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Le triomphe de la vérité

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FITMHAND 2013 à Parakou: La mémoire de Zouley honorée, le boycott des autorités dénoncé


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(1) Des personnes handicapées en pleine représentation d'une de leur performance théâtraleComme annoncé, la 3ème édition du Festival international de théâtre et de musique pour personnes handicapées (FTIMHAND 2013) s’est effectivement tenue les 22 et 23 novembre derniers à l’Institut français de Parakou mais sur une note amère. Et pour cause, le coordonnateur du festival, Gaston Eguédji, à la soirée inaugurale, a fait une remarque amère. Aucune des autorités de la ville conviées à ce festival dont le but est d’honorer la mémoire de Zouley Sangaré, la vedette de la musique béninoise disparue en février dernier, n’a daigné marquer de leur présence la cérémonie d’ouverture. Ce qui a justement agacé Gaston Eguédji qui, en lieu et place d’un discours d’ouverture, a plutôt exprimé un coup de gueule. « Je remarque avec amertume que les autorités municipales que nous avons régulièrement invitées ne sont pas présentes. Trop c’est trop. Je conclus alors qu’elles n’ont aucune considération pour les personnes handicapées. Même les autorités du Ministère de la famille que nous avons aussi invitées ne sont pas venues. Mais plaise au Ciel, chères personnes handicapées, nous ferons tout pour que l’objectif du festival, c’est-à-dire, celui de vous sortir de l’ombre afin que vous puissiez obtenir vos droits sera atteint », s’est-il indigné avant d’adresser son satisfecit au Ministère de la culture, de l’alphabétisation, de l’artisanat et du tourisme qui, selon ses dires, a compris l’enjeu en se faisant représenter par des autorités à l’instar du Directeur du Cabinet du ministre Jean-Michel Abimbola, Michel Nahouan et le Directeur du Fonds d’aide à la culture (DFAC), Blaise Tchétchao. Et puisqu’il s’agit de rendre des hommages à Zouley Sangaré, une activiste de l’organisation de ce festival, Gaston Eguédji a dû détendre l’atmosphère par un léger sourire avant de justifier les réelles motivations de la tenue du FITMHAND 2013 à Parakou. « C’est Zouley qui m’a demandé de son vivant d’organiser la 3ème édition du FITMHAND à Parakou. A une semaine de sa mort, on avait commencé par discuter de la mobilisation des ressources. Et c’est pourquoi j’ai tenu à respecter sa mémoire en organisant le festival à Parakou », a-t-il fait savoir avant de souhaiter que tous les participants pensent à elle tout au long de l’événement, même au-delà. Un souhait que le représentant du ministre de la culture, Michel Nahouan partage également. Pour lui, le combat que Zouley a engagé pour l’insertion artistique et professionnelle des personnes handicapées doit se poursuivre.

Après la tempête, la fête !

Après ces propos d’indignation, Zouley Sangaré a effectivement reçu ses honneurs. Et de fort belle manière. Toutes les activités prévues pour les deux jours du festival ont tourné autour d’elle. Après la cérémonie inaugurale, deux compagnies de théâtre (la compagnie Grossomodo de Lokossa et le groupe Canicule du Centre de promotion des handicapés de Parakou) ont offert trois différents tableaux de performance théâtrale sensibilisateurs. « Le handicap ne doit pas être un handicap ». C’est le thème central autour duquel toutes les prestations ont été conçues et diffusées au public de Parakou. Comme pour faire comme Zouley l’avait chanté de son vivant à travers un de ses morceaux intitulé “Non à la mendicité”. Des performances théâtrales “Les vices du handicapé” en passant par “la maltraitance des enfants”, ces deux compagnies ont mis en évidence, les risques qu’encourent les personnes handicapées et la nécessité pour elles de s’affirmer pour leur insertion professionnelle et sociale. Une préoccupation qui rallie une fois encore les idées défendues par Zouley Sangaré lors de son vivant tant dans ses chansons que dans le FITMHAND. A la 2ème journée du festival, la même problématique a été abordée à travers une table ronde qui a réuni et personnes handicapées et autorités en charge de la culture. “L’insertion artistique des personnes handicapées”. C’est le thème qui a fait l’objet de cette table ronde animée par Nassirou Domingo, une personne handicapée ayant pu réussir dans sa vie. Des débats, on retient que la personne handicapée devra tout faire pour s’affirmer, même mieux que les personnes dites normales afin de convaincre les uns et les autres de leurs réelles potentialités. « Ce que nous demandons, c’est de nous laisser vous démontrer ce que nous savons faire au lieu de nous exclure de toute activité de façon automatique », a plaidé le conférencier, Nassirou Domingo. Puis, l’apothéose vint dans la soirée ! C’est le concert d’hommages à Zouley. Un concert exclusivement animé par des personnes handicapées à travers des prestations tant en playback qu’en live. On y trouve avec une forte mobilisation populaire, des artistes tant confirmés qu’en herbe. D’Ottis Newton en passant par le plus adulé de la soirée, Tonton Roger, Baba Djabadi Latifou qui a interprété le titre “Gompélé” de Zouley Sangaré, puis la vedette de la soirée, Miss Espoir. Tous ont rendu des hommages à leur ainée disparue à travers ses propres répertoires musicaux ainsi que leurs propres compositions. Ce concert a définitivement clos les portes du FITMHAND 2013.

Donatien GBAGUIDI

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