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Le triomphe de la vérité

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Situation politique et socio-économique : 2013, une année qui a tant remué le Bénin !


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Boni YayiL’année 2013 qui s’achève dans quelques jours aura été l’une des plus agitées dans l’histoire du Bénin avec les nombreux dossiers et autres affaires qui continuent de faire des vagues. Révision de la constitution, tentative d’empoisonnement du Chef de l’Etat, tentative de coup d’Etat, Cos-Lépi, crise à la CCIB….. Et puis tout dernièrement, rejet du budget général de l’Etat par le parlement béninois. Le président Yayi en a eu gros ces 12 derniers mois.

Les tambours et trompettes ont baissé de rythme. Mais le projet de révision de la constitution n’est pas encore passé aux oubliettes. En rejetant le document transmis par le gouvernement, la commission des lois de l’Assemblée nationale ne proclame point la fin du match. Le débat refera surface, puisque l’insuffisance juridique décriée, à savoir l’avis motivé de la Cour suprême, est déjà réglée. La révision de la constitution n’a donc pas fini de faire couler de l’encre et des salives. Sujet qu’on peut choisir comme majeur au cours de cette année 2013 finissante pour avoir mobilisé tant d’énergies au plan national et international. Les antirévisionnistes comme les révisionnistes étaient presqu’au bord de l’affrontement à des moments donnés pour défendre leurs positions respectives. Certains continuent de jurer que Yayi veut réviser pour se maintenir au pouvoir après 2016, malgré toute la profession de bonne foi qu’il a faite partout et devant des sommités de ce monde. Et pour une première fois au Bénin, l’Eglise catholique a donné de la voix dans le vacarme des appels au calme, en invitant Boni Yayi à laisser tomber cette affaire. Loin s’en faut. Tout est en standby pour le moment face à d’autres affaires non moins poignantes. Le projet de budget général de l’Etat vient d’être rejeté par l’Assemblée nationale, à travers un vote qu’on peut qualifier de sanction, 44 pour 39 contre, en dépit de la majorité parlementaire favorable au régime Yayi. Ce qui impose, depuis peu, au Chef de l’Etat la prise d’une ordonnance pour faire exécuter de force ce fameux budget d’un rondelet montant de 1000 milliards 127 millions de FCFA.
2013 aussi s’achève sans le dénouement définitif d’une autre grosse affaire, à savoir, la tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat adoubée d’une tentative de coup d’Etat, pour citer les plaintes formulées par le gouvernement lui-même. Patrice Talon et Olivier Boko, que soupçonnent fortement Yayi et son entourage d’en être les commanditaires principaux, ne pourront, hélas, pas être jugés par la justice béninoise. La demande d’extradition introduite par le régime en place auprès de la justice française n’a pas prospéré. Le rejet de la Cour d’appel de Paris est venu tout compliquer pour Yayi et ses ouailles qui devraient davantage s’inquiéter suite à la fuite vers les Etats-Unis du juge en charge du dossier, Angelo Houssou. Celui-là même qui avait prononcé un non-lieu dans cette affaire, sans que les prévenus en détention soient libérés à ce jour. Le pourvoi en cassation formé entre temps par le procureur général de la république auprès de la Cour suprême laisse croire que le bout du tunnel est encore loin. Bref, l’affaire Talon et consorts reste un casse-tête pour Boni Yayi, et ceci davantage avec la perte du deuxième compact du Millénium challenge account, que certains ne s’empêchent pas de lier à celle-ci, même si le gouvernement américain table beaucoup plus sur la corruption grandissante au Bénin. L’affaire SODECO née depuis quelques jours est aussi à mettre sur le tapis des nébuleuses de 2013, avec toujours le même Talon, dont la société alors actionnaire majoritaire vient d’être affaiblie dans ses parts par le gouvernement, jugeant peu performants les résultats obtenus au bout des dernières campagnes cotonnières. Reste qu’il y a une question de droit qui se dispute âprement ici entre les deux parties autour de la convention signée à la naissance de la SODECO.

Des élections non tenuesPatrice Talon
2013 se termine également sur un autre goût amer. Aucune des élections annoncées par Boni Yayi ne pourra plus, hélas se tenir cette année. A commencer par celles des élus locaux. D’aucuns estiment à ce niveau que c’est un grand recul que le Bénin vient de faire et ne pourra plus vanter son label de pays démocratique respectueux de tous les textes qui le régissent. En faisant proroger le mandat des maires, par le biais du vote d’une Loi à l’Assemblée nationale, le gouvernement de Yayi n’avait pas manqué de promettre qu’il organisera les élections locales et communales avant la fin de cette année. Et si le vote d’une autre loi, instituant le Conseil d’orientation et de supervision de la Lépi intervient entre temps, en vue de la correction et de la relecture de celle-ci, c’est sans doute pour baliser le chemin vers des élections transparentes et plus crédibles au Bénin. Mais rien de tout cela n’a pu exceller à moins de 10 jours de la fin de l’année 2013. Le grand malaise évoqué est celui des ressources financières que le gouvernement peine à mettre à la disposition des membres du COS-LEPI, suscitant une amertume générale dans tout le pays.
Dans le volet des élections ratées, il y a aussi celles de la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin qui trainent toujours. L’attente a été longue jusqu’à très récemment où la Cour suprême, après avoir examiné tous les recours contestataires, a fini par ordonner la main levée du sursis d’organisation desdites élections. Tout compte fait, il va falloir attendre 2014 pour voir ce rêve se concrétiser. «Les élections qui doivent avoir lieu au niveau de la CCIB doivent être des élections transparentes permettant de conduire à la tête de l’institution des Béninois capables d’être dans l’élan de développement de notre pays et permettre à ce que l’objectif de 6% de croissance soit celui de tout le monde », avait déclaré, entre temps, Irénée Agossa, président du Parti « Le Nationaliste », devenu, depuis peu, conseiller du chef de l’Etat. Parlant justement de la croissance économique, le Bénin n’a pas fait de grands pas en 2013, avec la confirmation d’un modeste 4%, selon un rapport de la Banque Mondiale.

Le départ de Koupaki et la crise des partis politiques

L’un des hommes les plus influents du sérail de Boni Yayi, Pascal Irénée Koupaki, a été écarté du gouvernement en cette année 2013, après y avoir passé 7 ans. Son départ que certains croient pourtant volontaire », a rageusement défrayé la chronique en son temps, lorsqu’on sait la place de choix qu’occupait Koupaki auprès de Yayi depuis son avènement au pouvoir en 2006. « Je pars la conscience tranquille », avait affirmé l’ancien directeur de cabinet du président Alassane Ouattara, mais n’empêchera pas certains observateurs d’en déduire qu’il quitte Yayi parce qu’il ne se retrouvait plus dans sa nouvelle vision de gestion des affaires du pays. D’autres langues indiscrètes soupçonneront plutôt une mise à l’écart indispensable à Koupaki, à moins de 3 ans de la présidentielle 2016 pour laquelle, il nourrirait de sérieuses ambitions. En sortant un livret bleu, intitulé « Pour une nouvelle conscience, ce que je crois », Pascal Koupaki, ne pose pas en tout cas un acte anodin. On y décèle une première ébauche d’un projet de société qu’il pourrait étoffer davantage les mois à venir. Qu’à cela ne tienne !
Pascal Irénée Koupaki (2)Les partis politiques proches du pouvoir comme ceux de l’opposition n’ont pas non plus passé 2013 en toute beauté. Il y a eu assez de secousses internes, pour ne citer que les cas du Parti du Renouveau Démocratique (PRD) et de la Renaissance du Bénin (RB) qui ont connu des départs non négligeables. Dans le premier cas, la démission du maire de Pobè, Saliou Akadiri et celle de Moukaram Badarou, actuel Préfet Ouémé/Plateau n’étaient pas de bonnes nouvelles pour le président Adrien Houngbédji et tous les «Tchoco-Tchoco » qui lui sont encore fidèles, lorsqu’on sait leurs poids politiques dans les fiefs électoraux du PRD. Le cas du maire de Porto-Novo, Osséni Moukaram qui a été, lui, sanctionné et privé de tous droits d’actions au nom du parti, en attendant une exclusion définitive, a aussi quelque peu écorché l’image du parti au sein de l’opinion nationale. La RB a vécu les mêmes ennuis avec les députés Epiphane Quenum et Ali Kamarou pour ne citer que ceux-là, avec, à la clé, des déballages des uns contre les autres dans une ambiance de dénonciations et d’injures qui ont ahuri bien de Béninois.
Si de leur côté, les Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) n’ont pas offert les mêmes spectacles de désaffections, il n’en demeure pas moins que des querelles internes, de tous genres continuent de les secouer. Les cas les plus en vue actuellement se retrouvent dans la 16ème circonscription électorale avec une certaine Claudine Prudencio et son camp qui mènent une lutte sans merci contre d’autres leaders FCBE de la même zone, regroupant Paulin Dossa, Adam Bagoudou, Valentin Djènontin, Hounsou-Guèdè et consorts. Le contrôle du fief électoral, le combat pour le leadership sont, entre autres, les raisons de la guéguerre des FCBE d’ici ; exactement aussi comme dans la 10ème circonscription électorale où les camps Agoua et Dègla continuent de s’affronter rudement sur le terrain politique. Ils visent, tous, les prochaines élections et pensent déjà à leur positionnement sur la liste FCBE qui sera confectionnée. Comme on le voit, 2014 aussi s’annonce houleuse sur ce volet et peut-être sur tous les autres sujets tantôt évoqués, puisqu’en réalité, tous sont restés insolubles en 2013.

Christian Tchanou

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2 thoughts on “Situation politique et socio-économique : 2013, une année qui a tant remué le Bénin !

  1. Blaise Théodore PADONOU

    Que l’année 2014 nous donne beaucoup de courages et la Paix, pour que le BENIN sort des problèmes qui nuire tout le Peuples Béninois, que Monsieur le Président de la République donne son Pardon à toutes et à tous. Notamment à Patrice TALON et autres. Que notre Pays retrouve sa sagesse.

    Je souhaite bonne Année à tout les Béninoise et Béninois.

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