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Le triomphe de la vérité

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Edito: A quand la fin ?


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Tous ceux qui ont suivi dimanche la prestation de Jean-Baptiste Elias, ont eu une impression de déjà-vu. Ce n’est malheureusement pas la première fois que le président de l’OLC s’épanche en tapages et admonestations sulfureuses. Ils finissent par ne rien donner.
Est-ce le rôle de l’OLC de se répandre en déballages sur la place publique ? Cette question renvoie à cette autre : n’est-il pas plus important que   l’OLC et les autres acteurs en charge de la lutte contre la corruption intentent un vrai procès contre les faussaires au lieu de s’arrêter à l’étape du cri ? Car en définitive, dénoncer les mauvaises pratiques au sein de  l’administration publique, nul ne le fait mieux que les médias béninois. Que ce soit la télévision, la radio, la presse écrite et maintenant la presse en ligne, les dénonciations de prévarication relèvent d’abord des médias qui doivent les répandre dans tous les coins et recoins du pays à travers des investigations sérieuses. Que le président de l’OLC remplace les journalistes, ne devrait nous gêner que dans la  mesure où c’est finalement nos canaux qu’il emprunte pour livrer les fruits de ses enquêtes. Il n’est pas fait pour s’autosaisir à tout vent des «affaires» et les déverser sur l’opinion publique. Son job devrait être à tout jamais de travailler à mettre les présumés coupables derrière les barreaux. Et donc d’agir dans le sens que nous voulons : mettre fin aux dérapages qui détruisent notre fragile tissu économique. Aucune lutte contre la corruption ne consiste à aller faire   son one man show à la télé.  Cette solution médiatique était encore valable dans les années 1990 où les esprits étaient encore passablement remontés contre la mauvaise gouvernance. Aujourd’hui, le peuple du Bénin, sans prôner le vol de l’Etat, n’en est pas moins devenu plus sceptique que jamais. Les déballages sans lendemain donnent l’impression que l’on s’amuse à nous sortir de nos gonds. On n’est pas dupe.
On n’est pas dupe d’autant plus que malgré les gros déballages, les habitudes ont encore la peau tenace. Elles nous reviennent, tels des serpents de mer et inondent nos hémicycles, nos administrations et nos hôpitaux. Contre le fléau, les mesures prises, qu’elles soient législatives ou réglementaires, ne semblent émousser les ardeurs de personne. La justice qui frappe les plus faibles, les sous-fifres, protège les plus grands et leur dresse tapis rouge.
Il appartient aux organisations de la société civile, de saisir les autorités judiciaires et de poursuivre les présumés auteurs de ces barbaries. Il  leur appartient d’organiser des marches pour les dénoncer, eux et leurs complices. Il appartient aux OSC de maintenir la veille citoyenne.
Ceci est d’autant plus vrai que malgré toute la bonne volonté de Jean-Baptiste Elias, ses cris n’auront que l’éphémère du factuel. Ils n’iront pas plus loin : les émotions passagères ne dureront que quelques jours et l’on n’en parlera plus. Mieux, les contre-attaques des  personnes mises en cause ne sauraient tarder. L’on voit déjà comment les mêmes canaux que sont les journaux, les radios ou les chaines de télé sont utilisés pour porter la réplique et noircir leur adversaire. Comme cela se lit déjà sur les réseaux sociaux, on traite désormais le président de l’OLC de tous les noms d’oiseaux. En attendant qu’une  violente réplique ne soit portée par les intéressées eux-mêmes.
Non, devant les juges, il fera beau raisonner. La nouvelle dynamique devrait empêcher ce genre d’enlisement et de légèreté en mettant chacun devant ses responsabilités. Tout au moins à ce niveau, chacun verrait les résultats d’une lutte qui se mène depuis des décennies, mais sans succès. Il est vrai qu’en la matière, il n’est pas évident que le président de la république soutienne réellement ce genre d’exercice. Dans un pays où une bonne partie des hommes gravitant autour du pouvoir sont plongés dans des affaires qui les menacent à intervalles réguliers, le chef de l’Etat ne saurait s’ériger en Robin-des-bois.
C’est tout ceci qui devrait contraindre Jean-Baptiste Elias à désormais changer de cap. Ouvrir un chantier qui fera date.

Par Olivier ALLOCHEME

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