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Le triomphe de la vérité

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Edito: VENTE AUX ENCHERES


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Le gouvernement est en pleine séance de récolte à Paris. Au moment où pleuvent les premiers milliards de la Table Ronde, personne ne peut oser soutenir que nous n’atteindrons pas les 2900 milliards attendus. En fait, on aurait même atteint 5600 milliards pour la seule journée de ce mardi.
Retenons donc que les milliards tombent dru sur nos têtes et que nous en aurons bientôt pour réaliser les grands chantiers devant porter d’ici peu le nom du régime du changement refondé. Au deuxième jour de la grand-messe de Paris, le compte semble déjà bon. Les grands investisseurs se bousculent au portillon. Selon quelques méchantes langues, le mouvement des entreprises de France (MEDEF) qui n’est rien d’autre que le patronat français n’a pas daigné participer à la table ronde qui se tient quand même sur le sol français. S’il est vrai que ce mercredi, les grands patrons français ne viendront pas, ils seront sans doute là jeudi. Si vraiment, ces grands milliardaires ne se présentent pas, souhaitons quand même qu’ils puissent envoyer quelques sous-fifres pour laver la honte à notre pays. A défaut, souhaitons que Vincent Bolloré dont les intérêts commencent à s’amonceler au Bénin, vienne au secours de notre Président en annonçant avec fracas quelques milliards, en dehors de ceux qu’il investit déjà sur nos terres. Même le plus petit milliard sera célébré à Kétou, Djougou ou Bopa comme le signe éminent de la participation des hommes d’affaires français à l’événement du siècle. Et marches et prières de suivre pour annoncer la bonne nouvelle dans les hameaux les plus antiques du pays le plus profond. Il servira à laver cette humiliation. La honte, c’est en effet que la fine fleur de la bourgeoisie française boycotte la table ronde. Ce serait évidemment catastrophique. A vrai dire, toutes les dispositions ont été prises pour atteindre les meilleurs chiffres. Les vieux projets, y compris ceux déjà en cours d’exécution avec des financements déjà bouclés, ont été sortis des placards pour être dépoussiérés et présentés à Paris. La cause est donc entendue. Rien ne peut empêcher d’atteindre et de dépasser les 2900 milliards.
Marches et prières, meetings et conférences de presse serviront à le faire chanter sur tous les toits, dans toutes les cases et sous tous les lits, s’il le faut.
Apparemment, personne ne semble voir le danger économique qui se prépare avec la table ronde. Sous le prétexte d’investissements massifs à réaliser bientôt, l’on s’apprête à concéder aux étrangers les secteurs vitaux de notre économie. Loin de moi, l’idée d’une certaine xénophobie. Je vois venir seulement que si les projets présentés à Paris se concrétisent réellement, nous aurions participé en direct à une vaste opération de vente aux enchères de notre pays.
La plupart des investisseurs présents autour de la table ronde sont des étrangers. Ce n’est donc pas à des Béninois que l’on concèdera la construction des ports, aéroports, des routes, des ponts, des projets de la route des pêches. Ce serait aux investisseurs étrangers de nous construire les barrages, les turbines à gaz et les autoroutes de même que les grands projets agro-pastoraux que notre pays envisage de faire. En termes clairs, au moins 2900 milliards vont dans les mains du capital étranger. C’est aux étrangers que nous sommes en train de laisser routes et ponts, ports et aéroports, stations balnéaires et barrages hydroélectriques. C’est l’essentiel du potentiel d’enrichissement des Béninois qui est ainsi légué aux étrangers pour plusieurs générations.
Je ne doute pas un seul instant que l’investissement étranger soit important voire nécessaire pour nous. Mais, il est tout de même curieux de constater que les pays qui veulent investir chez nous n’acceptent même pas cette éventualité chez eux. Un exemple tout simple, la Chine. Combien de milliardaires béninois ce pays a-t-il jamais acceptés sur son sol ? Je n’en connais pas encore. Prenons un autre exemple, le Brésil. Combien de Béninois ont investi dans des routes ou des ponts à Brasilia ou Salvador de Bahia ? Aucun, à ma connaissance. Parlons peut-être de la France, elle-même. Combien d’entreprises béninoises ont construit des stations balnéaires ou des turbines à gaz en Bretagne ou à Marseille ? Je n’en connais aucune.
Imaginez donc ce qu’auraient gagné nos entreprises d’ici en brassant 2900 ou 5600 milliards. ET VOUS SAUREZ CE QUE LE BENIN perd dans la vente aux enchères de ses routes, de ses ponts, de ses turbines à gaz, de ses ports et de ses aéroports. Disons simplement qu’à Paris, le Bénin a été vendu aux étrangers.

Par Olivier ALLOCHEME

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One thought on “Edito: VENTE AUX ENCHERES

  1. Tom.

    Quelle entreprise béninoise serait capable (économiquement et/ou technologiquement) de mobiliser 2900 ou 5600 milliards et le personnel qualifié pour construire des routes et ponts ou aéroport en Chine, au Brésil ou en France…? Qui sont ces milliardaires béninois qui pourraient faire de tels investissements? Surtout ne me dites pas que la politique de « Yayi » les a tous ruinés. Combien d’honnêtes Béninois a-t-on jamais compté parmi les 100 personnes les plus riches du continent? Ne nous surestimons pas Monsieur Alocheme. Les ressources financières et technologiques du Benin sont encore trop modestes. Nous prierons tous pour que nos rêves présentés ici, deviennent un jour réalité.
    Je ne suis pas pour le moins du monde fan de Mr. Yayi. Il n’est définitivement pas le meilleur des présidents ; mais ne devons-nous pas soutenir ses efforts de développement s’ils sont si évident ? Ceci, même si nous ne partageons pas ses idées politiques? L’intérêt de la Nation ne doit-il pas primer sur nos préférences personnelles? Vous dites : “2900 milliards vont dans les mains du capital étranger”? ça veut dire quoi Monsieur le journaliste? Votre phrase n’a aucun sens, informez-vous un peu avant de nous informer… Ces 2900 milliards seront justement le capital étranger, qui viendra où si les effort du Pdt Yayi aboutissent? Au Bénin naturellement. Alors on devrait s’en plaindre?
    Le plus petit milliard devra être célébré pas seulement à Kétou, Djougou ou Bopa, mais aussi dans tous les coins et recoins Bénin. Un peu de professionnalisme, messieurs les journalistes. Laissez les politiciens faire la politique et informez nous. N’en rajoutez plus à la tension sociale déjà déflagrante, en y ajoutant de la mauvaise information et des analyses de rue dans des journaux pourtant si respectable comme « L’Évènement ».

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