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Le triomphe de la vérité

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Déclaration d’Abdoulaye Bio Tchané au terme de la séance de travail avec Irénée Agossa, du Mouvement « le Nationaliste »: «L’Alliance ABT est contre la révision, l’urgence c’est la Lépi… il faut qu’on revienne à l’essentiel »


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Abdoulaye Bio Tchané intervenant lors de la conférenceA la fin des échanges, nous avons tendu notre micro au président de l’Alliance ABT. Abdoulaye Bio Tchané n’a pas manqué de saluer l’initiative du président du mouvement « Le Nationaliste. » Mais il a insisté sur la nécessité d’instaurer un réel débat sur les grandes questions qui agitent le Bénin. Il a surtout réaffirmé la position de l’Alliance qui reste opposée à une révision opportuniste, étant entendu que l’heure est à la correction de la Lépi et à la lutte contre le chômage des jeunes.

L’Evènement Précis : Vous avez rencontré tout à l’heure, le président des nationalistes. Quelles sont vos impressions ?

Abdoulaye Bio Tchané : Merci beaucoup. D’abord, je voudrais saluer l’initiative du mouvement, et de son président de venir me rencontrer. C’est une bonne initiative, venant d’un groupe qui en sait beaucoup sur la question. Je salue également leur initiative, parce que ces jours- ci, dans l’actualité nationale, c’est le sujet brûlant en même temps l’occasion d’invectives, d’insultes, de brimades, etc. Ce qu’il nous faut, c’est une atmosphère consensuelle ; que les uns et les autres acceptent de se parler et acceptent de ne pas avoir les mêmes opinions. Eux, ils sont pour la révision de la constitution, avec d’autres mouvements et partis soutenant le gouvernement. Nous, nous sommes contre avec d’autre mouvements et partis qui ont cette opinion aussi. En même temps, je considère qu’il faut que les deux parties se parlent comme l’ont dit les constitutionalistes. Il faut qu’il y ait consensus. Il faut qu’il y ait cette occasion où les uns et les autres se parlent et s’écoutent. Nous, nous venons sur cette question d’un angle où je considère qu’il y a d’autres urgences. Aujourd’hui, pour moi, l’urgence est que le gouvernement écoute tous ceux qui sont actifs et œuvrent pour le développement économique et social de notre pays qui fait face à ce qu’on appelle la vie chère. L’urgence, c’est de trouver des emplois aux jeunes, en particulier nos jeunes diplômés. L’urgence aussi, c’est de reformer notre agriculture pour qu’elle soit plus compétitive, de faire en sorte que le secteur privé soit beaucoup plus compétitif qu’il ne l’est aujourd’hui. Bref, créer des opportunités pour que la croissance économique et sociale soit plus forte qu’elle ne l’est réellement. Et l’urgence politique, vous le savez tous, c’est la LEPI. Pour qu’enfin, on puisse avoir les élections communales et que les perspectives d’élections législatives et présidentielles à bonnes dates se précisent.

Que proposez-vous concrètement face à la tension actuelle ?
Je souhaite qu’on en revienne vraiment à l’essentiel, c’est-à-dire, créer une atmosphère où nous pouvons nous asseoir, parler et travailler pour pouvoir faire face à ces urgences. Et c’est de cela que nous avons discuté et bien sûr nous allons continuer par nous parler, par travailler ensemble avec d’autres groupes aussi. Des deux côtés, je souhaite qu’ils veuillent travailler pour que notre pays avance comme ceux qui avancent le plus dans la sous région africaine. Nous devons continuer à nous parler et à nous écouter. Irenée Agossa a expliqué les choses de son point de vue. J’ai été sensible à certaines des questions. Voilà des semaines que tout le monde ne parle au Bénin que de révision de la constitution pendant que nous avons des gens qui n’arrivent pas à manger. Bientôt, nous allons avoir une rentrée scolaire et de nombreux parents, de dizaine de milliers de parents sont anxieux. Je crois qu’il faut qu’on aille vite et qu’on passe à autre chose.

Economiste de renommée internationale, quelle appréciation faites-vous de la problématique de la Cour des comptes prévue dans la nouvelle constitution ?
Je crois qu’il faut, en même temps, regarder la forme et le fond. J’ai peur que sur ces questions là, aussi bien à l’Uemoa qu’ailleurs en Afrique, nous soyons beaucoup plus sensibles à la forme. La forme, c’est avoir une Cour des comptes. Le fond, c’est le contrôle des parlementaires et des juridictions, notamment, d’une cour de la justice sur l’exécution du budget de l’Etat, sur la gestion des domaines publics. Vous savez combien cette cause là est chère à tout ce que je fais. C’est ça que nous voulons. Nous avons été dans un gouvernement où j’étais le premier à produire la loi de règlement dans ce pays. La première loi de règlement du Bénin a été élaborée pendant que j’étais ministre des finances. Et c’est le principal travail d’une Cour des comptes. Bon, moi, je souhaiterais bien sûr qu’il y ait une Cour des comptes. Mais, je souhaite encore plus que le contrôle des comptes de l’Etat soit effectif. Je ne sais pas si je suis clair dans ce que je dis. Le fond est beaucoup plus important. Il l’est beaucoup plus que la forme qui est la chambre administrative des comptes à la Cour suprême et la Cour des comptes comme une cour autonome. Nous avons besoin probablement d’une cour. Mais ce dont nous avons le plus besoin et qui est le plus important, c’est un contrôle effectif des comptes.

Et s’il vous est donné d’être l’élément par lequel le consensus se réalisera autour de la révision, peut-être à une date ultérieure, est-ce que vous accepterez ?
Je serai le plus heureux que cette révision se passe aujourd’hui ou demain autour des questions fondamentales qui font avancer notre pays. Comme le disait, d’ailleurs, Irénée Agossa, il a marché jusqu’ici sur un pilier qui est politique. Nous avons tout fait pour que, politiquement, le système fonctionne. Et il fonctionne. Il y a eu des alternances. Nous avons, aujourd’hui, trois présidents de la république qui se sont succédé et je suis, à cet égard, très heureux de constater que nous avons trois présidents qui sont dans le pays et qui sont des références, qui vont et qui viennent sans être inquiétés. C’est bien pour notre pays. Et il faut qu’on continue sur cette voix. Mais, pour que ce système marche, pour qu’il puisse continuer demain, il faut qu’il produise ce que j’appelle des dividendes économiques et sociaux. Il faut que les jeunes béninois qui entrent dans le marché de l’emploi aient ou un emploi ou des perspectives d’avoir un emploi. Mais, si nous continuons avec le système qui ne produit que des chômeurs, nous allons au devant d’un grand danger. Si nous continuons avec un système qui ne produit pas de la croissance économique mais une croissance qui est à peine suffisante pour entretenir la croissance démographique, cela va s’arrêter un jour. J’aimerais bien qu’on arrive à un consensus sur la réforme qui permettra à notre système de produire, un jour très proche, des dividendes économiques et sociaux pour que nos populations et, en particulier, les plus jeunes puissent espérer, puissent croire que demain sera meilleur pour leur pays et que demain sera meilleur pour eux mêmes.

Propos recueillis par la Rédaction

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