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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Marcellin Bernard Gobou, chef de l’arrondissement de l’Okpara (commune de Savè): « La population attend du Chef de l’Etat le bitumage de l’axe Savè-Oké-Owo»


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Bernard Gobou, CA, Arrond Okpara(1) netMarcellin Bernard Gobou est le chef de l’arrondissement d’Okpara dans la commune de Savè. A la tête d’une forte délégation, l’élu local est arrivé à Cotonou pour rencontrer différentes personnalités et autorités au sujet des préoccupations de ses administrés. Au menu des dossiers qui le font courir, la réalisation de la voie Savè-Oké-Owo dont les études sont bouclées depuis 2009. La construction d’infrastructures sociocommunautaires, notamment, les modules de classes pour le collège d’enseignement général, les écoles primaires, l’érection d’un commissariat spécial ou d’arrondissement, etc. Au terme de son périple, Marcellin Bernard Gobou fait ici le point et appelle le président de la République, Dr Boni Yayi, à lancer une offensive pour le bouclage du financement de la route Savè-Oké-Owo en plaidant dossier en main et à procéder au bitumage de ce tronçon, long de 25 Km dont il a promis en personne, lors d’un voyage à Oké-owo en mars 2007, la réalisation à la population sans oublier le pont sur le fleuve Okpara.

L’Evénement Précis : Monsieur Gobou Bernard, comment se porte votre arrondissement?

Marcellin Bernard Gobou : L’arrondissement que je dirige et dont le chef-lieu est Oké-Owo se porte bien pour ce qui concerne la santé des populations. Mais il a de véritables soucis pour ce qui concerne son moral. Souci moral parce qu’elle souffre énormément de la marginalisation dont elle est victime, notamment, le manque d’engouement des autorités autour du bitumage de la route inter-Etat n°5 et de l’absence d’érection d’infrastructures sociocommunautaires. Cet oubli fait que les populations de l’arrondissement de l’Opkara sont vraiment remontées et ne comprennent pas les raisons pour lesquelles l’engagement pris à Oké-owo en mars 2007 par le chef de l’Etat de bitumer l’axe Oké-Owo-Savè tarde à se concrétiser. Ce retard fait que nous qui sommes les autorités locales sommes tous les jours sous la pression des populations et c’est d’ailleurs cela qui fait que nous sommes ici à Cotonou.

Justement, qu’est-ce qui justifie votre présence ici à Cotonou ?
Je suis à Cotonou depuis un certain moment avec une délégation descendue expressément de l’arrondissement de l’Okpara par rapport au problème brûlant que nous avons sur le tapis. En réalité, il s’agit de la voie Savè-Oké-Owo. C’est la route nationale inter-Etats numéro cinq (RNIE N°5) qui relie Tchèti à Savalou, Logozohouè-Glazoué et dont la boucle est Savè-Oké-Owo, à la frontière du Nigéria. Ce tronçon Savè – Oké-Owo qui mesure 27 kilomètres 500 m et dont les études sont terminées depuis 2009 est abandonné. Depuis que le chef de l’Etat, lors de son passage en mars 2007 dans le village appelé Oké-Owo a promis à toute la population que cette voie sera faite, il n’y a rien eu jusqu’à aujourd’hui.

Qu’est-ce qui explique justement cet état de chose, monsieur le C.A ?
Vous savez, nous, on est loin des réalités. Etant dans le village, on ne sait pas ce qui se passe au haut sommet. Tout ce que nous savons est que la promesse a été faite, les études sont réalisées et la population attend la concrétisation de cette promesse à travers la réalisation de la route. Cependant, je peux comprendre qu’il est possible qu’il y ait beaucoup de choses à faire par le Gouvernement, mais ce tronçon Savè – Oké-Owo constitue aussi une priorité surtout que c’était aussi une promesse ! Donc, il fallait tout faire pour que ça soit une priorité surtout que les études sont bouclées depuis 2009 et que ce dossier n’attend que le bouclage de son financement !

C’est donc cela qui vous fait courir jusqu’ ici à Cotonou ?
Bien sûr ! C’est ça qui motive notre présence ici. Je suis arrivé rencontrer le ministre des travaux publics et des transports avec une forte délégation venue des villages, composée des sages, des jeunes et des femmes. Après le conseil des ministres, le ministre a pu nous recevoir dans la soirée. On en a débattu de long en large. Des discussions, il ressort qu’il a reconnu que cette voie nationale inter-Etat numéro 5 (RNIE N°5) qui commence à Tchèti et finit à Oké-Owo en passant par Savè et Savalou, seul celui du tronçon Savè-Oké-Owo a les études de faisabilité qui sont terminées et validées depuis 2009. Vous voyez donc qu’avec cette étude en main, l’Etat devrait être en train de courir après les financements et devrait les avoir obtenus s’il plaidait dossier en main !. Sinon vous voyez une étude faite depuis 2009 et aujourd’hui nous sommes en 2014, évidemment les valeurs ne peuvent plus être les mêmes. Le coût des matériaux devrait peut-être changer compte tenu de son évolution sur le marché international. Alors nous, nous avons une crainte, surtout moi, chef d’arrondissement, je suis sur la braise parce que la population ne comprend pas comment on peut avoir cette chance d’avoir un chef d’Etat en fonction qui se déplace, lui-même vers elle, fait cette promesse et que depuis lors, rien n’a été réalisé.

Et qu’est-ce qui fait que depuis ce temps où la promesse a été tenue, ce n’est que maintenant que vous réagissez ?
Si nous le disons aujourd’hui, c’est parce que la goutte d’eau a débordé le vase. On a effectué plusieurs déplacements, déposé plusieurs demandes d’audiences. Nous avons rencontré plusieurs ministres des TP. Le prédécesseur de l’actuel ministre Aké Natondé, c’est-à-dire, Lambert Koty et celui qui l’a précédé ont été également rencontrés. Ils nous avaient toujours rassurés jusqu’à ce que nous sommes en train de nous apercevoir que l’espoir n’est toujours pas favorable après plus de sept (07) longues  années d’attentes et d’interminables démarches. Nous nous apercevons que si nous n’attirons pas davantage l’attention sur ce dossier, il risque d’être rangé aux oubliettes.

Toutes vos démarches ont porté leurs fruits ?
Exactement ! Ces démarches ont été infructueuses parce que nous ne voyons rien se profiler à l’horizon et aujourd’hui, on en a ras-le-bol. Il faut être franc et sincère. Et en tant que chef d’arrondissement, je ne sais pas où donner de la tête. C’est pour cela que nous sommes allés prier le ministre des TP, Aké Natondé pour qu’il nous vienne au secours, pour qu’il rappelle au chef de l’Etat que, dans une localité appelée Oké-Owo, perdue dans Savè là-bas, il y a eu cette promesse que lui-même a faite et, que la population attend depuis mars 2007. Cela va permette à nos administrés de savoir que nous sommes en train aussi de bouger et que nous ne les avons pas oubliés. Ce qui est bizarre, on dit aujourd’hui qu’on veut aller poser la première pierre du tronçon Tchèti-Savalou. Alors que, nulle part, à ma connaissance, sauf erreur de ma part, il n’existe encore son dossier d’étude de faisabilité. Voyez-vous, si ce n’est pas un paradoxe !! Je n’arrive pas à me l’expliquer. Je ne sais pas si c’est la politique. Pour ce qui concerne le tronçon Savè-Oké-Owo dont les études sont là, toutes les tentatives pour rencontrer le chef de l’Etat au sujet de ce problème sont vaines. Nous ne savons plus par quel moyen joindre le chef de l’Etat et lui poser de vive voix ce problème. Et je pense que le ministre des TP, comme il l’a promis, sera notre porte-parole. Donc, la population attend incessamment la réponse du Gouvernement.

Mais, en réalité depuis ce temps, on devrait déjà observer le financement puis la pose de première pierre au moins ?
En principe ! Mais, nous ne  savons pas ce qui explique que cela ne soit pas fait. Est-ce un oubli ? Entre temps, ce tronçon a été couplé avec la voie qui est actuellement en cours de faisabilité, Akassato-Bohicon que les Chinois sont en train de faire maintenant. Mais, entre-temps, il parait que l’enveloppe qui était destinée à ces deux projets, ne suffirait pas pour achever les travaux. Il fallait donc uniquement réserver cette enveloppe pour Akassato-Bohicon. Mais ce n’est pas une raison pour qu’on oublie le tronçon Savè-Oké-Owo. On doit chercher d’autres partenaires pour cette route. C’est cela que nous sommes allés dire de vive voix au ministre Aké Natondé, en lui demandant de plaider dossier en main auprès des Partenaires techniques et financiers (PTF) et surtout de définir la réalisation de ce projet au titre des priorités de son département ministériel. Il a reconnu la pertinence de notre démarche et promis faire le nécessaire.

Vous attendez donc que cette promesse du chef de l’Etat soit réalisée?
Voilà, c’est notre souhait. Surtout qu’il y a eu une table ronde la fois dernière à Paris, où les partenaires techniques et financiers sont prêts à nous aider, à financer ces genres de projet. Je pense que le nôtre doit être en bonne position puisque les études de faisabilité sont terminées il y a longtemps. Il faut éviter que cette étude soit caduque.

Que diriez-vous, monsieur le chef d’arrondissement, pour conclure cet entretien ?
Je vous remercie beaucoup. Je passe par votre canal pour lancer un appel au chef de l’Etat, Dr Boni Yayi et à son Gouvernement. Je leur demande d’avoir une attention particulière sur le tronçon Savè-Oké-Owo et de le réaliser enfin pour qu’il ne soit pas comme l’histoire de la route Natitingou-Kouarfa. A Oké-Owo, nous continuons de croire que la parole du chef de l’Etat est sacrée et attendons la concrétisation de sa promesse ferme de bitumer ce tronçon dont les études dorment dans les tiroirs du Ministère des TP. Je demande au chef de l’Etat et au Gouvernement entier de cesser d’oublier la commune de Savè qui souffre énormément de l’absence de réalisation de cette route. Car le bitumage de cet axe va régler le problème d’urbanisation de la ville de Savè. Il est important que le chef de l’Etat laisse ses empreintes dans la commune à travers la réalisation de ce tronçon. Je sais qu’il y a beaucoup d’autres problèmes mais le plus brûlant, c’est cette voie-là. Enfin, je tiens à profiter de cette opportunité pour saluer nos frères qui ne cessent de se battre pour le développement de nos régions, je veux nommer, les ministres Benoît Dègla, Amos Elègbè, Félicien Chabi Zacharie et les honorables députés Oba Chabi Dénis, Okounlola et leur demander de se mobiliser davantage pour rappeler au président de la République la nécessité de boucler ce dossier de même que les autres,  nécessaires au développement de la région.
Merci

Entretien réalisé par Teddy GANDIGBE

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