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Le triomphe de la vérité

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Edito: La tempête Ecobank


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logo journalNul ne prévoit une fin facile à la crise qui secoue actuellement la plus grande banque panafricaine. Son Président et son Directeur général aujourd’hui sur la sellette, devraient simplement démissionner pour ne pas aggraver la plus grave crise de l’institution.
Ecobank est, en effet, plongée dans une crise qui risque de lui faire perdre une bonne partie de la crédibilité qu’elle a construite en 26 années de vie et surtout d’efforts.
Il y a une dizaine de jours, le Président d’honneur de l’institution, Gervais Djondo a carrément exigé le départ du Président du Conseil d’administration de la banque, soutenant qu’ « au vu de la situation actuelle, il est impératif que le président démissionne immédiatement », a-t-il écrit dans un message envoyé au Conseil d’administration. « Notre institution est en danger et nous devons agir de manière urgente pour mettre fin à la crise actuelle, éviter tout dommage supplémentaire à la banque et rassurer nos actionnaires, nos régulateurs, nos clients et nos employés », a-t-il exigé. Co-fondateur et président d’honneur de la banque, Gervais Djondo s’exprimait ainsi pour redonner sa respectabilité à une banque qui reste la plus panafricaine des établissements financiers de notre continent.
Ce qui s’est passé à la tête de la banque donne amplement raison au Togolais. Kolapo Lawson, Président du Conseil d’administration fait l’objet d’une enquête de la part du gendarme de la Bourse nigériane, la Securities and Exchange Commission (SEC). Il est soupçonné de malversations présumées et a bénéficié, malgré cette enquête, de la confiance unanime des membres du Conseil d’administration. C’est dans ce même mois que Laurence do Rego, directrice financière d’Ecobank, aujourd’hui suspendue, l’accuse, lui et Thierry Tanoh, directeur général de la banque, d’avoir tenté de vendre des actifs à un prix « bien en dessous de leur valeur du marché ». Elle ajoute que l’Ivoirien lui a demandé d’annuler les dettes dues par une société immobilière présidée par Kolapo Lawson. Cerise sur ce gâteau déjà obscur, Laurence do Rego laisse entendre que Thierry Tanoh a reçu 1,14 million de dollars de bonus en 2012, soit 935 000 dollars de plus que les stipulations de son contrat. Pendant ce temps, le bonus d’autres cadres de la banque aurait été amputé, selon la directrice financière suspendue.
Selon l’agence Reuters, spécialisée dans les questions financières, la SEC nigériane enquêterait sur la « gouvernance de l’entreprise », notamment sur « quelqu’un au sein de la banque ayant subi des pressions en vue de faire des déclarations inexactes ».
Tout cela fait vraiment beaucoup trop pour une institution bancaire de cette envergure. Ce serait un miracle si elle s’en sort sans égratignure. Ce n’est même pas imaginable au regard de la tempête en cours à la tête de l’institution. En cotation multiple sur les places boursières de Lagos, Accra et Abidjan, la banque risque fortement de subir les contrecoups de cette affaire.
La situation est d’autant plus critique que le DG Ecobank, Thierry Tanoh, 50 ans, est lui-même soupçonné de malversations. Sa vigoureuse contre-attaque allant jusqu’à l’abandon du bonus incriminé, traduit sa bonne foi. Mais en même temps, elle est l’expression d’un malaise interne au sein des actionnaires, et surtout des employés. Successeur du mythique Arnold Ekpe, Thierry Tanoh fait pourtant aujourd’hui l’objet de méfiance de la part des cadres de la banque. Certains n’hésitent plus à réclamer son départ, sous anonymat. Alors qu’il n’a même pas encore bouclé un an à la tête de l’institution. De quelle autorité et surtout de quelle sérénité pourra-t-il gouverner la banque s’il est au centre de la tourmente qui l’accable ?
La conséquence logique à tirer, dans ces conditions, est que les deux principaux responsables déposent le tablier. Gervais Djondo, Président de la compagnie aérienne Asky, voit poindre à l’horizon les dangers futurs qui menacent la crédibilité de la banque. Il est vrai qu’en tant que président d’honneur, il n’a pas voix délibérative. Mais, il reste une icône de l’environnement bancaire africain. Et surtout, sa correspondance demandant la démission est un signe clair que si les deux responsables incriminés restent en poste, leurs relations avec lui n’en seraient que plus orageuses.

Par Olivier ALLOCHEME

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