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Le triomphe de la vérité

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Dossier: L’arme du débrayage général des syndicats en marche


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100_8055Paralysie de l’administration publique au Bénin: Réussite au Sud et au Centre, mitigée dans le Nord

Le bilan est satisfaisant pour les responsables syndicaux, peut-on constater, même si dans le septentrion, il est diversement suivi. Dans les administrations publiques des départements de l’Atlantique-Littoral, du Mono-Couffo, de l’Ouémé-Plateau, du Zou-Collines, c’est une réussite.  Les hôpitaux, la justice, les établissements d’enseignement, les directions des finances et même les médias ont fait la politique de la chaise vide. C’était la consternation dans les rangs des usagers et des parents d’élèves. Même si, dans les rangs des syndicats nouvellement créés par la force des choses pour diviser les mouvements, certains responsables syndicaux étaient sur leurs lieux de travail, il faut constater que l’appareil étatique n’a pas fonctionné. En clair, l’administration béninoise a été purement et simplement enrhumée. Dans le septentrion, une raison explique, selon nos correspondants, la présence de certains travailleurs  à leurs  postes.  Des informations brandies par certains  enseignants de Kandi, de Djougou et de Parakou qui ont suivi le mouvement, il se révèle que « c’est la peur des défalcations qui plane dans les esprits ». En effet, dans cette lutte, on peut retenir comme organisations syndicales dont les travailleurs observent le mot d’ordre de grève, la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) de Paul Essè IKO, la Centrale des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin) de Dieudonné LOKOSSOU, la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) de Pascal TODJINOU, la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) de Noël CHADARE, la Centrale des syndicats du privé et de l’informel du Bénin (Cspib) de Christophe DOVONOU, la Fédération des syndicats des travailleurs en charge des finances (Fesyntra-Finances) de Laurent METONGNON, des syndicats de l’enseignement supérieur, le SNES de Vincent HOUNDEDAKO et le SYNARES de Fulgence AFOUDA. En réalité, à travers les deux jours de  grève, les travailleurs exigent le limogeage immédiat du préfet Placide AZANDE et du commissaire central de Cotonou, Pierre AGOSSADOU pour violation des libertés démocratiques et syndicales. Pour les organisations syndicales, les résultats issus des affrontements entre travailleurs et forces de l’ordre restent comme une offense à la classe ouvrière. C’est donc avec amertume qu’ils déplorent cette situation qui a fait, dans les rangs des manifestants, 23 blessés dont 06 femmes et de hauts responsables syndicaux qui ont été soignés au Cnhu. Le mouvement se poursuit ce mercredi 08 janvier.

Vacataires et APE fortement dans la lutte

La majorité des établissements secondaires publics du département du Littoral et de l’Atlantique sont depuis hier sans enseignants. Dans les collèges de la commune d’Abomey-Calavi, au Ceg Entente d’Agla,  Houéyiho en passant par Kouhounou-Vêdoko, le constat de la grève est effectif. Les enseignants n’étaient pas tous en position de classe. Au Ceg Entente, des élèves étaient présents dans la cour de l’école et d’autres prenant le chemin de la maison. A première vue, la grève est bien respectée. Mais cette hypothèse sera démentie, pour sa part, par Jean Pascal, Surveillant général du Collège qui explique que l’animation constatée hors des classes est due aux nombreuses classes volantes et à l’emploi du temps des élèves. Se penchant sur la grève, il déplore la bévue commise par les forces de l’ordre à l’endroit des syndicalistes : « Ici, la grève n’est pas suivie à 100%. Les cours se poursuivent très bien à part quelques têtes. J’ai suivi à la radio un communiqué qui fait état de ce que notre syndicat n’était pas affilié à la grève. Je n’étais pas certain de la grève et il faut suivre le mot d’ordre du ministre puisqu’il est notre autorité de tutelle ». Par contre, la motion de grève est bien suivie au CEG Godomey. Ici, les classes sont quasi désertes et d’autres occupées par des enseignants vacataires qui s’attèlent à leur tâche. Approché, un enseignant du collège et Secrétaire général du SYNPEQ explique : « Vous constatez sur le terrain que les classes sont vides. Ce qui prouve que le mouvement est suivi au CEG Godomey. La grève fait suite à la répression qui a eu lieu le vendredi 27 décembre passé entre les syndicats et les forces de l’ordre ». Pour ce qui est du Ceg Houéyiho, la directrice se confie :« De 07 heures à 09 heures, les cours se sont plus ou moins bien déroulés. Mais, après la récréation, le mot d’ordre a été  respecté par l’ensemble des enseignants. Donc, présentement, les élèves sont sans professeurs, les cours sont plus ou moins suspendus ». Son collègue du Ceg Kouhounou Vèdoko, Valère Dotonou ne dira pas le contraire. Car, selon lui, « ceux qui sont arrivés peuvent être comptés du bout des doigts ».  En déplorant les causes de ce mouvement, il reste perplexe sur la question. « Je ne sais pas si le zèle est du côté de la police. Toujours est-il que le gouvernement doit donner des instructions pour que cela soit corrigé », souhaite-t-il.

La motion respectée dans l’enseignement primaire

A part quelques directeurs d’écoles, c’est la minime partie des stagiaires qui étaient hier au cours. C’est le cas du groupe A du complexe scolaire de Cadjèhoun. Du constat fait, les classes de CM1/A, CI/A et CP/A étaient actives. Les élèves suivaient attentivement les cours pendant que d’autres s’amusaient dans la cour de l’école. « Nous travaillons parce que nous avons un examen à passer », a confié Djénébou Kébé, encadrant le CP/A. Cyprien Houndjo, directeur de Cadjèhoun D donne, quant à lui, la raison de sa présence. « Vous savez, toute administration est dirigée par quelqu’un. Et l’administration est tenue de rendre compte de tout ce qui se passe à son niveau. C’est ce qui justifie notre présence ici ce matin », dit-il. Dans la cour, comme certains élèves, des enseignants grévistes sont rencontrés assis en pleines conversations sur la situation. « Nous ne sommes pas en situation de classe parce qu’il y a le mot d’ordre des centrales que nous respectons. Mais si vous nous voyez présents ici, c’est d’abord parce que c’est notre lieu de travail et je profite du moment pour mettre certaines choses me concernant au point », confie Fidèle Johnson, enseignant au Complexe scolaire de Cadjèhoun, membre du Syndicat des enseignants contractuels et permanents du Bénin (Synecp-Bénin). Tout comme à Cadjèhoun, plusieurs autres écoles ont respecté le mouvement. Il s’agit, par exemple, du complexe scolaire de Houéyiho, des écoles d’Aïdjèdo, Hindé 1 et 2, l’école urbaine centre et de l’école primaire publique de Mènontin.

La grève suivie dans l’enseignement, service minimum dans les institutions

Le débrayage général annoncé par les centrales syndicales a été effectif hier mardi 07 janvier 2014 à Porto-Novo. A l’exception des écoles, des lycées et collèges où les enseignants n’ont pas fait cours, la grève a été suivie avec un service minimum dans les autres institutions. C’est le cas du Centre Hospitalier Départemental (CHD) de l’Ouémé et du Plateau où les agents des urgences et ceux de garde étaient en service hier. En effet, le directeur du grand hôpital de Porto-Novo, Charlemagne  Pédro a tenu, dans la journée du lundi 06 janvier, une séance de travail avec le bureau du syndicat. Il ressort de cette rencontre que le CHD de l’Ouémé et du Plateau devrait observer le débrayage mais avec un service minimum. Le même constat a été fait au niveau de plusieurs autres directions telles que celle des examens et concours, de même que la direction départementale de l’enseignement secondaire.

Soutenances, compositions  et autres activités pédagogiques suspendues pour 48 heures à l’Uac

La grève de 48 heures annoncée par les secrétaires généraux des centrales syndicales au cours de leur assemblée générale extraordinaire, le lundi 30 décembre 2013, a été largement suivie par les enseignants sur le campus universitaire d’Abomey – Calavi. Le conseil des syndicats de l’enseignement supérieur de ce haut lieu de savoir n’est pas resté en marge de ce mouvement. En effet, le constat a été  identique dans toutes les facultés où enseignants n’ont pas répondu présents pour dispenser les cours aux étudiants. Bref, les amphithéâtres qui sont prévus pour accueillir enseignants et étudiants, pour le bon déroulement des activités académiques, ont été fermés. Selon les mêmes sources, les compositions prévues pour se dérouler normalement hier ont été suspendues alors que les étudiants avaient répondu présents et remplissaient les formalités d’usage. « Le gouvernement doit prendre très vite ses responsabilités pour ne pas subir les conséquences qui en découleront », a martelé un acteur du secteur de l’enseignement supérieur. Pour rappel, cette paralysie fait suite, d’une part, à la répression de la marche des centrales syndicales le 27 décembre 2013. 23 blessés dont 06 femmes et des secrétaires généraux avaient été admis soignés au Cnhu de Cotonou. D’autre part, plusieurs revendications sont exhibées par les travailleurs. Selon eux,  le pouvoir crée l’insécurité dans le pays, force des citoyens à l’exil, réduit au silence le peuple dans le but de poursuivre sa politique de gestion chaotique faite de pillage, de corruption, de népotisme, de destruction du secteur privé national au profit d’étrangers, de validation des concours frauduleux. Ce mouvement prendra fin ce jour à zéro heure.

L’UNSTB divisée, certains membres observent le mouvement

Des membres de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (UNSTB) jettent le masque  et fustigent la position de leur secrétaire général, Emmanuel Zounon.  Ils entendent, contrairement à leur chef de file, observer le mouvement avec leurs collègues. Avec le soutien de ses camardes de lutte, Stéphane François Djossinou Ahouandjiou, membre du bureau directeur de l’Unstb déclare : « Ensemble et sans arrière-pensée, vous et nous avons le devoir militant, d’apporter notre  solidarité agissante aux autres centrales ou confédérations syndicales de notre pays pour que le respect des droits fondamentaux de l’homme et la sauvegarde de la liberté syndicale deviennent une réalité vivante, tangible et inaliénable ». Car, pour lui, c’est une cause noble que défendent les organisations syndicales dont les membres ont été molestés le 27 décembre 2013 devant la Bourse du travail.  Pour lui et ses collègues, les camarades encore dubitatifs et positionnés derrière le secrétaire général actuel ont  le devoir absolu, comme eux, d’être les gardiens du temple de l’UNSTB, d’être solidaires avec les travailleurs militants des autres centrales et confédérations syndicales parce qu’il n’existe qu’une seule et unique classe ouvrière au Bénin.

Réalisations: Emmanuel GBETO, Esckil AGBO et Mathieu K. BOKO (Coll.)

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