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Le triomphe de la vérité

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Les propos tenus par le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago dimanche dernier à Bopa


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Mathurin nago netLes propos tenus par le président de l’Assemblée nationale, Mathurin  Nago dimanche dernier à Bopa continuent de faire des vagues. Nous vous proposons ci-après l’intégralité de sa déclaration dans laquelle il dénonce vertement le président Boni Yayi et son gouvernement sur plusieurs plans.

 

MESSAGE DU PRESIDENT MATHURIN C. NAGO A l’ OCCASION DE LA CONFERENCE EVALUATIVE DE SA PARTICIPATION AU POUVOIR DE Boni YAYI

 Frères et Sœurs je voudrais vous saluer très chaleureusement.

Je voudrais ensuite remercier le comité d’organisation de cette rencontre au nom des frères et sœurs de Bopa. C’est une rencontre qui a été organisée au nom des frères et sœurs de la commune de Bopa.  Je voudrais surtout remercier tous ceux qui ont pris une partie de leur temps pour répondre à cet appel. Ce n’est donc pas le président de l’Assemblée nationale qui a organisé cette rencontre. J’ai été invité par chacun de vous ici présents. Je me réjouis qu’une telle rencontre ait pu avoir lieu  ce jour. Ce déplacement massif,  des uns et les autres, témoigne de l’intérêt que chacun porte à la commune de Bopa, aux problèmes qui s’y posent mais au-delà à toute la nation.  Cela traduit donc votre intérêt pour Bopa, votre intérêt pour le Mono et votre intérêt pour tout le Bénin. Cette initiative traduit également votre détermination à apporter votre contribution au développement du pays. Parce qu’on ne peut rien faire de positif en termes de développement et de progrès si nous nous contentons de parler d’une composante de la nation: composante géographique,  composante humaine. C’est l’ensemble du pays qu’il faut prendre en compte.  Et c’est de façon synergique et globale que nous allons penser et réaliser le développement. Il y a donc une volonté d’aller de l’avant que je voudrais saluer d’abord. Vous avez tenté à travers les différentes interventions que j’ai suivies avec un brin d’amertume, bien sûr, de faire quelque peu, le bilan. Vous avez exprimé beaucoup de regrets, voire des déceptions. Je voudrais dire que,moi-même, autant que vous, au terme ou presqu’au terme de notre parcours politique au cours de la cinquième et de la sixième législature nous exprimons beaucoup de déception. Et si on essaie de retourner  au début de ce parcours, je dois dire quand même que nous avions  exprimé un certain nombre d’espoirs. Nous avions fait les choses avec beaucoup de détermination, beaucoup d’engagement. Et comme nous le disons vulgairement chez nous, quand nous disons oui, nous ne disons plus non. Quand nous nous  engageons aux côtés des uns et des autres pour réaliser des objectifs, il s’agit d’un engagement franc et sincère. Et c’est dans cette posture que nous sommes aujourd’hui. Nous avons dit oui, nous nous sommes engagés. Nous avons posé des actes et des actes majeurs. Nous  sommes restés aux côtés des principaux responsables. Nous les avons défendus corps et âme. Parce que nous sommes des gens sincères, nous sommes des gens honnêtes, fidèles et déterminés. C’est cette culture de fidélité et d’engagement que nous avons. Et personne ne peut nous dire aujourd’hui que nous avons failli dans cette mission d’engagement et de fidélité aux objectifs politiques que nous nous sommes assignés. Mais il faut être à deux pour respecter les engagements. De sorte que les déceptions et les regrets que nous avons viennent du fait que le respect des engagements n’est pas partagé. Peut être que le respect des engagements n’est pas partagé par tous. Trois objectifs ont guidé les actes que nous avons posés à la tête de l’Assemblée nationale,  depuis la cinquième législature. Le premier, c’est la promotion de la démocratie. La démocratie c’est notre trésor commun. Ce qui fait le label de qualité du Bénin, c’est sa démocratie. Ce combat que j’ai mené avec d’autres collègues, c’est de renforcer la démocratie. Cela a justifié que nous soyons reconduits à la tête de l’Assemblée nationale.  Et depuis lors, nous avons renouvelé notre attachement à la préservation de la paix et de la sécurité. Compte tenu de tout ce qui s’est passé jusque-là, nous avons décidé d’éliminer toutes les sources potentielles de troubles post électoraux. Et pour les éliminer, il faut des lois. Nous avons voté beaucoup de lois.  Nous avons voté un  code électoral qui comporte plusieurs innovations dont une CENA permanente, une autre relative aux unités administratives et locales, une loi portant fixation des centres de vote. Il ne sera plus question que les centres  apparaissent après une élection comme par miracle. Nous avons voté une loi pour la correction de la LEPI. Le deuxième objectif c’est: promouvoir la bonne gouvernance. Car on peut avoir beaucoup de crédits, un trésor bien fourni. Si la gestion qui en est faite  n’est pas bonne, nous ne pouvons jamais donner satisfaction aux populations. Donc, nous devons faire en sorte que la bonne gouvernance partout soit la règle. A travers les actes que nous avons posés jusque-là à l’Assemblée nationale, nous avons tenté de contribuer à la bonne gouvernance à travers le contrôle des actions du gouvernement. Le troisième objectif, c’est celui relatif à la contribution de l’Assemblée nationale au développement du pays. Puisque démocratie sans développement ne peux rien donner de concret. Et c’est à travers deux aspects que nous intervenons. D’abord, en contribuant fortement à la mobilisation des ressources. Oui, nous avons contribué à la mobilisation de plusieurs dizaines   de milliards de Fcfa. Et chacun de nous, comme député simple, comme président, y  a fortement contribué.   Nous avons fait tout cela au plan national. Et en tant que président notre mission a été d’engager les uns et les autres vers des objectifs pertinents. Je suis d’accord avec vous à tirer la conclusion que ce bilan montre que notre mission à la tête de l’Assemblée nationale est positive. Et vous posez alors la question de savoir pourquoi  après tout ce qui a été fait, après tant d’engagement, tant de fidélité, tant de détermination aux côtés du Gouvernement, aux côtés du chef de l’Etat, pourquoi alors il n’y a pratiquement pas alors de retombées au niveau de la région qui est celle du président de l’Assemblée nationale? Je pense que c’est une question légitime. Oui, quand on participe à la préparation du repas, c’est vrai, on est en droit de réclamer sa part. Surtout quand on y participe avec force conviction, avec sa détermination au détriment même de sa santé, au détriment même de sa dignité, au détriment de son amour propre. Et j’ai écouté toutes les questions qui ont été posées à ce sujet: quel est l’impact de votre engagement, de vos actions à la tête de l’une de nos grandes institutions de la république? L’impact sur la vie des populations de votre commune d’origine?

Je dois répondre avec sincérité que l’impact n’est pas reluisant. L’impact n’est pas reluisant….

Vous avez parlé du centre de formation professionnelle d’Akokponawa. Quand je suis arrivé à la tête du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la formation professionnelle, j’ai engagé un certain nombre d’actions pour que tous les centres de formation professionnelle qui ont été abandonnés puissent être achevés ou réhabilités. Parmi ces centres, il y a bien sûr le centre de formation professionnelle d’Akokponawa. Et après mon départ, plus rien n’a été fait. Dans ce pays il y a une planification des projets. Mais chaque ministre arrive et ne fait pas l’effort de voir global. On arrive, on essaie de prévoir des projets pour sa région. Les anciens projets programmés sont abandonnés. Mais, de mon poste, je n’ai pas cessé de voir les ministres en exigeant que les anciens projets soient respectés. C’est dans l’exécution qu’on note cette mauvaise habitude de faire les choses de façon sélective au niveau du pays. Mais, je veux nous poser une question. Est-ce qu’on a besoin tous d’être au gouvernement d’abord avant de réaliser les projets qui ont été prévus par le gouvernement lui-même? On n’a pas besoin. Parce que le gouvernement est là pour tout le monde, pour toute la nation. Mais je note qu’il faut être là, derrière pour demander. Tout comme si on quémandait le développement. Je l’ai fait mais je n’ai pas réussi tout simplement parce que la dernière décision ne m’appartient pas. On peut se poser la question de savoir pourquoi il en est ainsi. Chacun de nous peut tenter d’y répondre.

 Pour un projet de 1,5 milliard de FCFA, le gouvernement emprunte 4.5 milliards!

Vous avez parlé de la bretelle de Bopa. Cette bretelle n’est pas un projet nouveau. C’est un projet initié sous le gouvernement Kerekou.  Mais on a fait les travaux en 2008 en abandonnant la bretelle. J’ai rencontré le chef de l’État à plusieurs reprises. Et de démarche en démarche, on a fini, en 2009, par l’inscrire dans un des budgets de l’État. Mais je puis vous assurer que quelques jours après, sans rien me dire, le même gouvernement l’a retiré, en conseil des ministres. J’ai exprimé mon mécontentement au chef de l’État. Mais je ne vous dis pas la réponse qui m’a été faite.

Depuis 2009, est-ce qu’on peut imaginer cela, en cette période de crise où je m’évertuais à me battre pour le gouvernement ?  Loin de me décourager, j’ai continué à rencontrer les différents ministres. Rien n’a été fait jusqu’à l’arrivée des élections présidentielles. Et c’est à l’approche des élections présidentielles de 2011, que j’ai dit au chef de l’État que cette bretelle non réalisée est un thème de campagne pour les adversaires. Ce n’est pas seulement contre moi, c’est aussi contre vous! Et c’est suite à ça qu’on a décidé de réaliser le projet. Mais cela ne l’a pas été non plus, même si la Banque africaine de développement a eu l’amabilité de dire nous allons vous aider pour qu’enfin cette bretelle soit réalisée. On a estimé le coût de la réalisation à 1,5 milliard de FCFA et le gouvernement a sollicité 4.5 milliards. Je dis qu’à cela ne tienne! Les fonds ont été débloqués mais la bretelle n’a jamais été réalisée. Tout cela a commencé pendant que nous nous battions pour sauvegarder la démocratie.

J’ai été parfois dur vis à vis des responsables gouvernementaux en disant,  pour cette bretelle  de 1,2km, vous faites exprès ainsi. Et quelqu’un de me répondre, on veut pas vous fragiliser, on veut vous déstabiliser. Tout ça est fait contre vous. Quelqu’un a parlé de paradoxe.

Vous avez parlé de pavés

Je voudrais rappeler que Bopa est l’une des quatre plus vieilles villes de l’ancien grand Mono, le Mono-Couffo.  Et quand on veut mener une politique d’urbanisation, on peut décider de réhabiliter les vieilles villes. Dans le cadre de pavage et autres, il y a deux catégories d’objectifs. On peut dire qu’on doit réhabiliter les vieilles  villes qui ont connu un passé glorieux. Et si on prend cela comme objectif, on devrait réaliser quelques travaux de pavage à Bopa comme à Athiémé, à Aplahoué, à Grand-Popo et dans d’autres villes à travers le pays. Le second objectif, c’est de dire qu’il y a des villes  en plein essor, il faut qu’on essaie de les promouvoir. Et s’agissant du pavage des rues, en 2008, il y a eu un projet qui a été élaboré et prévu dans le budget général de l’État.  Ce projet a été abandonné. Malgré nos démarches, nos supplications, il n’est jamais revenu. Et tout ça en 2009 pendant que nous nous battions pour sauver le gouvernement.

Les cadres proches de NAGO, persona non gratta au niveau des postes politiques.

Une stratégie délibérée de renvoi des cadres politiques de leurs postes. En avril 2012, pendant que j’étais en mission, on a enlevé un de nos cadres à la tête de la DEC. Les exemples sont nombreux. J’ai parlé de tout ce que nous avons fait pour montrer notre engagement de contribuer au développement. Mais c’était difficile de déduire qu’il y a une volonté délibérée de monter des actions systématiques de déstabilisation contre nous!

Nous  pensions que nous sommes tous membres de la majorité présidentielle,  que nous agissions avec sincérité. Nous avons vécu cela jusqu’en 2011.

Et nous avons constaté que les choses se sont même aggravées au cours de la sixième législature.

Mais je vais vous rassurer que  notre culture d’engagement, de fidélité et de  sincérité, ne nous a pas du tout amenés à changer de comportement parce qu’au-delà de tout, nous travaillons pour la nation béninoise.  Mais les actes ainsi décrits ont continué et parfois en utilisant nos propres frères. Des frères à  nous sont  démarchés, motivés et utilisés pour déstabiliser le président de l’Assemblée nationale.

Des mensonges au sommet de l’État pour justifier de fausses promesses de nomination!

“En 2014, un de nos frères qui attend depuis quelque temps pour être nommé, est venu me voir pour dire: Mr le président, il y a une question que nous allons vous poser. Chaque fois qu’il y a remaniement, on nous dit que nos noms sont sur la liste et c’est au moment d’envoyer que le président de  l’Assemblée nationale vient pour dire enlevez-moi ces noms. Et que c’est le président qui enlève les noms et s’impose. J’avais des rumeurs et comme ce sont les intéressés qui sont venus m’en parler, j’ai pris cela au sérieux. Je leur ai dit mais les remaniements dont vous parlez, je n’ai pas été informé. Comment pourrais-je demander d’enlever vos noms. Les trois remaniements depuis 2011, je n’en ai pas été informé. Le premier remaniement après les élections  je n’en ai pas été informé. Je n’ai pas été informé. Et ce n’est pas à défaut d’avoir tout fait pour m’en informer, pour apporter ma petite contribution. C’est quand les travaux du remaniement sont terminés qu’on m’a informé pour dire qu’il faut réunir le bureau. Parce que ça c’est une disposition constitutionnelle. Le deuxième gouvernement, je n’en ai pas été informé. J’allais à un meeting politique à Houangnanmè quand on m’a appelé pour dire : Ah ! Mr le président, le nouveau gouvernement est prêt. Il faut tout faire pour réunir le bureau ce  dimanche pour le valider. Je dis ce dimanche? Ce n’est pas possible. J’avais déjà appris, puisque c’est une dissolution – ce qui est inédit, que les conciliabules étaient en cours pour la formation du gouvernement. Mais avant, j’avais déjà cherché à savoir. Pendant trois à quatre jours, j’ai cherché à m’informer auprès de la haute autorité pour comprendre comment on en est arrivé à la dissolution du Gouvernement?  Après quatre jours, je n’ai pas réussi. Mais, on en a décidé ainsi. Je n’ai même pas été associé. Je n’ai pas appris. La toute dernière expérience, je ne savais pas non plus.  Là, je n’ai même pas eu vent puisque ce n’est pas une dissolution. J’étais venu en week-end ici et c’est en rentrant qu’on m’a appelé pour dire qu’on m’a déposé un courrier à la maison. J’arrive à la maison et je découvre que c’est la liste du gouvernement. A ces frères, je dis  voilà les circonstances dans lesquelles je suis informé, quand les choses avaient été déjà faites et déposées soit à la maison soit au service. Comment pourrais-je empêcher votre nomination?

Et quel serait mon intérêt à moi d’empêcher les gens d’être ministres? Qu’est-ce que j’y gagne?  Le fait de dire à des frères : nous vous avons programmés pour être ministres et c’est votre frère qui refuse, participe de quoi? Et aux frères de me dire c’est ce qu’on nous  a toujours servi. Et nous avons passé tout le temps à détruire sur le terrain. Vraiment on a compris beaucoup de choses aujourd’hui.

Voilà les mensonges auxquels je suis soumis. Et ce n’est pas le meilleur, il y a beaucoup d’autres choses qu’il n’est pas opportun de révéler ici. Mais je puis vous dire que j’ai été l’objet de beaucoup d’actes négatifs de fragilisation, de déstabilisation.  Et c’est des dizaines de millions qui sont utilisés pour cela.  Sur le terrain, on envoie beaucoup de millions. Et comme il y a des gens qui pensent que leur promotion passe par la destruction des gens, ils s’y adonnent allègrement. Suivez mon regard. Ils s’y associent allègrement pensant pouvoir ainsi être promus. Mais ça ne va jamais au bout. Vous pouvez avoir l’illusion que ça marche. Vous vous trompez largement. Et c’est pour cela que je pense qu’il faille ne pas nous tromper de combat. Si nous sommes prêts à nous plaindre de ce que les autres font contre nous malgré notre engagement, nos actions, notre sincérité, notre fidélité. Si nous sommes prêts à nous plaindre de ce manque de sincérité à notre endroit, nous devons d’abord nous plaindre du comportement de nos propres frères. Parce que, je ne pense pas pouvoir dire que j’ai commis de faute, de crime vis à vis d’un frère. Parce qu’une seule hirondelle ne fait pas le printemps. Je ne peux pas, quelles que soient les capacités que j’ai,  je ne peux pas penser qu’à moi seul je pourrai faire le bonheur d’une commune. C’est toute une équipe qui doit travailler en synergie.

  Si moi j’ai eu la chance d’être positionné à des postes importants pourquoi vais-je empêcher d’autres ? Au contraire, il me revient le devoir de mobiliser, de motiver d’autres frères. Je n’ai aucune raison de lutter contre tel ou tel autre frère parce que la promotion que va connaitre mon frère ne va pas m’empêcher moi d’avoir ma promotion. En nommant un autre frère quelque part, en quoi ça me gêne? Mais ça fait partie des thèmes de déstabilisation, des moyens de fragilisation. Depuis environ deux ans, il y a toute une équipe qui est mise en œuvre sur le terrain qui passe chez les députés pour leur dire mais… les élections présidentielles 2016 arrivent qui pensez vous être  capable d’être candidat? Beaucoup d’entre eux disent on ne voit qu’une personne. C’est notre frère. Et l’équipe mise en place et qui se déplace de commune en commune, bien organisée dont font partie certains de nos frères, que je connais très bien, l’équipe dit, non vous vous trompez, notre frère n’est pas capable.   Il ne faut pas. Il vaut mieux être prêt. Au moment opportun, on vous donnera le mot d’ordre. On vous dira qui il faut choisir, mais pas lui. Un certain nombre de députés frères se sont rapprochés de moi pour me faire régulièrement le compte rendu. Cela, depuis 2011. Donc, quand on fait le recoupement, on se demande si c’est cette échéance qui mobilise les gens, qui motive les gens à avoir tel ou tel autre comportement.

Il y a un paradoxe!

Parce que vous êtes ensemble, vous travaillez, vous vous battez pour aider le régime, défendre la démocratie et puis parallèlement, on vous casse, on vous déstabilise. Et c’est à des collègues députés de me dire, vous êtes la cible préférée parce que beaucoup de gens disent que vous devez pouvoir être prêt pour cette élection. Ça réveille les inimitiés, les adversités. Voilà les mensonges auxquels je suis soumis. Je comprends bien qu’en faisant le bilan, vous soyez déçus, que   vous vous posiez des questions parce que n’ayant pas tous ces éléments, vous ne pouvez pas comprendre. Moi pendant longtemps je me suis refusé d’admettre la chose. Donc, c’est encore plus difficile pour vous de comprendre. La politique politicienne béninoise a ses secrets que la raison ne peut pas comprendre. Oui vous posez beaucoup de questions, on ne vous voit plus ensemble. Alors tout dépend des objectifs stratégiques qu’on s’est donnés. Et si moi je suis un élément qui pourrait être un obstacle, il faut s’en occuper. Et on s’en occupe très bien.

Car quand je fais le recoupement de toutes les informations. Je me dis mais mon Dieu! L’esprit humain est terrible! Donc j’ai un droit de vérité vis à vis de vous.  Aujourd’hui, je me suis ouvert à vous! Du reste, cela est connu de beaucoup de gens.  D’abord d’un grand nombre de députés qui sont à l’Assemblée nationale avec moi. D’un grand nombre d’hommes politiques  qui sont informés. Un certain nombre de gens de la majorité présidentielle qui savent tout ce qui se passe, qui viennent me témoigner leur sympathie pour me dire: président du courage! Pas plus tard que vendredi dernier-ndlr- le vendredi 29 août 2014- j’ai reçu les hautes autorités de ce pays qui sont venues me voir pour dire mais qu’est-ce qui se passe, nous-mêmes on ne comprend plus rien. Il y a trop de problèmes. Qu’est-ce qui se passe? Quand j’ai parlé un peu, ils ont dit: président courage!

Une autre autorité  de dire: la politique c’est comme ça? Et un autre collègue d’ajouter: j’espère que  ton épouse s’occupe vraiment de votre santé? J’espère que votre épouse s’occupe de votre cœur. La personne ne pensait pas avoir si bien dit! Parce que c’est difficile. C’est difficile à comprendre. C’est décevant!

Je me suis toujours dit qu’en politique, il y a un certain nombre de choses qui sont faites, de pas honnêtes. Mais,  je me suis dit que quand on est ensemble, quand on est dans la même formation politique, les choses devraient aller autrement, surtout quand on le dit  régulièrement. Et je vous  dis en pensant! Et vous verrez encore tout le paradoxe. Les gens m’ont envoyé  des émissaires, à plusieurs reprises,  pour me dire : « Président, préparez-vous, c’est vous qui êtes le prochain président. C’est vous que nous allons soutenir. Je n’ai pas demandé quand on m’a envoyé des délégations à la maison parce que quand on me le dit souvent je ne réagis pas. Quand je dis les gens m’ont envoyé des émissaires, comprenez ce que je veux dire. Comment, parallèlement, peut-on mener des actions de déstabilisation? C’est là tout le paradoxe. Mais la politique politicienne béninoise a ses secrets que la raison ne peut comprendre! Il vaut mieux dire comme ça pour ne pas perdre du temps dans le décryptage de l’écheveau que cela constitue! Alors, au regard de tout ça, je peux comprendre que vous me demandez ce que je compte faire, face à cette adversité venant de sa propre formation politique, face à tous ses complots organisés méthodiquement avec la complicité de nos propres frères dont nous avons assuré la promotion avec nos propres frais. Lesquels frères  sont incapables de dire ce qu’ils nous reprochent.

Alors, face à tout ça, face à ces adversités évidentes, qu’est-ce que nous voulons faire ? Qu’est-ce que nous voulons affirmer et réaffirmer? Et ça nous le devons à notre éducation, à notre culture. Nous devons d’abord affirmer et réaffirmer notre engagement aux côtés du peuple béninois. Nous devons affirmer et réaffirmer notre engagement, notre fidélité aux objectifs que nous nous sommes donnés. Parce que nous travaillons certes pour un régime, pour un chef d’État, dans le cadre d’une mouvance, mais nous travaillons, au-delà de tout çà, nous travaillons pour notre nation. C’est important d’être là et de travailler pour la nation béninoise! Le défi de la défense de la démocratie est plus que d’actualité aujourd’hui!

Parce que ce que nous faisons c’est d’abord pour notre patrie. Au-delà des engagements que nous prenons vis à vis d’un certain nombre de responsables avec lesquels nous nouons des partenariats politiques, c’est d’abord pour la patrie. Nous devons continuer  le combat. Parce que nous avons besoin de préserver la démocratie, de consolider notre processus démocratique.

Aujourd’hui plus qu’hier, ce défi est d’actualité. Aujourd’hui plus qu’hier le défi est important. Et ce n’est pas en cette période où le défi devient encore plus important que nous allons nous décourager et  fuir le combat. Tant que nous le pouvons, tant que notre santé nous le permet, nous devons continuer à travailler pour éviter que les principes démocratiques soient bafoués. Le peuple béninois a voté pour des principes et des règles démocratiques. Ses principes et règles démocratiques doivent être respectés par tout le monde. Et cela demande une mobilisation de tous!

Une histoire d’envie!

Et ce n’est pas en démissionnant ou en me décourageant que je vais pouvoir encourager les autres à se mettre dans cette bataille? Je dois donner l’exemple au poste où je me trouve, au poste où Dieu a voulu que je sois. Je dois donner l’exemple parce que le peuple béninois a besoin que sa démocratie soit préservée, soit consolidée. Nous devons nous battre pour ça. Si quelqu’un ne l’a pas encore compris. Si certains ne l’ont pas encore compris, nous devons continuer à les sensibiliser, leur montrer que c’est dans leur intérêt de respecter les principes et règles que le peuple béninois s’est librement donnés. Parce qu’on peut être pris de certaines envies. On peut comprendre que certains soient pris d’une certaine envie.  Mais il faut les aider que ce n’est pas de leur intérêt. Et nous nous y employons!

La lutte pour la bonne gouvernance!

Le deuxième défi qui est plus grand, plus actuel aujourd’hui qu’hier: c’est la bonne gouvernance. Je ne vais pas citer un certain nombre de faits et de dates. Et tout ça contribue à des frustrations. Et les frustrations, c’est une bombe à retardement. Moi, je ne souhaite pas que mon pays devienne la Côte d’ivoire, je ne souhaite pas que mon pays devienne  comme le Libéria, comme la Sierra-Léone. Et ce n’est pas quand la chose se déclenche qu’il faut chercher à apaiser les uns et les autres. Il faut anticiper. Et la responsabilité nos incombe davantage à nous  que le destin a voulu placer à des postes de responsabilité avant d’incomber aux cadres et aux populations à la base.

Éviter le silence coupable!

Nous devons faire en sorte que les scandales de corruption diminuent. Nous devons faire en sorte que les nombreux milliards investis débouchent sur des choses concrètes et participent ou contribuent à améliorer les conditions de vie des populations. C’est un enjeu capital. Et ce n’est pas parce que nous sommes dans une mouvance présidentielle que nous devons nous taire. Parce que s’il y a une tempête qui arrive et qu’il y a des gens qui peuvent voir la tempête arriver, le silence ne serait pas la meilleure solution. Il faut que ceux qui ont cette capacité de voir déclenchent la mobilisation et informent les autres. Donc, ce n’est pas parce qu’on est dans la mouvance qu’on  ne doit pas donner l’alerte. Au contraire, c’est justement parce qu’on est dans la mouvance que nous devons le dire. J’insiste là-dessus parce que, parfois  on me fait le reproche de le dire. Je dis non. Je ne le dis pas pour faire mal à quelqu’un. Je le dis, pour moi même, pour prendre davantage conscience. Je le dis aux autres collègues,  pour qu’ils prennent davantage conscience. Parce que demain nous risquons d’être tous comptables. Il faut commencer à le dire pour le faire comprendre à ceux qui n’ont pas encore compris, à ceux qui n’ont pas encore compris que nous avons fait la promesse de développer ce pays. Il faut dire cela pour leur faire changer d’attitude. Nous devons travailler à cette bonne gouvernance. C’est d’abord ça le plus important! Nous devons travailler pour le développement.

Et c’est le troisième objectif

Nous devons travailler pour un réel développement. Un développement planifié équitablement, au plan géographique et au plan humain. Planifié et exécuté équitablement. Un développement équilibré pour éviter des frustrations qui constituent une véritable bombe à retardement. Et nous devons le dire parce que nous sommes de la mouvance présidentielle. Et nous sommes de la mouvance présidentielle parce que la culture de la trahison n’est pas notre culture. La culture de l’infidélité n’est pas notre culture. Notre éducation c’est l’engagement, c’est la culture de la détermination pour la nation béninoise. Et via la nation béninoise, il y a la formation à laquelle nous avons juré fidélité. Et nous allons continuer de travailler pour la nation béninoise. Et j’ai dit et redit déjà: ce travail que nous faisons pour la nation, nous devons le faire dans le bien, dans la sincérité, dans la vérité et dans la légalité. “

Le prix du rejet de la loi anti magistrats!!

“C’est des mots qui paraissent banals.Si vous prenez ces différents mots, vous comprendrez un certain nombre d’actions que nous avons mises en œuvre ces derniers temps. On nous a reproché de n’avoir pas tout fait pour faire prospérer la proposition de loi visant la suppression du droit de grève aux magistrats. Nous travaillons  sur la base de textes fondamentaux, à base des dispositions de notre Règlement intérieur, à base de la Constitution. Et pour des affaires aussi délicates, on ne peut pas me demander d’arranger puisque j’ai dit que nous travaillons dans la légalité.

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