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Le triomphe de la vérité

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Création de la Fédération Presse Clubs de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique: Tidiane Dioh fait le point de l’appui de la Francophonie à l’initiative


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Tidiane Dioh, le responsable Programme Médias à l’Organisation internationale de la francophonie, était à Cotonou dans le cadre de la création de la Fédération Presse Clubs de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique. Approché, il a expliqué le réel motif de sa présence en terre béninoise, puis en a profité pour faire un bilan du programme médias de l’Organisation internationale de la Francophonie dont il a la gestion. L’autorité a, par ailleurs, abordé la question de l’avènement du numérique avant de donner ses nouvelles impressions par rapport à l’ODEM, pour l’avoir apprécié il y a deux ans.

L’Evénement Précis : Qu’est-ce qui justifie la présence à Cotonou du responsable des Programmes Médias de l’OIF que vous êtes ?

Tidiane Dioh : Je suis venu à Cotonou pour assister à la création de la Fédération Presse Clubs de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique. Comme vous le savez, la plupart des pays ACP sont aussi membres de l’Organisation internationale de la Francophonie et cette idée qui consiste à rassembler les Presse Clubs ne pouvait que nous intéresser au plus haut point. La francophonie appuie fortement, par divers canaux, la mise en réseau de toutes les structures regroupant les journalistes. Il se trouve que le Presse Club, c’est un lieu où les journalistes se regroupent entre eux et où ils peuvent rencontrer des personnes qui viennent d’autres horizons. Donc, lorsque l’OIF a reçu la proposition et l’invitation d’assister à cette conférence constitutive de la Fédération des presse clubs, nous avons jugé utile et pertinent de répondre à cette invitation. La Francophonie, à travers sa présence ici, montre qu’elle est très attentive à la mise en réseau des journaux, des radios, des télévisions mais aussi des journalistes francophones à travers le monde.

Quel est l’intérêt d’un Presse Club ?
Il y a une vingtaine d’année, les Presse Clubs ont été des lieux de rendez-vous très connus, en Afrique francophone, notamment puis, au fil des ans, ils ont perdu de leur éclat. L’OIF a pensé qu’il serait pertinent d’accompagner la remise sur pied de ces types de structures qui permettent aux journalistes d’entrer en contact avec les milieux des affaires, les milieux de la diplomatie internationale. Nous avons bon espoir dans la concrétisation de ce projet et espérons que les objectifs de cette Fédération de Presse Club qui vise les mêmes objectifs que la Francophonie, verra le jour très vite. Mettre entre lien, les médias du Sud et du Nord, relier l’Afrique, la zone Pacifique et la région des Caraïbes, c’est précisément l’objectif que poursuit l’OIF depuis une vingtaine d’années. Faire de telle sorte que les hommes de médias, les idées et les connaissances fassent le tour du monde. C’est cela l’ambition des Presse clubs.

Alors, parlons du programme média de l’Organisation internationale de la Francophonie, programme dont vous assurez la gestion depuis 2004. Si on vous demandait de faire un bilan après les réformes qui sont intervenues dans ce programme, que direz-vous ?
Il m’est difficile de faire un bilan du Programme médias dans le cadre d’une interview. De plus, seuls mes supérieurs hiérarchiques peuvent dresser un tel bilan. En résumé, je dirai que la Francophonie, en lançant ce programme, a voulu dès le départ accompagner un mouvement démocratique. C’est le mouvement qui s’est produit en Afrique francophone mais aussi dans les pays de l’Europe de l’Est au lendemain de la chute du mur de Berlin. Il s’est agi, à l’époque, d’accompagner les médias qui vivaient une nouvelle forme de liberté, d’accompagner les médias privés qui venaient de naître suite au bouleversement du paysage politique, économique et social des Etats membres. Dans une seconde phase, le Programme médias, une fois qu’il avait accompagné les médias, les a entraînés vers plus de professionnalisation. Dans la troisième phase, vers les années 2007, 2008, l’OIF a épousé les grandes tendances qui se dessinaient au niveau mondial. C’était la période de l’ouverture vers les médias en ligne. Depuis peu, nous vivons la quatrième évolution du programme médias qui ambitionne d’aller capter la jeunesse francophone à travers les réseaux sociaux, à travers les technologies de l’information et de la communication en lien avec les médias. En résumé, le Programme médias, à chaque fois, n’a pas manqué d’épouser les nouvelles tendances qui se dessinent dans le domaine des médias sur le plan international. Nous visons, pour les médias francophones, les grands standards internationaux. Je vous annonce d’ailleurs qu’au mois d’octobre 2014, entre le 8 et le 9 octobre, se déroulera à l’initiative de l’Organisation internationale de la Francophonie, à Montréal au Canada, la toute première conférence internationale qui réfléchira sur l’avenir des médias francophones. Cette conférence servira de lieu de rencontre, dressera un bilan de ce qui a été fait mais surtout de lieu de réflexion prospective pour les 10 ou les 20 prochaines années. L’OIF a souhaité rassembler pour la toute première fois, tous les acteurs de terrain des médias francophones mais aussi tous les réseaux qui comptent dans ce domaine à travers le monde et qui ne se rencontrent jamais de pouvoir échanger. Les recommandations de cette conférence guideront l’action de la Francophonie dans le domaine des médias pour les prochaines années.

Vous qui pratiquez le domaine des médias en Afrique depuis des décennies, quelle observation faites-vous généralement ?
Une observation assez positive dans l’ensemble. Les médias francophones, en général, malgré tout ce qui se dit ça et là, suivent globalement les standards internationaux. Aujourd’hui, la jeunesse africaine, comme celle des autres continents, utilise de plus en plus les nouvelles technologies pour s’informer et transmettre l’information. Les journalistes africains font entendre leurs voix dans les grandes enceintes où se décide l’avenir des médias du monde. Il reste toutefois quelques efforts à accomplir dans le domaine de la formation, des équipements et surtout de la déontologie. Ce sont ces trois défis-là qu’il faudra très vite relever et qui changeront l’Afrique des médias.

Pensez-vous que l’avènement des nouveaux médias va amener à une disparition de la presse écrite ?
Vaste question, inépuisable, qui divise les spécialistes et sur laquelle j’ai déjà donné mon avis sur d’autres supports ! L’histoire des moyens de communication est là pour nous rappeler qu’un média n’a jamais fait disparaitre le précédent. Il le complète, il le rend plus performant, il en modifie les conditions d’utilisation mais ne le fait pas disparaitre. Sur l’Afrique, même si le numérique gagne du terrain et c’est une très bonne nouvelle, je ne pense pas voir le papier journal disparaîtra avant longtemps. La fracture numérique est encore trop forte.

Il y a deux ans, lorsque vous souteniez l’ODEM au Bénin dans le cadre de la co-régulation, vous estimiez que c’était une bonne nouvelle pour les pays francophones. Deux ans après, avez-vous le même sentiment ?
Plus que jamais. Je reste persuadé qu’une bonne co-régulation, autrement dit une collaboration étroite entre, d’une part, les organes de régulation des médias mis en place par les Etats et d’autre part les organes d’autorégulation fondés et composés uniquement de journalistes, est la voie de l’avenir. Nous avons remarqué que dans la plupart des pays de notre espace francophone, ces deux types de structures se contentent de cohabiter sans collaborer. Or, si on veut assainir le paysage médiatique de nos Etats, nous devons tendre vers une meilleure collaboration étroite entre ces deux structures, au moins par le biais d’une série de concertations récurrentes.

Que direz-vous pour conclure cet entretien ?
J’espère, pour revenir à notre propos de départ que cette nouvelle initiative de Fédération des clubs de la presse et les maisons des médias des pays ACP verra le jour. L’Organisation internationale de la Francophonie qui est toujours à la recherche de réseaux de journalistes et de médias francophones pourra alors en tirer profit.

Entrerien réalisé par Gérard AGOGNON

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