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Le triomphe de la vérité

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James Vodounnon: Le vétéran du sousaphone au sein du Gangbé Brass Band


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James VodounnonL’instrument de corps grave à  tonalité basse de la famille des cuivres soufflés au sein du groupe de musique béninois Gangbé, c’est James Vodounnon qui en est le maitre. Membre influent de ce groupe, il connait les grands secrets du plus grand instrument à vent appelé Sousaphone ou encore Soubassophone. Et avant d’en arriver à ce stade, il lui a fallu du chemin.

Apparence soignée et légèrement opulente. De taille moyenne, de teint clair et affichant un sourire facile, James Vodounnon, à première vue, présente un air plus ou moins grave. Avec ses dreadlocks finement tissés sur sa tête, il laisse son sens de l’humour révéler sa personnalité. Son regard pesant et soupçonnant témoigne de son caractère vigilant et engagé.« J’avoue, qu’au départ, ce n’était pas les dreadlocks. Je me rasais. J’ai finalement opté pour ça parce que j’aime l’idéologie et l’engagement de Bob Marley. J’adore le monde des rasta, j’adore le reggae », a-t-il fait savoir. Ce qui fait la priorité chez le sousaphoniste en matière d’éducation, c’est le respect de l’autre. « Quand vous tenez les autres en respect, ils sont également obligés de vous respecter »,pense-t-il. Il avoue ne pas être un homme discret. « Je dis trop vite les chose », a-t-il reconnu.Jaloux de sa liberté, l’artiste reste l’une des rares personnes à travailler sous ordre. « Quand j’ai fait l’imprimerie pendant cinq ans, j’ai vu que je ne peux pas travailler sous quelqu’un », a-t-il martelé. Altruiste, James, grâce à son art, vient en aide, selon ces capacités, à ses proches parents. « On aide comme on peut, puisque j’ai un cœur très sensible. Je n’aime pas voir les gens dans la douleur, ça m’intrigue », a-t-il souligné. Lorsqu’il arrive que le sousaphoniste soit égratigné dans son propre amour, il affirme ne pas être actif sur tous les coups. « Je ne réponds pas à toutes les provocations, on ne me trouve souvent pas là où on me cherche vraiment. Parfois, je réponds par le silence. Mais quand il m’arrive vraiment de m’énerver, je te retourne la monnaie de ta pièce et j’oublie, franchement, la situation. Je n’aime pas garder rancune, c’est ma nature», a-t-il fait comprendre. Epris de franchise, ila en horreur le mensonge et la tromperie. A table, il semble, visiblement,être sélectif. « Avant, quand vous m’invitez, je peux manger de tout ce que vous me présentez. Mais, maintenant, je fais attention, compte tenu de l’âge et de l’état de ma santé », a mentionné l’artiste avant de préciser que l’eau et les boissons gazéifiées sont ses préférences. Quant à l’alcool, le sousaphonistea dit qu’il n’en prend pas. Parlant de goût et des couleurs, il dit avoir de l’attirance pour les couleurs jaune et blanche. Le musicien a fait comprendreque son attrait pour le blanc n’est pas un hasard. Sa religion, le christianisme céleste, en est pour quelque chose.Il préfère les films d’action ou le silence plat au clair de son temps. La conviction de l’artiste repose sur le succès,l’amour et l’aide. Il fait de l’humilité son leitmotiv. « La vie est trop courte pour vivre compliqué »,avoue-t-il.

James et sa carrière

L’instrument de musique que James Vodounnon exécute avec dextérité, aujourd’hui, est le sousaphonequi fait la lead basse dans les Brass Bands.Pour la petite histoire, Le soubassophone a été mis au point en 1893, par J. W. Pepper, un facteur d’instruments de Philadelphie. C’est ce facteur qui a imaginé son nom anglais « sousaphone » en hommage à son commanditaire, le grand chef de fanfare John Philip Sousa (1854-1932).Le légendaire instrument est une évolution de l’hélicon (Autriche, 1845), lui-même cousin ducimbasso italien, tous des instruments à vent de la famille des cuivres. Mais, avant d’en arriver là, ila d’abord fait ses armes avec beaucoup d’autres instruments dont la guitare,l’euphonium en passant par la trompette et le trombone.L’artiste a véritablement démarré sa carrière dans les années 1994, à la création du groupe dans lequel il officie actuellement, le GangbéBrass Band. Sinon qu’au départ,le sousaphoniste a fait germer son talent dans les clubs de musique des collèges, dans des orchestres, les chorales et bien d’autres cercles.« Dèsle bas âge, j’ai commencé par jouer à la guitare basse et, cela, grâce à mon grand frère, Jean-Marie Avossètien. Même, dans mon village perdu dans le Littoral, j’avais déjà créé un orchestre depuis 1970 », a-t-il témoigné. Des difficultés, ilsemble ne pas en avoir rencontré, surtout au niveau des parents. « Je n’ai pas eu de difficultés avec les parents. Au contraire, c’est même mon grand frère qui m’a initié à la musique », a-t-il expliqué. Pour la petite histoire, le goût de James pour le sousaphone est venu à partir de l’euphonium qui est aussi un instrument de corps gravemais qui sonne quatre fois moins que le sousaphone. Selon lui, il a surtout aimé le sousaphonelorsqu’il a rencontré, sur son itinéraire artistique,une Hollandaisequi l’a jouéavec professionnalisme.« Alors, je me suis dit si une femme joue ce type d’instrument, pourquoi pas moi ? ». Ainsi, il s’en est offert un et le Gangbé s’en épanouit aujourd’hui. James est, à ce jour, en plein dans la musique et en jouit. « Je peux l’avouer, tout ce que j’ai, aujourd’hui, comme biens, c’est grâce à la musique »,a révélé le sousaphonistepour témoigner des profits qu’il a déjà tirés de son art.Depuis bientôt vingt ans qu’il s’exerce à souffler dans le sousaphone, le mal de testicule que beaucoup soupçonnechez ceux qui jouent cet instrument ne s’est jamais exprimé. « C’est une question de méthode et de technique. Peut-être que ceux qui jouent mal ces instruments à vent, qu’on m’excuse du peu, en souffrent. C’est vrai que nombre de personnes m’ont déjà posé la question. Mais, moi, je n’ai aucun mal du genre et je ne le sens même pas venir», a-t-il témoigné.

Etude et vie privée

Les crisessocioéconomiques perlées, couplées à celles du secteur de l’enseignement des années 85, 86, 87 n’ont pas permis à James de faire de longues études. Le CEG Sainte Rita de Cotonou, où il a fait la classe de terminale, a été le dernier établissement qu’il a fréquenté. « Alors que nous, on rentrait en terminale, l’école a été suspendue, plusieurs fois, et tout était dans la merde. En tout cas, ma génération a souffert de ces années de crise. Même, à cette époque, tu vas à un examen, tu ne réussis pas. Ainsi, tout le monde s’est dispersé»,a-t-il témoigné. Et comme pour ne pas baisser l’échine, il est allé faire, pendant cinq ans, les travaux d’imprimerie à l’Imprimerie nouvelle presse (INP). Son austérité ne pouvant pas supporter des caprices, il a viré vers le métier de déclarant en douane. « J’ai travaillé sur le terrain, pendant un moment, en tant que déclarant en douane», a-t-il fait savoir. Aujourd’hui, cela ne fait plus l’ombre d’un doute. Sa carrière artistique a pris le pas sur toutes ses autres activités et lui en profite. Marié à Alice Gisèle Honffo et père de six enfants, James raconte qu’il est issu d’une famille polygame de plusieurs enfants dont il ne reste que quatre. Fruit de l’union entre Michel et Anne Vodounnon, Jamesest né en 1966.Il est originaire de HouédoAkékon, chef-lieu de la commune de Sô-Ava, une localité perdue dans le Littoralau sud du Bénin.

Teddy GANDIGBE (Coll.)

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