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Le triomphe de la vérité

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Interview de l’artiste-chanteur Sabbat Nazaire: « Ma mission est de détruire le diable de Banamè »


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Huit mois déjà que Sabbat Nazaire, le reggae-man béninois a sorti son album Gbènonmakpéwé. Un opus engagé qui lui suscite aussi bien des admirateurs que des menaces. Mais Sabbat Nazaire,  dans cette interview,  se montre bien déterminé à assumer la mission qu’il dit détenir de Dieu pour détruire le « diable de Banamè ».

 L’Evénement Précis : Il y a huit mois, vous avez sorti l’album « Jamais deux Dieux » ou « Gbènonmakpéwé ». C’est un album reconnu  très engagé et audacieux.  Les Béninois l’ont-ils adopté ?

Sabbat Nazaire : Cet album, c’est de l’audace. Et il fallait l’avoir. Surtout lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de son père. Je pèse bien mes mots.  Puisque, lorsque la maison de son père est sale, il ne lui revient pas de venir la balayer. La maison de notre père, l’unique Dieu des cieux et de la terre était vraiment souillée. Il fallait donc de l’audace pour la balayer, de gros coups de balais pour dégager cette pourriture. Voilà pourquoi l’album a été inspiré et créé par Dieu, lui-même. Et pour revenir à votre question, je dirai que les Béninois l’ont vraiment adopté. Il n’y a d’ailleurs pas que les Béninois. Puisque cela a franchi très rapidement toutes les frontières. C’est en cela que je dis Gloire à Dieu. Je ne savais pas que les Béninois avaient aussi soif de cet album. L’album se porte donc bien et continue de faire son petit bonhomme de chemin. Et ça ne fait que commencer.

En termes de chiffres, combien évaluez-vous déjà le nombre d’exemplaires vendus ?

Vous savez, un album a une durée de vie illimitée. Nous sommes à plus de dix mille exemplaires déjà vendus dans l’intervalle de moins de 10 mois. Vous pouvez vérifier les chiffres au BUBEDRA. C’est sans compter bien sûr avec la piraterie. C’est un record. Et je vous ai déjà dit que ça ne fait que commencer. Puisque c’est un album de 12 titres et il n’y a qu’un seul titre qui est actuellement en promotion. Dieu est un amour éternel. On ne peut pas jouer avec son nom impunément.Gbènonmakpéwé est donc un album qui doit forcément marcher.

Le mois de septembre dernier, vous avez rencontré le président de l’Assemblée nationale. Qu’est-ce que vous vous êtes dit concrètement ?

J’ai effectivement eu la chance d’être reçu par le président de l’Assemblée nationale. C’était pour l’album. Moi, j’ai chanté pour Dieu. Mais depuis un moment, il y a des gens qui ont commencé par me menacer par des appels anonymes et des messages. Ils se réclament de la dame autoproclamée Dieu. Je me suis donc dit que nous sommes tous des Béninois et j’ai donc demandé au président de l’Assemblée nationale de me recevoir pour que je lui parle de ces choses-là. J’ai fait en une minute la biographie de cette dame qui se fait appeler Dieu. Le président n’en savait certainement pas grand-chose. Je lui ai donc rappelé que c’est une histoire montée avec de fausses pièces puisqu’entre temps, on disait que c’est un Dieu qui n’a ni père ni mère, qui a été ramassé au Nord. J’ai donc essayé d’expliquer au président de l’Assemblée nationale que tout ça là est faux. Je lui ai donc dit sa date, lieu et heure de  naissance et même son poids à la naissance qui est 3,040kgs après que ceux-là qui se laissent arnaquer retrouvent la véritable paix. Parce que je ne peux comprendre que Dieu qui a l’or et l’argent me vende à moi son enfant, des objets.

Vous avez donc posé vos problèmes au président de l’Assemblée nationale. Qu’est-ce qu’il vous a promis  de façon concrète?

Moi je n’ai pas pris ça comme des problèmes. Les menaces et consorts, moi ça ne me dit rien. Car, ce combat, c’est mon Dieu qui le mène. Je suis donc allé parler de la vérité, de l’unicité de Dieu au président de l’Assemblée nationale. Ce qu’il ne savait pas, j’ai attiré son attention là-dessus. Et c’est pour éviter une seconde affaire ICC à notre pays. Parce que lorsque ça va péter, on va dire que ce sont les autorités qui en sont responsables. Je suis donc allé parler au président de l’Assemblée nationale pour que chacun prenne ses responsabilités afin que le phénomène soit balayé. Le président de l’Assemblée nationale a pris bonne note de mes doléances et je pense que vous verrez bientôt les résultats.

Quels  genres de menaces recevez-vous précisément ?

Je voudrais vraiment que vous rendiez compte textuellement de ce que je vais vous dire. Cela me ferait vraiment plaisir. Vous avez demandé et je vais vous le dire. Nous avons été tous, entre temps, des enfants mal polis. Le fait de nous confier à des divinités, ça frise le manque de respect. Cependant, Dieu ne nous avait pas tués. Il nous permet de faire toutes sortes d’égarement avant de le retrouver. C’est ce que j’ai compris depuis plus de deux ans que j’ai fait la paix avec mon Dieu. J’ai renoncé à tout, je me suis dépouillé de toute souillure et ma  nouvelle  vie a vraiment pris. Et cette fois-ci, elle a un sens. C’est ce que j’ai fait pour que le Dieu fabriqué, qui a fabriqué dans son troupeau des animaux,  commence par me menacer. Pour en venir à votre question, je dirai que c’est à quatre jours de la sortie de l’album que j’ai commencé par recevoir des appels anonymes. Ils m’appellent, par exemple, pour me dire : « Mais tu oses chanter contre ton Dieu ? » En retour, je leur réponds : Blasphème. Je n’ai jamais chanté contre Dieu. J’ai plutôt chanté pour Dieu. Et ils continuent en me disant : « Si tu t’entêtes, tu ne peux sortir cet album et te retrouver vivant le lendemain ». Et lorsqu’ils ont été surpris de me voir rayonnant après le lancement, ils ont continué les menaces. Mais, je dis que ce sont des menaces vaines parce que Dieu est mon bouclier.

Avez-vous des preuves palpables de menaces ?

Bien sûr. Avant, les gens se cachaient derrière des appels anonymes pour me proférer des menaces. Régulièrement, on va à la source pour identifier ceux qui sont derrière tout ça. Nous avons donc des noms.  Après les appels, il y a un bon moment, ils sont passés aux messages de menaces qu’ils envoient sur mon portable. Il y a par exemple un message qui dit ceci : « Sabbat Nazaire, dis à Yayi et à la Grande chancelière d’apprêter ton cercueil. Car, très bientôt, tu vas mourir ». Je me rends donc compte que ce sont des gens ridicules qui ont perdu la tête. Au fait, ce qu’ils font, c’est de l’arnaque. Et le fait que je les dénonce  les gêne très fort.

Autrement dit, vous n’avez pas peur ?

Pas du tout. Un homme comme moi va me faire peur pourquoi ? Lorsque le père est derrière son enfant, qui peut oser le frapper ? Je ne vois pas. Comme je l’ai dit, je faisais seul ce combat. Mais figurez-vous qu’il y a à peine un mois, un groupe basé en Italie m’a appelé et m’a demandé d’expliquer un peu le sens du combat que je mène contre le phénomène de Banamè. Je le leur ai expliqué textuellement comme je vous l’ai expliqué au début de notre entretien. Là, ils m’ont envoyé un artiste béninois résident en Italie, un autre Togolais résident en Allemagne, une grande dame venue du Nigeria, une autre grande dame de la Côte d’Ivoire et une autre du Ghana et ensemble, nous avons fait un single. Il est dénommé “Les fous du Christ”. Nous nous sommes donc retrouvés entre chrétiens pour réaliser ce single. Il faut avoir le courage de dire que d’autres ont été sollicités, mais n’étant pas chrétiens, ils n’ont pas accepté. C’est un single dont la promotion a commencé timidement et qui sera renforcé bientôt par le clip que nous tournons actuellement.

Vous persistez donc dans votre combat contre Banamè ?

Je persiste et je vais toujours persister puisque l’ennemi n’a aucun droit de vie ou de mort sur qui que ce soit. Seul Dieu qui nous connaissait depuis des milliers d’années sait quand est-ce que nous allons partir de cette terre. Si tu es fidèle à lui, tu vas régner sur cette terre qu’il a léguée au diable.  Ma mission est donc de détruire le diable  de Banamè. Il n’a aucun pouvoir sur nous. Il faut le combattre jusqu’à son dernier retranchement.

Certains estiment que le combat que vous menez n’est pas anodin. Ils disent donc que votre album est une commande de l’Eglise catholique pour combattre le phénomène de Banamè qui ne l’arrange pas. Que leur répondez-vous ?

C’est une absurdité. L’inspiration vient de Dieu. C’est ce que les gens ne savent pas. On ne force pas le destin. La célébrité, c’est Dieu qui la donne. C’est lui l’alpha et l’Oméga. Je n’ai donc reçu aucun franc de qui que ce soit pour faire ce que je suis entrain de faire là. Ça peut vous paraître étonnant, mais c’est la vérité que je vous dis. D’ailleurs, lorsqu’on parle des prêtres catholiques, renseignez-vous s’ils donnent de l’argent. Il est même écrit dans la Bible de les aider. Il y a un passage où il est écrit : « Mettez-moi à l’épreuve en payant vos  dîmes ». A votre avis, les dîmes servent à quoi ? Je vous réponds. Elles servent à entretenir les prêtres et les pasteurs.

L’église est une institution dans laquelle les prêtres travaillent. Nous parlons donc de l’institution Eglise et non des prêtres

Mais, c’est ce que je vous dis. Est-ce que l’institution qu’est l’Eglise a, elle-même,  de l’argent à donner ? La réponse est non.

En conclusion 

N’ayez pas peur du diable. Le diable n’est qu’un farceur. Le faux magicien, c’est lui. C’est aussi lui l’usurpateur. Le diable s’est fait chair dans notre pays et  a pris siège à Banamè.

Entretien réalisé par Donatien GBAGUIDI

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