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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Serge Yéou, réalisateur et artiste comédien: « Je suis le prochain représentant des artistes au Conseil économique et social »


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Serge YéouSerge Yéou est son nom. Artiste-comédien et réalisateur, il se déclare aussi candidat à l’élection du prochain représentant des artistes au sein de la prochaine mandature du Conseil économique et social (CES). Sûr de lui-même pour remporter la bataille, il annonce d’ores et déjà sa feuille de route à travers cette interview qu’il nous a accordée.

L’Evénement Précis : On vous annonce candidat à l’élection du représentant des artistes au Conseil économique et social (CES). Le confirmez-vous ?

Serge Yéou : Je ne dirai pas que je suis candidat. Mais,je suis plutôt le prochain représentant des artistes au Conseil économique et social. J’ai pris cette décision parce que j’ai noté beaucoup d’incohérences dans le passage de nos précédents représentants au sein de l’institution. Vous convenez avec moi, qu’aujourd’hui, l’artiste n’est pas perçu dans notre société. On le considère toujours comme celui-là qui vit aux dépens des autres. Il est perçu comme un nécessiteux. Je crois qu’il est temps qu’on finisse avec ces genres de choses.

La plupart des candidats déjà déclarés que nous avons interrogés ont soulevé la question de la rotation des candidatures qui serait retenue depuis des décennies entre vous artistes par un gentlemen agreement. Selon leurs explications, pour cette mandature du CES, le poste devrait revenir aux écrivains. Mais vous, vous n’êtes pas écrivain.

C’est vrai. Je ne suis pas écrivain. Mais je suis acteur culturel et je maîtrise bien le domaine. Pour moi, cette histoire de rotation dont parlent les gens tous azimuts est insensée parce que je ne suis pas au courant de cet accord et je ne sais pas ceux qui en sont les signataires. Par conséquent, cela ne m’engage pas. J’ai même demandé à avoir les preuves de cet accord. Mais personne n’est capable de me les donner. Et puis, vous savez bien que, dans un pays démocratique, il faut laisser tous ceux qui ambitionnent accéder à des instances données, de tenter leurs chances. Imaginez qu’on commence par vous dire que, pour élire le président de la République, il faut le faire par rotation. Que, par exemple, après le Président Yayi qui est de Tchaourou, que ce soit le tour de Boukoumbé ou d’autres régions. Ce serait du désordre. Et cela n’a aucun sens dans un pays démocratique. N’empêche, je respecte bien ceux qui parlent de cet accord. Mais, je pense qu’ils doivent savoir raison garder pour se regarder en face parce que les choses ont changé. Il y a une nouvelle génération qui pense autrement. Je me sens capable d’assumer cette responsabilité et je pense que j’ai les relations qu’il faut pour avoir beaucoup d’acquis pour le monde culturel. J’ai déjà rencontré tous les acteurs du secteur et je leur aidéjà fait part de ma détermination à accéder à ce poste. Ils n’ont pas d’autre choix que de me soutenir pour le bonheur du secteur.

Vous vous autoproclamez prochain représentant des artistes au CES. Sur quoi comptez-vous ?

Je compte d’abord sur tous les acteurs de la culture. J’espère qu’ils sauront raison garder et savoir que le bon choix, c’est moi. Je ne voudrais pas que, par égoïsme, les gens fassent un choix contraire à ma personne. Car, ils savent que quand on parle de conseiller économique et social, je suis assez bien outillé pour les défendre efficacement. Il y a eu, récemment, une augmentation d’environ 300.000.000FCFA sur le milliard culturel. Dieu seul sait ce que nous avons fait dans l’ombre pour que cela soit ainsi. Mais, à côté de ce que nous comptons faire lorsque nous serons au CES, cela n’est encore rien. Je promets d’ores et déjà que, dans le budget de l’Etat exercice 2015, nous aurons désormais 2 milliards pour le Fonds d’aide à la culture. Et je prends aussi l’engagement de me battre pour qu’avant la fin du mandat du Chef de l’Etat, nous ayons les trois milliards qu’il nous a promis. En ce qui concerne le cinéma, il y a aussi des problèmes. Jusque-là, le Code de la cinématographie n’est pas encore sorti. Une fois élu, je me battrai pour que cela soit vite adopté et promulgué afin que ce secteur important de notre culture puisse réellement décoller.

Vous faites surtout référence à la présidence dans vos explications. Est-ce vrai, comme certains nous le confient, que vous affirmez être le candidat du président de la République ?

Candidat de la Présidence ? Comment ? (Il sourit un moment avec un air étonné puis répond enfin à la question) : Je pense que ceux qui disent ça expriment une opinion qui les engage. Mais maintenant, si je suis porté par le Président de la République, je pense que cela devrait être une fierté pour toute la corporation. Ce que je sais, c’est qu’il est temps que nous bousculions les règles pour que les choses changent dans notre secteur. Et je pense que je suis le messie qu’il faut aujourd’hui pour sauver les artistes. Car, ce que les gens ne savent pas, c’est que si je veux juste être Conseiller économique et social, je pouvais bien me faire nommer par le président de la République. Mais cette option, je ne la veux pas. Je veux être porté par mes pairs et donc les représenter dignement pour défendre leurs intérêts là-bas. Et c’est pourquoi je demande leur soutien pour que nous puissions ensemble relever les défis qui s’imposentà nous.

Propos recueillis par Donatien GBAGUIDI

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