pour me déstabiliser. On manipule la presse béninoise afin qu’on titre chaque matin quelque chose de mauvais sur Idrissou Bako, ceci à hauteur de millions volés sur le dos de nos pauvres producteurs de coton. Je ne ferai pas de la sorte ; je ne ferai pas cette bataille médiatique puisque je n’ai ni accumulé ni volé pour pouvoir sortir cela en désordre. Je ne veux du tout pas engager la Sonapra dans une pratique du genre. C’est d’ailleurs pourquoi, ils ont pris du pas sur moi. Dieu aidant, ils finiront leurs moyens dans cette sale besogne mais, seule une nuit pour qu’un ange passe un coup de chiffon sur leurs mauvais jeux. Du coup, tout le monde percevra la cabale dont je suis victime tout le temps. Ma promotion, elle est écrite par Dieu tout simplement parce que tout ce que vous subissez, vous le méritez ou bien que c’est une épreuve. Lorsque vous le méritez, c’est la réponse à un mal, un péché que vous avez commis. Mais lorsque c’est une épreuve, c’est un sacrifice pour le prochain tremplin. Moi, je ne me rappelle pas avoir commis tant de péché. C’est donc, pour moi, un sacrifice après lequel, mon bonheur surgira. Allah est au contrôle.

Réalisé par la Rédaction

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