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Le triomphe de la vérité

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Edito du 06 décembre 2013: Le Bénin se venge


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logo journalCe sont les mânes de nos ancêtres qui ont commencé à se venger depuis 2012. Elles se vengent de toutes ces ententes ficelées qui ponctionnaient l’économie nationale sans que personne n’ait pu savoir leurs conditions de signature. Tout est désormais étalé au grand jour.

       Il aura fallu les « affaires » pour que nous sachions aujourd’hui que les conditions de création de la SODECO sont pour le moins scabreuses. Que précisément dans un conseil d’administration de cinq membres, celui qui possède 33% des actions a pu avoir trois représentants au point d’avoir le droit de désigner le directeur général, tandis que l’autre, l’Etat, n’en a plus que deux. On a même su que cinq ans après la constitution de la société, 17,5% des actions sont en l’air. On ne sait même pas à qui cela appartient réellement.  Les deux partenaires d’hier  se livrent même une guerre médiatique pour s’en attribuer la propriété ou le droit d’en disposer. Cinq années après, les six milliards (oui, six milliards !!!) se baladent en l’air, en attendant que la justice en décide.

       Sur la guerre du PVI, les mêmes qui ont prié et marché pour le machin (contre les douaniers) se sont subitement révoltés pour marcher cette fois contre sa mise en œuvre. Dans ces conditions où le politique travaille à étourdir le citoyen, et le prend pour un nigaud, il y a clairement des maladresses grossières. Les mêmes qui ont fait l’apologie du coton en projetant les résultats les plus dithyrambiques se révèlent à l’arrivée à célébrer les résultats les plus minables fournis par des acteurs qu’ils savent véreux. Les mêmes qui ont imposé Talon par diverses manœuvres connues de tous, le conspuent aujourd’hui et le traitent en apatride en oubliant qu’il y a quelque temps celui-ci passait pour le parfait gentleman, celui qui finança l’historique KO.  Nous sommes parvenus au Bénin à une overdose de niaiseries, à une inflation du non-sens et de l’écœurement triomphant au moment où copains et   coquins se partageaient les mensonges et se distribuaient nos milliards.

       C’était des copains dont les manœuvres nocives ont détruit un pan entier de l’économie nationale. Ils  cherchent aujourd’hui le soutien populaire quand au grand jour leurs jeux odieux ont échoué. Il faut être sûr que le contrôle exercé sur l’appareil médiatique d’un côté comme de l’autre, la corruption de certains magistrats, l’appât du gain chez les avocats dont certains ont des comptes à régler au pouvoir lui-même, sans compter l’analphabétisme massif, l’ignorance populaire et les effets pervers du culte de la personnalité, tout ceci donc mélangé permettra de créer un effet de distorsion. On aura un bon et un méchant, un saint et un démon.  Il fallait y penser.

Je me suis toujours demandé si les hommes d’affaires qui investissent leurs milliards en politique pour y soutenir une candidature, ne devraient pas être poursuivis en justice. En se livrant à ces jeux   qui déstabilisent  le champ politique en leur faveur ou en celle de leurs protégés, ils ne cherchent qu’à multiplier leurs profits. Tôt ou tard, ils tenteront de monnayer leur soutien en prébendes et en passe-droits divers. Le contrecoup, c’est la situation actuelle où tout un système est en train de s’effondrer.

       A force de considérer le pouvoir comme un jeu d’argent et de manipulation, les politiques perdent même le sens de la mesure. Il leur échappe la simple honte qui empêche de commettre les avanies que nous voyons. Cette copulation incestueuse entre les affaires et la politique a déjà fait des dégâts par le passé. Souvenons-nous de Fagbohoun et de la chute vertigineuse de ses affaires.  Ceux qui sont les plus intelligents font leurs affaires loin du brouhaha de la scène politique, deviennent des acteurs majeurs de la scène publique. Car, un jour, toutes les alliances mal ficelées exploseront en contentieux divers.

       Empoisonnements et coups d’Etat ne sont rien d’autres que les avatars de la soif de vengeance des complices d’hier devenus ennemis irréconciliables. Ce qui est sidérant, c’est l’instrumentalisation du peuple qui participe joyeusement à ces règlements de compte, en oubliant qu’il y eut, par le passé, des ententes nauséabondes qui ont asservi notre peuple et notre économie. C’est dire que même si nous sommes inintelligents, la logique prédatrice employée à un moment, se retournera en instincts vengeurs.

Par Olivier ALLOCHEME

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